XLIV

342 Words

XLIVLa Gyptis, après tant de voyages à travers les eaux chaudes du fleuve, contre ses courants rapides, se tenait une fois de plus à son poste habituel, dans les roseaux, en face du village perdu. Et maintenant, c’était pour Jean l’heure de quitter ce pays. Par un soir immobile, pareil au soir qui, dix-huit mois auparavant, l’avait vu arriver solide et fort, il s’en allait à pas ralentis, vers une voiture, appuyé au bras d’un autre marin, retournant son visage pâle du côté de la canonnière pour dire adieu, d’un signe de tête ou d’un sourire, à ceux qui restaient. C’était bien le même instant crépusculaire que pour sa venue, la même surprenante enluminure du sol rouge et des feuillages verts ; les mêmes senteurs ; les mêmes passants jaunes qui, avant de s’enfoncer dans leurs maisonnettes

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