Curtis réfléchit : (mais où suis-je ? Qu’est-ce qui se passe ? Qui sont ces hommes ? Où vont-ils ? Je ne tarderai pas à le découvrir par moi-même de toutes les façons. Mais, c’est très bizarre, ce qui m’arrive)
Le groupe est constitué d’archers et de soldats. Ils avancent avec des pas synchronisés, Curtis les suit avec le maximum. Chemin faisant, il observe les alentours. Grande est sa surprise de constater au fur et à mesure qu’il ne reconnait aucun endroit qu’il traverse. C’est alors qu’il aperçoit un lion qui se dirige droit sur lui. Curtis prend peur et, oubliant la discrétion dont il devait faire preuve, il accélère le pas en direction du groupe et se heurte le pied contre une pierre, il trébuche et tombe. Le lion traverse Curtis et se lance immédiatement à la poursuite d’une antilope qu’il avait en visuel depuis quelques secondes. Curtis est un peu abasourdi à l’idée d’avoir vu un lion d’aussi près. Toutefois, il a d’autres problèmes plus importants. En effet, le fait qu’il se soit heurté le pied a attiré l’attention du groupe d’hommes qu’il suivait. Ceux-ci ont rebroussé chemin et l’ont rejoint. Lorsque Curtis se relève, alors qu’il regarde le sol, il aperçoit une multitude d’ombres autour de lui.
Levant la tête, il constate qu’il est encerclé par le groupe d’individus qu’il suivait. Tous les hommes pointent leurs armes sur Curtis qui n’a d’autre choix que de se soumettre. Il se fait ligoter par les archers sans dire un mot. Vu que les soldats ne lui parlent pas, Curtis se contente de les regarder. Il est très curieux de savoir où on l’emmène, il ne tardera pas à le savoir. Après quelques minutes de marche, ils arrivent devant une grande clôture, d’autres soldats leur ouvrent le portail afin qu’ils entrent. La première chose qui frappe Curtis, c’est que tous les habitants du milieu sont habillés en bleu. Peut-être quelques agencements avec la couleur blanche, mais la couleur dominante chez tous ceux qui se trouvent là est bleue. Curtis observe tout le monde. Il est conduit dans une cellule. Une fois à l’intérieur, il veut adresser quelques mots au soldat qui referme la cellule, mais il reçoit un coup en plein sur le front. Il retrouve couché sur le dos, légèrement sonné par le coup. Le soldat referme la cellule et s’en va.
Curtis se relève et regarde autour de lui. Il est un peu surpris par ce qui se trouve autour de lui. Sa cellule ne dispose même pas de chaise. Autant dire que sa cellule est assez archaïque.
Curtis réfléchit : (mais où suis-je ? Cet endroit semble si ancien, c’est bizarre, on dirait que j’ai été emmené dans un milieu assez éloigné de la ville. Combien de temps est-ce que j’ai pu dormir ? Comment va Samira ?)
Quelque chose lui revient, il se souvient avoir été touché par balle par le malfaiteur qui le poursuivait. Il s’empresse de jeter un coup d’œil à sa jambe. Aucune blessure ou alors celle-ci s’est complètement refermée à son insu. Pourtant, son pantalon est toujours troué à l’endroit où la balle est passée.
Curtis réfléchit : (j’étais blessé, pourtant là, je n’ai plus rien. C’est vraiment bizarre)
Curtis est encore surpris par le fait que sa blessure par balle soit complètement cicatrisée. Il a l’impression d’être dans un rêve mais c’est bien trop réel pour en être un. Dans un coin, les gardes qui surveillent les prisons discutent de l’accoutrement de Curtis.
Garde 1 : « le nouveau prisonnier que nous avons eu aujourd’hui est vêtu assez bizarrement, je trouve »
Garde 2 : « il n’a absolument pas une couleur qui permet de l’identifier à l’une des colonies de la région »
Garde 1 : « et sa façon de se vêtir est assez particulière, je crois que nous devons le signaler à maître V »
Garde 2 : « le maître V passera demain, elle a l’habitude d’interroger les nouveaux prisonniers, nous en profiterons pour signaler cela au maître »
De son côté, Samira a fini de pleurer. Son visage est suffisamment garni de chagrin. Elle se lève et regarde la pièce.
Samira pense : (la maison semble si calme et si vide…)
Elle est complètement bouleversée par la situation actuelle. Elle n’a de cesse de revivre le film de ce qui s’est passé la nuit dernière. Lentement, elle s’assied sur une chaise. Ensuite, elle regarde le mystérieux objet qu’elle a dans la main.
Samira réfléchit : (mais c’est quoi, ce truc ? Ce qui est certain, c’est que ce n’est pas un objet ordinaire. Mais pourquoi il s’est retrouvé sur Curtis ? Comment l’a-t-il eu ? Décidément…beaucoup trop de questions…)
Du côté de Curtis, la nuit est passée et a laissé place à une matinée plutôt ensoleillée. Curtis est encore endormi, il ignore encore que quelqu’un l’observe. Tout à coup, un garde arrive près de sa cellule et lui verse le contenu d’un seau d’eau froide. Le jeune homme se réveille en sursautant. Il regarde aussitôt autour de lui, puis il aperçoit un soldat portant un récipient. Près de lui, se trouve une jeune femme portant un uniforme flambant neuf et un pardessus de la même couleur que l’uniforme. Elle semble plus gradée que le soldat qui se trouve à côté d’elle. Curtis se lève et se rapproche de la grille de sa cellule. Mais alors qu’il s’avançait, le garde pose le seau par terre et le tient immédiatement en joue avec son arme à feu. Curtis, effrayé, s’arrête aussitôt. La jeune femme pose sa main sur le canon du fusil pointé sur Curtis, comme pour demander au soldat de baisser son arme. Celui-ci comprend et obéit immédiatement. Curtis et la jeune femme se regardent silencieusement, puis elle brise le silence.
Violette : « je m’appelle Violette et toi ? »
Curtis : « je suis Curtis »
Violette : « ce n’est pas très courant comme nom par ici. De quelle colonie es-tu ? »
Curtis : « je suis désolé, je ne comprends pas votre question. Une colonie ? »
Violette (intriguée) : « tu dois bien appartenir à une contrée et une colonie, je me trompe ? »
Curtis : « je pense que vous vous trompez. Je n’appartiens à aucune colonie en effet. A vrai dire, j’ignore complètement où je suis »
Violette : « tu ignores où tu te trouves »
Curtis : « je ne sais pas où je suis, ni pourquoi je suis ici »