Chapitre IIIl y a quelquefois dans la destinée un jeu bizarre et cruel ; on dirait qu’elle est une puissance qui veut inspirer la crainte, et repousse la familiarité confiante ; souvent, quand on se livre le plus à l’espérance, et surtout lorsqu’on a l’air de plaisanter avec le sort, et de compter sur le bonheur, il se passe quelque chose de redoutable dans le tissu de notre histoire, et les fatales sœurs viennent y mêler leur fil noir, et brouiller l’œuvre de nos mains. C’était le dix-sept de novembre que Corinne s’éveilla tout enchantée de jouer le soir la comédie. Elle choisit, pour paraître dans le premier acte en sauvage, un vêtement très pittoresque. Ses cheveux, qui devaient être épars, étaient pourtant arrangés avec un soin qui montrait un vif désir de plaire, et son habit élégant

