Smog à gogoLes dix trekkers progressaient depuis déjà plus d’une heure. Pourtant, Sweeney n’avait aucune idée de la distance parcourue. Le brouillard faussait les repères habituels de l’espace et du temps. Rapidement, les premières difficultés étaient apparues. Dans ce sol caillouteux où les pieds ne cessaient de riper ou de se tordre, le plaisir de la marche s’était vite transformé en un effort pénible et répétitif. Les yeux fixés sur la pointe de leurs chaussures, les randonneurs ne pensaient qu’à une chose : assurer le prochain pas. Il ne fallait d’ailleurs plus penser qu’à ça. Inutile d’accorder la moindre attention à un souffle toujours plus court, à des cuisses sans cesse plus lourdes, et à une nuque toujours plus raide. La fatigue était là, mais il fallait impérativement l’ignorer

