CLÉMENCE Je marche sous la pluie, les bras serrés contre ma poitrine, incapable de contenir le sourire qui me dévore de l’intérieur, comme une flamme qu’on ne peut étouffer. La nuit, épaisse et lourde, colle à ma peau ; les gouttes glacées ruissellent sur mes cheveux emmêlés, s’infiltrent dans le col de mon manteau, mais je m’en moque. Tout en moi est embrasé. Chaque pas résonne sur le pavé luisant comme une victoire sourde, primitive. L’air sent le bois mouillé et la terre remuée, mais dans mes narines, c’est encore lui, l’odeur de l’encens mêlée à celle de la transpiration et du péché. Il m’a prise. Enfin. Pas comme un amant, mais comme un assaillant. Comme un naufragé qui se raccroche à la falaise qui le détruit. Je sens encore son poids écrasant, sa chaleur qui brûlait malgré la fro

