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234 Words
16Deux mois plus tôt. Un pavillon de banlieue, sans style architectural défini. Il datait sans doute des années cinquante ou soixante. Il était situé en région parisienne, mais il aurait pu faire partie de n’importe quelle commune voisine d’une grande agglomération française. Un ciel bas et gris renforçait la tristesse des lieux, seulement égayée par un feu de circulation solitaire qui enchaînait inutilement ses trois couleurs dans une rue désertée. Seuls retentissaient le feulement assourdi d’un véhicule qui démarrait au loin et le sinistre croassement d’un corbeau perché sur la cime d’un chêne proche. L’habitation était quant à elle plongée dans le silence le plus total. À l’intérieur, le rez-de-chaussée était vide d’occupants. L’étage aussi. Pourtant, on sentait une présence. Dans le couloir qui prolongeait l’entrée, le battant d’une porte était légèrement entrouvert. Derrière, un escalier raide menait à un sous-sol où l’on pouvait entendre des frottements et des coups sourds. Quelque chose rampait ou… était traîné sur les marches. Quelque chose ou quelqu’un ? Quelqu’un plutôt, car on percevait des halètements fiévreux. Quelques minutes plus tard avaient retenti des pleurs, qu’une gorge angoissée n’était pas arrivée à étouffer. Et puis, les crissements des pieds d’un meuble qu’on avait poussé sur le sol. Et à nouveau le silence. Les pleurs avaient été remplacés par le souffle rauque d’une respiration. Rapide, saccadée. Quelqu’un avait peur, c’était évident. Mais peur de quoi ? Le souffle s’était accélérée. Quelque chose avait remué. Ce mouvement avait été immédiatement suivi d’un bruit de choc. Sourd. Puis, à nouveau, le silence avait régné. Pesant. Lourd de danger.
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