CHAPITRE 12 Bridet arriva à une heure vingt à Lyon. Le voyage lui avait paru interminable. À tous les arrêts, il avait craint que des policiers, prévenus par téléphone, ne montassent dans le train et chaque fois que celui-ci était reparti, il avait éprouvé un immense soulagement. Le matin, le départ s’était effectué le plus normalement du monde. Malgré ses prédictions, personne n’était venu le chercher. Yolande n’avait pas tenté une dernière fois de le retenir. Elle lui avait même fait des recommandations. Enfin, comme il l’avait suppliée de l’accompagner, elle lui avait répondu qu’elle ne voulait pas se conduire de façon grossière avec des gens qui avaient été si gentils. « Ils te garderont pour m’obliger à revenir », avait observé Bridet. « Tu ne sais pas ce que tu dis », fut la répons

