Natacha et moi, étions face au corps de notre oncle et sa petite famille. Elle me proposa de mettre feu à la maison, et nous devions inscrire ces morts sur le compte d'un incendie. Nous le fîmes, et c'est ainsi que nous portions l'étiquette des miraculés d'un incendie. Les gens accusèrent mon oncle de sorcier, nous fûmes passés pour des victimes et les voisins nous firent renvoyer dans notre village tel que ma petite sœur avait prévu.
Je peux vous garantir que les rumeurs dans le monde de la sorcellerie courent plus vite que dans la vie réelle. C'est donc ainsi que dès notre arrivée, les protagonistes de la mort de nos parents s'étaient préparés pour nous accueillir comme il se devait.
Je n'aurais sans doute jamais su que j'étais sorcier si je ne l'avais pas entendu de la bouche des patriarches sorciers du village, Comme pour dire qu'il faut être déjà un sorcier pour reconnaître un autre sorcier. Pourtant depuis ce jour où j'avais mangé la cervelle de mon oncle, il faut avouer que je ne sentais plus mon corps comme auparavant.
La nuit, il m'arrivait de ressentir des envies de manger de la viande que je trouvais bien étrange et qui ne s'apaisait pas avec celle qui sortait de la marmite, tout comme des envies de soif que je ne comprenais non plus, et que l'eau ne calmait point.
De 5h00 du matin jusqu'à minuit, j'étais dans un état normal, mais dès que sonnait les premières secondes de minuit alors je me croyais endormi je me retrouvais en train de faire des activités autres.
Comme pour dire que vous pouvez être sorcier conscient sans le savoir, et demeurer comme un sorcier inconscient, du moins pendant un certain temps, juste le temps que vos organes vous réclament du sang humain.
On fut donc accueilli par notre oncle, le frère cadet à notre père qui avait pris la gestion des biens de papa en attendant ma majorité. Il nous avait gentiment et chaleureusement reçu chez lui, de mes yeux naïfs, je voyais de la bonté dans son geste mais deux jours après notre arrivée, Je tombais encore de nu.
Natacha et moi étions allongés sur notre lit, et on échangeait dans une discussion nocturne, quand elle me fit comprendre que :
- « Tonton est aussi Sorcier. » Me disait-elle.
- « Wouhai ! Natacha, il ne faut pas exagérer hein ? » Lui disais-je en guise de dépassement. Pour Natacha personne dans ce village n'était simple, tout le monde faisait de la magie noire. « Je demande hein ? Tout le monde est sorcier pour toi maintenant ? » Ajoutais-je.
- « Sache que si tu n'as pas la soif de sang de quelqu'un, il est soit sorcier, soit protégé par un sorcier. » me disait-elle le sourire aux lèvres.
- « la soif de sang ? »
- « oui la soif de sang. » Me répétait-elle
- « Suis-je sorcier pour avoir des soifs de sang ? » lui disais-je en me moquant d'elle. « Toute façon, c'est entre vous les magiciens. »
Natacha se mit aussi à se moquer de moi.
- « Clinton ! Attends, tu veux me dire que depuis la dernière fois tu n'as pas remarqué un changement en toi ? »
- « humm ! Un changement de quoi ? »
- « Des envies de manger de la chair humaine par exemple, de boire du sang...»
- « non... » Disais-je aussi tôt quand je me suis rappelé de mes malaises nocturnes. « Attend un peu. » Lui disais-je très choqué.
- « voilà sur ce sujet, on a beaucoup à se dire. » me disait-elle d'un sourire de malice. « je dois t'introduire au monde du vampirisme. »
-« Non » disais-je très confus. « Non, Comment est-ce possible ? » ajoutais-je alors que ses dires me mettaient dans une confusion totale.
- « Tu ne comprends pas quoi ? Je t'y ai introduit. »
- « Pardon ? » disais-je le visage ébahi. « Mais pourquoi ? »
- « Pour qu'ensemble on venge papa et que je sorte de la sorcellerie. »
D'un rire de dépassement, je m'adressai à elle.
- « non, non, et non ! » disais-je en me levant du lit. « Moi je veux sortir de là et tout de suite. »
- « tu ne pourras pas, d'ailleurs si tu essayes ou si tu y parviens, je mourrais. » me disait-elle en me lançant un sourire de malice. « Tout simplement parce que c'est moi qui t'ai introduit dans ce monde. »
- « non, non et triplement Non ! Je ne veux pas être dans ce monde ignoble. » Disais-je en lui hurlant dessus et en prenant la sortie. « Je vais de ce pas voir le prêtre du village. »
Natacha se mit à rire aux éclats.
- « Qui celui-là ? » disait-elle en se ruant de rire. « C'est l'un de mes poulains et l'un des membres influents de la sorcellerie du village. Vas-y donc, non seulement il te fera sortir mais il te bouffera par la suite. »
Je ne voulus plus l'écouter, et le cœur gonflé de haine et de colère, je me rendis aussitôt chez le curé du village.
Arrivé sur place, je frappai à la porte de l'église, et c'est le curé lui-même qui vint m'ouvrir après 10 longues minutes d'attente. Le curé était vêtu d'une chemise entièrement noire, qu'il avait enfilée dans un jeans dans la précipitation, car la braguette du jeans était ouverte. Interloqué par cela, je n'hésitai point à le lui faire remarquer.
- « mon fils, quel est votre problème ? » me demandait-il.
- « mon père bonsoir, votre braguette est ouverte. » lui disais-je le regard pointé sur celui-ci
Il le notifia et ainsi referma sa braguette en me donnant un sourire de gêne.
- « Merci mon fils, je sors du bain comme ça. »
Je m'apprêtais à lui expliquer mon problème quand dans les buissons, un bruit étrange se fit entendre. Je me retournai vers la provenance du bruit mais le curé m'interpella aussitôt.
- « Ne prêtez pas attention, c'est sûrement un sanglier qui s'amuse dans les bois. Entrez, on va parler à l'intérieur. »
J'avançai en direction de l'entrée de l'église quand le même bruit se fit encore entendre.
- « mon père, ce n'est pas un sanglier. » lui disais-je car je me laissai guider par mon intuition. « Je vais aller vérifier. »
J'avançai donc en direction du bruit.
- « Qui va là ? » hurlais-je
Ainsi je ramassai une grosse pierre qui traînait sur mon chemin dans le but de me défendre avec au cas où les choses s'envenimeraient.
- « je vous préviens, j'ai une grosse pierre. » disais-je quand soudain j'entendis un bruit étrange, un peu comme si cet inconnu avait quelque chose bloquée sur la bouche qui l'empêchait de parler.
« hmmmm !!! Hmmmm! » fut le semblant de cri que j'entendais.
Arrivé à l'endroit précis, je fus surpris de voir une charmante jeune fille ligotée sur piquet en bois. Choqué par cela, je me retournai vers le curé qui était tout d'un coup armé d'un poignard qui s'avançait vers moi.
Quand je pense que Natacha m'avait prévenu mais comme d'habitude je ne l'avais pas écouté.