Prologue

451 Words
Prologue Brody Six ans plus tôt… — J’ai passé une excellente soirée, ronronne Stacy en se penchant pour venir poser sa paume sur ma cuisse. La chaleur de son toucher se transforme en véritable brûlure charnelle quand elle rétracte le bout de ses doigts pour venir enfoncer ses ongles dans ma peau. En arrière-fond, la musique des Black Eyed Peas bat son plein et nous avons baissé les vitres pour laisser l’air chaud de l’été s’engouffrer en tourbillon dans l’habitacle, tandis que nous remontons West Franklin Street. Ma deuxième année de médecine commence demain, et je décompresse avec Stacy de la meilleure des façons qui soient. D’abord en assistant à une bonne fête d’étudiants avec des potes de promo, puis de retour à mon appartement, avec une débauche de sexe, probablement jusqu’à ce que mort s’ensuive. À mon humble avis, ce serait une bonne façon de mourir. — Je t’aime, mon chéri, me lance-t-elle, ses cheveux blonds flottant au vent tout autour de son visage. J’ai juste bu la quantité idéale de bière pour que cette vision exerce sur moi une véritable fascination, avant que mon attention ne soit détournée par ses doigts, en train de glisser le long de ma jambe. J’attrape sa main pour l’attirer plus haut et la placer en plein sur mon érection. En lui souriant, je plante un instant un regard fraîchement amoureux dans ses yeux, pour lui préciser : — Moi aussi, je t’aime. Nous restons ainsi les yeux dans les yeux pendant une éternité, du moins c’est notre impression, même si ce n’est pas possible puisque nous sommes en voiture. Mon sang s'emballe à la promesse du contact à venir, et mon cœur se serre délicieusement devant tout l’amour ambiant. Je me dis que j’ai de la chance. Mes lèvres esquissent un sourire et, presque d'un commun accord, nous détachons nos regards pour revenir faire face au pare-brise. Un éclair blanc surgit dans la lueur des phares. J’aperçois une couleur, peut-être du bleu clair, qui s’approche… bon sang… beaucoup trop près ! Le freinage est brutal. L’avant de la voiture pique du nez sous l’effet de la décélération soudaine, puis une forme indistincte bleue et blanche percute le pare-chocs, le capot, et vient s’écraser sur le pare-brise. Le verre brisé se fissure en rayons, tel une toile d’araignée, et la silhouette floue se décolle du pare-brise pour se retourner sur le toit. Les pneus crissent bruyamment sur la chaussée et nous sortons de la route. Devant nous, un arbre se rapproche. Il n’y a rien d’autre à faire : je ferme les yeux et je serre les dents dans l’attente de l’impact. J’ai une dernière pensée consciente avant que l’airbag ne me percute en pleine figure… Est-ce que Stacy avait mis sa ceinture de sécurité ? Puis tout sombre dans l’obscurité.
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