I'm Emzy ✍️
— Allez vas-y fais-le, encouragea un garçon .
Un autre du même âge que lui, brun était resté en retrait et regardait stressé le lit sur lequel était étendu une jeune femme. Il reporta ensuite ses prunelles terrorisées sur son ami et fit non de la tête.
— Tu soules Rus, ça ne va pas te tuer, râla le garçon qui était enfaite Boris en roulant excédé ses yeux.
— Elle est bizarre, je...non...je ne peux pas... je veux rentrer à la maison s'il te plaît.
Ruslan recula terrorisé par la situation, il état incapable de faire ce que son ami attendait de lui. Il ne pouvait pas et ne le voulait pas.
C'était mal de faire ça, c'était des choses des grands lui avait répété son père de nombreuses fois et lui, il n'était pas un grand. Il n'avait que treize ans et tout ce qu'il voulait en venant rendre visite à Boris était de jouer à la console, voir le film d'horreur que lui avait interdit ses parents et dormir très tard. Il ne s'attendait pas à ce que ça se passe ainsi.
Boris fit un pas vers lui, Ruslan était son meilleur ami mais il en avait des fois marre de sa timidité. Il fallait qu'il se décoince un peu, qu'il vive , qu'il arrête d'être le petit fils à papa et maman.
Ce n'était pas un péché ce qu'ils allaient faire. Il le savait parceque sa mère l'avait découvert une fois et ne l'avait pas grondé . Au contraire elle lui avait donné des conseils et maintenant, il savait même comment utiliser une protection et certaines positions pour changer du missionnaire trop ennuyeux.
— Ne me dis pas que t'es une chochotte Rus. Allez quoi ne me fais pas honte ! Le pressa t-il.
Mais son ami n'était pas du même avis que lui. Les mains sur son slip pour protéger son sexe, il fit quelques pas en arrière en secouant la tête pour lui faire comprendre qu'il ne voulait pas le faire .
— Non, Boris je...non. Et si ta mère nous surprend? Elle va le dire à la mienne et...non je ne veux pas être puni....
— Ma mère m'a donné son autorisation, elle ne dira rien en plus elle est allée au casino et tu sais que quand elle y va c'est pas pour rentrer tout de suite.
Ruslan n'était pas rassuré, il ne voulait pas trahir ses parents et devant lui, il avait Boris qui lui mettait la pression et cette femme qui n'avait pas l'air bien. Il avait demandé à Boris pourquoi elle était ainsi mais ce dernier l'avait rassuré que tout allait bien, c'était normal d'après lui.
Comprennant que ça ne servait à rien d'insister, Boris lâcha un souffle découragé, il abandonnait l'affaire si il ne voulait pas s'amuser tant pis pour lui. Lui il ne se priverait pas.
— Vas donc nous attendre au salon, fit-il sur un timbre lasse.
— Tu vas rester là ?
— Oui, je ne suis pas un poltron moi. Moi je suis un vrai homme, j'ai les couilles!
Le petit brun accepta et les laissa seul dans la chambre pour rejoindre le salon. Il avait pris la bonne solution pensa t-il avec un pincement de déception de devoir passer la soirée seule en s'installant sur le canapé.
Bip Bip Bip
Ruslan se réveilla d'un bond de son lit, essoufflé, le visage et le corps noyés de sueur. Il fit glisser sa main sur son visage pour se remettre de ses émotions et c'est à ce moment qu'il constata qu'il tremblait affreusement sans compter les battements désordonnés de son cœur horrifié.
Ce rêve, ce cauchemar il le faisait tous les soirs . Tous les jours, il se disait qu'il l'avait là sous les yeux le vrai visage de Boris. Que ce jour-là, il aurait dû voir que quelque chose n'allait pas, que Boris n'était plus le petit garçon avec lequel il avait grandi. Boris Nowicki était devenu quelqu'un d'autre.
Il regarda son réveil qui indiquait sept-heures et remercia le ciel qu'il fasse déjà jour au moins il n'aurait pas à prendre les somnifères que lui avaient prescrits son ancien psychologue après ses nombreuses supplications pour retrouver le sommeil, enfin fermer les yeux.
