Le lendemain, après avoir déjeuné ensemble, nous étions déjà sur la route en direction de la ville. Curieusement, une partie de moi voulait rester encore là-bas, même si j’étais toujours troublée par la nuit précédente. Je regardais le paysage par la fenêtre, perdue dans mes pensées, quand il posa une main sur ma cuisse. Ce geste n’avait rien de sexuel : c’était juste sa manière de me dire que tout allait bien, accompagné de son petit sourire charmeur.
Il prit le soin de me déposer chez moi avant de repartir. Juste avant de partir, il m’embrassa doucement sur les lèvres… et ce geste, à lui seul, me bouleversa. Je voulais rester avec lui, je ne savais même pas pourquoi. J’avais donc décidé de consacrer le reste de la journée à moi-même, pour mettre un peu d’ordre dans mes idées.
Le lendemain matin, je me réveillai très tôt. Étrangement, je n’avais pas cessé de penser à lui une seule seconde.
En arrivant au travail, comme toujours, Anaïs, mon assistante et meilleure amie, vint aussitôt me retrouver.
Anaïs : Hé, ma belle ! Une journée entière sans nouvelles ? Comment peux-tu faire ça à ta seule amie sur cette planète ?
Moi : Arrête ton cinéma Anaïs… je vais tout te raconter, mais avant, donne-moi mon planning s’il te plaît.
Après m’être installée à mon bureau, je lui avais tout raconté. Sa seule réaction fut une question qui me laissa sans voix :
Elle : Tu l’aimes, Lena ?
Moi : Tu as fumé ou quoi ? Bien sûr que non ! J’ai eu ce que je voulais, et ça s’arrête là.
Anaïs : Vraiment ?
Moi : On n’a rien fait… On s’est juste embrassés, et le big boss a appelé. Après ça, plus rien. J’ai passé le reste de la nuit à me demander ce qui venait de se passer.
Anaïs éclata soudain de rire.
Moi : Quoi encore ?
Anaïs : J’attends avec impatience le jour où tu viendras me dire : “Tu avais raison, Anaïs.”
Elle se leva pour rejoindre son bureau.
Moi : Ouais, c’est ça. Tant que tu y es, apporte-moi un café.
C’était juste pour l’embêter.
Elle : Ok, patronne.
Je déteste qu’elle m’appelle ainsi, et elle le sait. Je me replongeai donc dans mon travail à fond : j’avais du retard à rattraper.
Au milieu de la journée, je devais faire signer des papiers à William. Après ce qui s’était passé la veille, je n’avais aucune envie de l’affronter. J’avais songé à envoyer Anaïs, mais elle était en pause. Alors, à contrecœur, j’avais pris la direction de son bureau.
Je n’avais pas frappé à la porte, pensant que ce n’était pas nécessaire. Mais en entrant, je tombai des nues : William était en train d’embrasser une femme. Le choc fut brutal, comme un coup porté en plein cœur. Il s’écarta rapidement, l’air gêné…