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529 Words
11Comment je m’appelle ? Comment s’appelait-elle, déjà ? Elle ne le savait pas. Elle ne le savait plus. Plus du tout. C’était dément ! Elle n’arrivait pas à comprendre pourquoi elle ne pouvait se remémorer quelque chose d’aussi évident, d’aussi intime, que son identité. Elle avait des chiffres en tête, et même des numéros de téléphone. Mais pas son propre nom. Même pas mon prénom… Quant à se rappeler son lieu de naissance ou d’habitation, tout cela lui semblait hors de portée. Elle avait vainement recherché le plus petit indice qui aurait pu lui donner des indications sur son existence passée. En vain. Elle n’avait plus l’image d’un père ou d’une mère, d’un frère ou d’une sœur. Ma mère, pourtant… Je devrais au moins me souvenir de ma mère, non ? Elle ne comprenait pas pourquoi elle souffrait d’une telle amnésie. Il devait forcément rester quelque chose de son passé. Son enfance, la ville où elle avait grandi, l’école, le lycée… Sa seule certitude, c’était d’être devenue une femme adulte, mais elle ne pouvait même pas dire quelle apparence elle avait ou quel métier elle faisait ! Incroyable, non ? * Je me suis encore endormie… Une fois de plus. Elle était épuisée sur le plan intellectuel et elle sentait confusément que cela lui faisait du bien de se relaxer périodiquement. Car se poser toutes ces questions sans réponses… C’est tuant ! Là, tout de suite, elle trouvait que ça allait mieux pour elle. Bien mieux. On aurait dit que son cerveau flottait sur un petit nuage. C’était plutôt agréable. Une sensation apaisante avait envahi son esprit et lui procurait une certaine sérénité. Sympa… Il y avait longtemps qu’elle ne s’était pas sentie aussi détendue, aussi calme. Elle s’estimait maintenant en sécurité, isolée du monde et de ses problèmes. Comme le serait un bébé dans le ventre de sa mère. Cool ! Je crois que je vais paresser encore un peu… * Malheureusement, son état moral jouait au yo-yo. Seule… Elle ne supportait plus sa solitude. Être cloîtrée dans une cellule mentale aux murs impénétrables, sans personne pour partager de temps en temps son isolement forcé. Et puis, elle sentait bien au fond d’elle-même qu’elle avait toujours eu peur d’être seule. Abandonnée de tous. Toutes les femmes ont peur de ça ! Et puis, je m’ennuie, en plus ! Elle en avait plus que marre d’être totalement désœuvrée. Elle ne supportait plus l’inactivité mortelle dont elle ne voyait qu’une véritable issue à terme. La folie. Avec constamment, en arrière-plan de ses pensées, ces hurlements qui avaient repris de manière incessante. Cette voix déchirante qui semblait vouloir l’avertir d’un danger. Juste avant qu’un individu ne se penche vers elle, la seringue à la main. * Mais… Ces derniers temps, elle avait ressenti un stress de plus en plus intense et connu des périodes de désespoir profond suivies de moments où elle faisait preuve d’ironie grinçante sur ce qui lui arrivait. Elle avait compris que son organisme recommençait à réagir à ses pensées négatives ou positives. Elle était donc bien vivante et sa situation s’améliorait à grandes enjambées ! * Puis, elle retrouva un état dépressif. Dans le noir, les durées semblaient s’allonger indéfiniment. C’est long… C’est très long ! Le temps s’écoule à une vitesse d’escargot asthmatique. Je m’ennuie à mourir ! Quel jour est-on, d’ailleurs ? ? Quel mois, même ! ?? C’est l’été ou l’hiver ? ??? Depuis combien de temps je suis ici, c’est-à-dire, nulle part ? ???? Je ne sais plus… Et je suis où ? ??????????????????? Aucune idée… Elle sentit une immense colère l’envahir, qui la fit se révolter contre son impuissance à comprendre la situation. JE N’EN AI AUCUNE IDÉE, BON SANG !
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