S'asseyant sur le rebord de son lit,il repensa à Nora en se massant le cou, pourvu que Boris ne soit pas près d'elle. Il ne voulait pas s'être sacrifié pour rien, avoir mis fin à leur relation pour qu'il puisse avoir le champ libre. Il ne le supporterait pas.
Son lit dressé, il passa sous la douche,un moment terrible pendant lequel, il avait revécu une scène encore plus horrible que celle de son cauchemar, une scène qui le touchait lui directement.
Apprêté, sans même prendre son petit déjeuner, il s'engouffra dans sa voiture pour se rendre en ville. Aujourd'hui était un jour ensoleillé et il espérait qu'une petite balade lui ferait du bien.
Pendant qu'il conduisait, il repensa aux derniers événements notamment au dernier message que lui avait envoyé Sebastian. Il l'avait contacté sur un coup de tête, aveuglé par la colère pour avoir le numéro d'une ancienne amie qu'ils avaient en commun et maintenant qu'il l'avait, il se demandait si il devait l'appeler.
Etait-ce nécessaire de faire entrer un quatrième personnage dans cette histoire? Le hic c'était que Khalis n'était pas une personne lambda, elle connaissait Boris, sa face sombre. Certe elle ignorait certains traits de sa personnalité mais elle savait l'essentiel pour s'être frottée dessus et il se demandait si elle ne pouvait pas l'aider, lui filer un coup de main pour régler cette histoire avant qu'elle ne prenne des proportions incontrôlables.
Perdu dans ses pensées, il passa devant un jardin d'enfants sans réellement y prêter attention et c'est après qu'il se rendit compte que parmi ces petites têtes, il y en avait une qui lui parlait. Celle de la petite Sarah, la petite fille qu'il avait rencontré à l'église.
Faisant marche arrière, il s'arrêta devant eux et les observa tour à tour et effectivement, c'était bien elle la petite habillée tout en rose avec la théière entre les mains entrain de servir ses petis camarades.
Ses doutes confirmées, l'homme se gara sur le parking et alla à leur rencontre. Cette petite l'avait marqué et il ne pouvait expliquer ce besoin qu'il avait aujourd'hui de la voir, de causer avec elle.
— Bonjour Sarah, fit-il arrivé à son niveau en mettant un genou au sol pour ne pas paraître trop grand.
Les yeux de la petite s'illuminèrent de joie quand ils le captèrent. Posant soigneusement sa théière au sol,elle couru sauter dans ses bras en sautillant, heureuse de le revoir.
— Tu es venu prendre le thé avec moi, s'excita t-elle en souriant.
— Oui, comment tu vas?
— Bien et toi? Oh,il y a ma maman assise là bas, dit-elle
Elle le tira par la main pour l'amener sur le banc où effectivement était assise sa mère qui n'avait rien raté de la scène et c'était levée respectueusement en les voyant arriver.
— C'est un plaisir de vous revoir monsieur Petrov, fit la femme en lui tendant la main qu'il récupéra.
— De même et appelez moi Ruslan,je n'aime pas les monsieurs.
— Sans souci.
Ruslan passa sa main sur le haut du crâne de la petite-fille et il fut surpris par la douceur de ses cheveux dont il prit plaisir à caresser leurs mèches noires.
— Je peux vous emprunter pendant dix minutes votre fille? Nous serons juste là,sur ce banc, ajouta t-il pour la rassurer en pointant du doigt la place dont il parlait.
La femme lui donna son accord et il partit avec Sarah, suivant son instinct qui lui répétait qu'il devait avoir une discussion avec la jeune fille sans lui en donner la raison.
— Alors, il est où Sam ? Demanda t-il lorsqu'ils furent assis.
— Il arrive, sa mère s'est arrêtée à la boulangerie pour prendre des gâteaux pour le thé.
— Tu l'aimes beaucoup, remarqua t-il.
— Il est quand même le plus beau de la salle de classe, se vanta t-elle en repoussant fièrement en arrière sa couette.
— Hummm.
Sarah partit dans un grand rire amusé par le faciès ahuri de son ami qui lui donnait une tête de clown. Elle fut suivi ensuite par ce dernier dont le corps imposant avait des soubresauts
— Oui même si les autres sont méchants avec lui enfin Fred et Luca et aussi cette peste de Rita, s'emporta t-elle en jetant en avant le bout de sa natte comme si elle les avait devant elle et voulait les punir de leur comportement inacceptable.
