VIIILaure se prélasse, en cette fin d’après-midi, sur la plage du port de Plouescat, bien abritée du vent par les deux digues qui protègent les corps-morts. Allongée sur le ventre, le nez dans sa serviette, elle bronze et réfléchit. Derrière elle, les quelques bateaux restés au mouillage ondulent avec langueur, bercés par le léger clapotis de la marée montante. Au Centre Nautique Municipal tout proche, l’heure de la remontée des dériveurs a sonné. Éclats de rire et plaisanteries fusent, entrecoupés d’interventions plus directives de la part des moniteurs. Il en faudrait plus pour déconcentrer notre détective. Les yeux clos, elle a occulté depuis longtemps la “désertion” de ses amis, et profite maintenant de sa solitude pour faire le point sur cette disparition qui n’en est pas une. Son ins

