An 2080 Le vent soufflait à la pointe de la baie des Pierres Tombales. Du haut de la falaise, je dominais l’océan et ses épieux plantés dans les eaux grises, telles des écailles de dragon. Le soleil de midi déferlait sur moi. Il faisait chaud, délicieusement chaud, malgré la bise marine. Des mouettes voltigeaient au-dessus de ma tête. Elles piquaient du nez vers la mer et refluaient dans un ciel limpide, sans nuage, déployant leurs ailes blanches dans un vent mordant. Sur mes arrières, le maquis et les quelques pinèdes éparses se balançaient de gauche à droite. Des parfums d’herbes sèches et d’euphorbes m’enveloppaient. J’en savourais chaque odeur. Je me délectais du paysage que m’offrait la cordillère des Amors. Le vent soulevait mes cheveux détachés. Ma tunique d’un bleu océan battait m