— Mademoiselle....la reprit-il, en penchant légèrement la tête sur le côté.
La petite fille posa une main sur sa petite bouche, navrée d'avoir été grossière. Elle était d'autant plus mignonne avec ses petits yeux qui sortaient faiblement de leurs orbites et ses pommettes rougies par l'embarras.
— Plus de gros mots, désolée,promit-elle en levant solennellement sa petite main.
— Et dis-moi pourquoi, ils n'aiment pas Sam ? Fit-il réellement intéressé par le sujet.
— Bah c'est parceque tu vois Sam il est plus foncé que nous et donc ils ne l'apprécient pas.
— Et toi ? Ça te dérange qu'il soit noir ?
— Oh non! Tu sais contrairement à nous, Sam lui, il ne brûle pas sur le soleil . J'ai demandé à maman pourquoi Sam lui, il ne rougit pas quand il fait très chaud et elle m'a dit que c'est parcequ'il avait de la menanine attends non ce n'est pas ça....de....de la mélanite...non...de...
— De la...
— Non,ne dis rien, je vais le trouver...
Elle réfléchit en fronçant ses yeux pendant plusieurs secondes et Ruslan la trouva mignonne et étonnement, il voulu avoir une fille comme elle . Mais au lieu d'avoir des cheveux noir ils auraient été blonds ou marrons et à la palce de ses yeux chocolats il voyaient bien du vert, comme les siens.
— Me-la-nine!
Le petit cri de victoire de la fillette qui avait enfin trouvé le mot juste empêcha son esprit de plus s'égarer et le ramena à l'instant T.
— Et tu sais quoi ?
— Quoi?
Elle lui fit signe de sa petite main d'approcher et il s'exécuta. Par la suite, elle guetta autour d'elle et sûre que personne les attendrait, elle se rapprocha de lui et lui chuchota à l'oreille :
— Je pense que Sam enfaite c'est un super héros mais chut il ne faut le dire à personne.
Ruslan joua le jeu et passa son pouce et son index pincés près de sa bouche pour lui dire qu'il gardait ça secret pour lui et ne le dévoilerait à personne.
— Et toi, tu as enfin trouvé une amoureuse ?
— Non... enfin si mais elle ne le sait pas, avoua t-il , n'ayant pas trouvé la force de mentir à sa petite amie.
— Pourquoi ? Mais il faut lui dire sinon elle ne va jamais le savoir et vous ne pourrez pas être comme Sam et moi ! S'exclama t-elle.
Si tout pouvait être aussi facile, songea t-il déconfit. Mais ce n'était pas le cas.
Dans la vie d'adulte, tout était compliqué même les choses aussi simple comme dire « je t'aime » et encore plus avec Boris dans les parages qui n'allait pas lui faciliter la tâche.
Gagné par un fulgurant désir de se confier, il décida de se vider le cœur pour lui expliquer la situation et au fond de lui, il espérait qu'elle lui donne quelques conseils.
C'était absurde de se reposer sur de si petites et innocentes épaules pour solutionner ses problèmes mais d'eux deux, elle était la seule à avoir plus d'expériences. Alors, il se jeta à l'eau comme il ne l'avait jamais fais auparavant même avec sa famille.
— Le problème c'est qu'il y a un grand méchant qui ne veut pas nous voir ensemble.
— Tu n'as qu'à le combattre comme dans les contes et après tu pourras lui dire que tu l'aimes et vous vous ferez pleins de bisous comme à la télé, le conseilla t-elle.
Il avait la réponse à ses interrogations et il prenait très au sérieux ce conseil donné par une gamine de moins de dix ans. Sarah avait raison. Jusqu'à quand fuirait-il? Jusqu'à quand, aurait-il peur de Boris?
Il aimait Nora et voulait être avec elle et son seul obstacle était ce dernier et comme l'avait dis son amie, il devait le combattre, pour elle. Il était temps d'arrêter d'être un poltron comme le lui avait si bien dis son ennemi.
Au même moment, un petit garçon accouru vers eux et après l'avoir salué, il récupéra sa copine et s'en alla avec elle.
