un foyer vide,un cœur ailleurs

983 Words
Il était 22h08 quand Victor gara sa voiture devant la maison. La nuit était calme, le quartier plongé dans une demi-obscurité. Il coupa le moteur et resta un instant immobile, les deux mains sur le volant. Il pensait à sa soirée avec Lyna : sa douceur, ses rires simples, sa façon de le regarder avec attention. Il soupira doucement, puis sortit. En entrant dans la maison, il fut accueilli par Gloria, la bonne, qui rangeait encore quelques affaires dans le salon. — Bonsoir monsieur Victor. — Bonsoir Gloria. répondit-il poliment, en retirant sa veste. Il jeta un coup d’œil autour de lui, espérant peut-être entendre un bruit venant de la chambre, ou sentir une présence. Mais la maison était figée dans un silence poli. — Elle est où, madame ? demanda-t-il en posant calmement sa question. Gloria baissa les yeux un instant. — Elle m’a dit de vous dire qu’elle a été appelée d’urgence par une amie. C’est tout ce qu’elle m’a dit. Victor eut un léger rictus. — Ah… les fameuses urgences. Il secoua la tête avec un sourire fatigué, amer. Puis il s’approcha du canapé. — C’est quel genre de mariage ça, hein ? murmura-t-il, plus pour lui-même que pour Gloria La bonne, gênée, ne répondit pas. — Je peux vous servir à manger ? demanda-t-elle timidement. Victor resta silencieux quelques secondes, puis fit un petit geste de la main. — Non, merci. Je n’ai plus faim. Il monta lentement les escaliers, sans se presser. Dans la chambre, il trouva tout en ordre. Le lit était parfaitement fait, les coussins bien disposés, les rideaux tirés. Il s’assit un instant au bord du lit, balayant la pièce du regard. — Tiens… elle a fait le lit aujourd’hui ? se demanda-t-il à voix basse. Puis il haussa les épaules. — Ou alors c’est encore Gloria Il se leva, ouvrit son placard, prit un pyjama et se changea calmement. Une fois en tenue, il s’allongea dans le lit, dos contre l’oreiller, le regard fixé au plafond. Puis il prit son téléphone. Sans même hésiter, il composa un message pour Lyna. > Victor : Bonsoir ma chère. Je suis bien rentré. J’espère que ta soirée s’est bien passée. Merci encore pour ce moment paisible. La réponse de Lyna ne tarda pas : > Lyna : Bonsoir Victor. Je suis contente d’avoir passé ce moment avec toi. Tu m’as redonné le sourire. Tu es bien rentré ? Tu as pu manger ? Victor sourit légèrement, touché par sa prévenance. > Victor : Je n’ai pas mangé, non. Pas envie. Mais te parler me fait du bien. Je ne pensais pas qu’une personne pouvait encore m’écouter avec autant de sincérité. Lyna répondit avec un cœur simple et une phrase douce : > Lyna : Je serai toujours là si tu veux parler. Tu mérites qu’on t’écoute… qu’on te considère. Victor relut ces mots plusieurs fois. Un calme étrange l’envahit. Il posa le téléphone sur sa poitrine, ferma les yeux et murmura pour lui-même : — C’est ça que je voulais depuis le début… juste un peu de paix. La maison était toujours silencieuse, mais ce soir, Victor ne se sentait plus seul. Avec plaisir. Voici ce chapitre développé en détail, entre tension froide et politesse tranchante, où Victor prend conscience qu’il n’a plus besoin de confrontation pour avancer. Il était 6h30 quand le téléphone de Victor vibra doucement sur sa table de nuit. À moitié endormi, il tendit la main pour le prendre. En voyant le nom « Lyna » s’afficher, un sourire apparut presque instinctivement sur son visage. Il ouvrit le message : > Lyna : Bonjour à l’homme qui me donne le sourire dès le matin. J’espère que ta journée commencera aussi bien que tu l’as rendue belle hier. Victor tapota doucement sur l’écran, un air attendri sur le visage. > Victor : Tu sais toujours trouver les mots justes. Merci, Lyna. Passe une belle matinée, je pense à toi. Un instant plus tard, il se leva, enfila ses chaussons et alla directement dans la salle de bain. Sa routine était réglée : douche rapide, rasage soigné, parfum discret. À 7h10, il était déjà habillé en costume sobre, cravate en place. En descendant, l’odeur du pain grillé et du café chaud emplit ses narines. — Bonjour monsieur Victor, dit Gloria en souriant, déposant une assiette devant lui. — Merci Gloria, répondit-il avec gentillesse. Il s’assit, commença à manger tranquillement, une main sur son téléphone, échangeant quelques messages supplémentaires avec Lyna. Il était 7h26 quand la porte d’entrée s’ouvrit enfin. Camille entra, lunettes de soleil sur le nez malgré l’heure matinale, une robe élégante et un manteau léger qu’elle retira d’un geste nonchalant. Son visage était maquillé, bien que légèrement fatigué. Elle retira ses chaussures sans un mot, puis, sentant le regard de Victor sur elle, tenta un sourire maladroit. — Bonjour, Victor, dit-elle en avançant vers la salle à manger. Il leva les yeux vers elle, calmement. Il mâchait lentement un morceau de pain beurré. — Bonjour, Camille. Bien dormi ? demanda-t-il, le ton neutre, presque poli. Elle hésita, puis décida d’assumer. — Je suis désolée… Hier soir, une amie m’a appelée en urgence, je n’ai pas eu le temps de t’expliquer. C’était sérieux. Elle traversait une situation difficile, j’ai dormi chez elle. Victor posa son couteau, s’essuya doucement les lèvres avec sa serviette, puis se leva en silence. Il se dirigea vers le porte-clés, saisit les siennes, et en passant à côté d’elle, déclara d’un ton calme, mais tranchant : — D’accord. Pas de souci. Moi, je suis déjà prêt. Je pars au travail. Bonne journée. Camille cligna des yeux, surprise. Elle s’attendait à une dispute, une question, un reproche. Mais rien. Juste un homme qui n’a plus besoin de se battre. Victor ouvrit la porte et sortit, laissant derrière lui un parfum discret et une femme figée au milieu de son propre mensonge.
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