Clara Trois mois. Trois mois à me lever tôt, à avaler un café noir en silence, à enfiler des vêtements sobres et à marcher d’un pas rapide jusqu’à ce bureau qui sent l’encre et le papier neuf. Trois mois à ranger, classer, répondre, sourire juste ce qu’il faut. Trois mois à apprendre à respirer sans sentir le poids de ses mains sur mes poignets, sans entendre cette voix qui claquait comme un ordre. Le travail, c’est devenu mon alibi, mon refuge, ma barrière. Chaque minute occupée est une minute de moins à penser à ce qu’il m’a dit, à ce qu’il a exigé de moi. Alors oui, j’ai rangé cette histoire dans un coin de ma tête. Ou plutôt, j’ai recouvert la plaie d’un pansement solide, bien serré. Assez pour fonctionner. Pas assez pour oublier. Mais il y a les soirées. Et dans ces soirées, il

