Profitant de la sympathie qu’il avait su s’attirer d’un employé du camp en racontant qu’il avait écrit dans les journaux, Bridet chercha à connaître la vérité. Deux hommes avaient été en effet exécutés. Mais il ne put savoir rien d’autre. Il n’en eut pas moins l’impression qu’au bureau on avait su une semaine à l’avance que ces deux hommes seraient exécutés (le second était un instituteur de 27 ans). Ainsi, pendant que les prisonniers lavaient leur linge, écrivaient à leur famille, se livraient à toutes les petites occupations d’une vie ralentie, ces fonctionnaires avaient su que deux hommes allaient être tués. Qu’ils eussent continué à veiller sur le camp comme si tout était normal les rendit, du jour au lendemain, odieux. Des altercations s’élevèrent entre les gardes et les internés. Le

