11 Force majeure L’animal avait dû se retrouver piégé dans la combi au moment de notre arrivée, la veille. Occupé à dévorer les viscères dans le puits de chairs encore tiède qu’il s’était foré à coups de dents, il avait dû entendre nos pas ou nos voix ; et il était resté là, tapi dans les entrailles, attendant une occasion favorable pour s’enfuir à notre insu. Le lémurien ne s’était pas attendu à ce que nous revissions le casque sur le cadavre, et il avait crevé à petit feu dans son garde-manger prohibé, étouffé par manque d’oxygène. Nous avions en effet dû mettre hors circuit l’auto-ventilation de la combi, pour interrompre le flux d’air neuf et limiter au minimum la macération du cadavre, en attendant le lendemain matin. Pour l’animal, cette punition, certes méritée, n’en était pas moi

