CHAPITRE 6 Au fond, ces difficultés à approcher Basson n’étaient pas de mauvais augure. Bridet y voyait l’indication rassurante que son cas n’avait pas une grande importance. La curiosité des premiers jours passée, personne ne s’intéressait plus à son histoire insignifiante de sauf-conduit. C’était le principal. Le lendemain, Bridet revint plus modestement à onze heures. « Ce n’est pas tellement drôle de déjeuner avec des gens pareils, pensait-il. Une seule chose compte : mes papiers. » Cette fois, Bridet fut introduit immédiatement. — Alors, mon vieux, qu’est-ce qui t’arrive ? demanda Basson. — Rien. Je viens te voir… — Comment rien ? Tu ne viens pas d’avoir des ennuis à Lyon ? — Il ne faut rien exagérer… — Yolande m’a pourtant téléphoné, continua Basson, faisant celui qui ne se r