Son instinct ne l'avait pas induit en erreur, il avait eu raison de le pousser à entretenir ce petit tête à tête avec Sarah. Maintenant, il savait ce qui lui restait à faire si il voulait enfin vivre.
Il quitta le parc sans oublier de dire au-revoir à la maman de Sarah et retourna dans sa voiture pour se garer dans un café non loin de là. Son café et son croissant devant lui, il feuilletait une boule d'angoisse dans le ventre son calepin dans lequel il avait noté le numéro de Khalis et une fois trouvé, il le composa et entendit qu'elle réponde .
— Allô, s'infiltra sa voix de velours dans le combiné.
Six ans qu'il n'avait pas entendu cette voix, plus depuis qu'il avait décidé de mettre un trait sur son passé,d'avancer mais c'était sans compter sur Boris qui savait comment s'incruster dans sa vie comme une tâche sur un linge propre.
— C'est Ruslan, murmura t-il la gorge nouée par l'appréhension. Il avait peur qu'elle le rejette comme Sébastien.
Sa réaction ne se fit pas attendre et en croire le petit cri de surprise qu'elle eût, elle était heureuse de l'entendre. Lui il n'était pas sûr que ça aurait été son cas si les rôles étaient inversées.
— Mais qu'es-ce que tu deviens ?
— Je mendies, la taquina t-il pour se détendre et se rassurer qu'il y avait aucune mésentente entre eux.
— Ouias c'est ça fout toi de ma gueule. Et sinon, pourquoi tu m'appelles ?
— Black baccara.
Un silence affreux s'installa posément entre eux, il pouvait entendre une mouche voler de l'autre côté du téléphone et ça ne l'inquiéta pas. Le boxeur savait ce que signifiait cette nouvelle pour elle. Comme lui,Khalis avait des secrets et ceux-ci avec les siens avaient un dénominateur commun.
— Tu n'as rien de grave j'espère ? S'affola celle-ci.
— Non ce n'est pas moi qui a été la victime mais une jeune femme que je connais très bien et c'était un avertissement.
— Qui est cette femme.... Ruslan ne me dit pas que....
— Oui, c'était ma copine.
" Ma maîtresse " mais il ne voulait pas que Nora soit ainsi vu d'autant plus qu'elle avait une place spéciale dans son cœur. Elle méritait mieux que se vulgaire titre .
— Et elle a eu quoi?
— Un empoisonnement à la belladone, elle pouvait y passer mais comme ce n'était qu'un avertissement, la dose n'était pas forte . Encore heureux.
— Et que comptes tu faire?
— Il doit payer Khalis,ce bâtard est allé loin, trop loin,lui confia t-il en essayant de contenir sa colère entre ses dents.
Khalis resta pour la deuxième fois silencieuse depuis le début de leur appel. Il savait que c'était égoïste de sa part de dire ça alors qu'il était clair que Boris avait franchi la ligne rouge depuis et elle-même en avait fais les frais .
— Tu as raison, moi de même je veux qu'il paie. Le soutint-elle déterminer à l'aider dans sa vengeance. Quand prenons nous
rendez-vous ?
— Dès que je serai aux États-Unis.
— okay, fais-le moi savoir à l'avance pour que je voies avec mon programme tu sais, je suis très occupée entre les procès, les préparations des dossiers et tout.
— Oui, je sais.
Ruslan allait raccrocher mais avant, il pensa au fait qu'en six ans il n'avait plus pris de ses nouvelles. Il l'avait classé comme un vieux dossier alors qu'elle avait essayé de l'aider et en avait payé le prix et lui, il n'avait même pas eu le courage de la soutenir.
— Je suis désolé Khalis de n'avoir rien fais, j'aurais dû t'épauler...
— L'important c'est que nous allons bien et qu'on va lui faire mordre la poussière à ce sale fils de chien !
— Bonne journée.
— À bientôt Ruslan.
Il raccrocha et déposa son téléphone sur la table, la délicieuse fumée du café chatouillant ses narines, il se refit sa conversation avec Khalis et une seule conclusion était à tirer :
Bientôt, Boris tomberait et pour ne jamais se relever. Ruslan se faisait la promesse solennelle de le clouer au sol, en enfer où était sa place.