Chapitre 08

916 Words
Très bien, posez-moi des questions, je vous écoute. C’est ce que Steven rétorqua à Alyan, en s’adossant confortablement contre le dossier de sa chaise, son regard plongé dans le sien. Un sourire en coin, séducteur. Alyan prit une gorgée lente de son vin rouge, ses yeux toujours rivés aux siens. D’accord… Quel âge avez-vous ? Steven haussa un sourcil, amusé : Je croyais qu'on allait rester dans le cadre professionnel. Alyan : Professionnellement, je vous connais. Mais là, je veux voir l’homme derrière le costume et les contrats. Il rit légèrement, captivé : Très bien. Mais sachez que cette porte, une fois ouverte, vous ne pourrez plus la refermer. Alyan : Ça tombe bien. J’adore les portes entrouvertes. Il s’approcha légèrement, posant ses avant-bras sur la table. Steven : J’ai 30 ans. Et vous ? Alyan : 25 ans. Steven : Parfait… j’ai toujours aimé les femmes plus jeunes. Celles qui ont encore la fougue de l’innocence et la force de la lucidité. Alyan, esquissant un sourire : Et moi, j’ai toujours aimé les hommes qui pensent tout savoir, jusqu’à ce qu’ils tombent sur plus malins qu’eux. Steven rit franchement, puis la fixa avec une intensité presque brûlante. Steven : Qu’est-ce que vous faites de votre temps libre ? Alyan : Je lis, j’écris parfois… je réfléchis beaucoup. J’aime la solitude. Elle ne ment jamais. Steven : Une femme mystérieuse et cérébrale. Dangereusement attirante. Alyan : Et vous, que faites-vous quand vous ne signez pas des contrats à plusieurs zéros ? Steven : Je voyage. Pas pour fuir, mais pour me sentir libre. Et… parfois, pour fuir un passé trop lourd. Elle arqua un sourcil, intriguée. Alyan : Vous parlez souvent par énigmes, Steven ? Steven : Seulement quand j’ai peur qu’une vérité me rende vulnérable. Flashback Un cri, un claquement sec. Qu'est-ce que je t'avais dit sur le fait d'être accroché à ta mère comme une fillette ? Steven, à peine adolescent, serrait les dents, les larmes au bord des yeux. Il tendait déjà la joue, habitué aux gifles de son père. Ce jour-là, dans cette voiture coincée dans un embouteillage, c’est à travers la vitre embuée qu’il l’aperçut… Alyan. Assise sur un banc, casque sur les oreilles, un livre rose entre les mains, elle rayonnait sans le savoir. Le monde s’était arrêté. Son cœur, pourtant durci par les coups, avait battu trop fort. Il avait sorti son téléphone et pris une photo. Sa première photo d’elle. Son premier souvenir d’espoir. Fin du Flashback Alyan, claquant des doigts : Steven ? Vous êtes encore parmi nous ? Steven, revenant à lui, le regard embué d’émotion : Désolé… Vous m’avez fait penser à quelqu’un. Alyan, intriguée : Une femme qui vous a brisé le cœur ? Steven, secouant la tête : Non. Une femme qui me l’a réparé… sans même le savoir. Alyan ne dit rien. Mais cette fois, c’est elle qui détourna les yeux. Alyan : Elle a dû marquer votre vie pour que vous pensiez à elle de cette manière. Steven, les yeux brillants, presque fiévreux : Oui... elle a marqué ma vie d’une empreinte indélébile. Alyan, curieuse : C’était votre sœur ? Steven, secouant la tête : Non. Alyan : Une ex, alors ? Steven, s’approchant légèrement : Non plus. Mais j’espère qu’un jour… elle voudra devenir ma femme. Un court silence s’installa. Alyan tenta de garder contenance mais son coeur sans qu'elle comprenne le pourquoi ni même le comment était piqué par cette révélation. Elle aurait voulu être cette femme qui le trouble de la sorte mais hélas cela ne peut être le cas. Alyan, esquissant un sourire mêlé d’ironie : Le célèbre play-boy veut se caser ? Voilà une nouvelle qui ferait les gros titres. Steven, le regard intense : Et si ce n’était pas un scoop, mais une évidence ? Alyan, baissant brièvement les yeux, un brin troublée : Hum… c’est bien. Elle se leva soudainement, brisant l’intensité de leur échange. Merci pour ce délicieux dîner, mais j’aimerais regagner ma suite. Steven :Déjà ? Alyan :Je suis fatiguée… et ce dîner m’a un peu trop stimulée. Steven, un sourire en coin : Le décalage horaire, ou ma compagnie ? Alyan, piquée : Les deux, peut-être. Elle fit mine de tourner les talons, mais il se leva aussitôt. Steven : Vous m’avez promis de m’appeler Steven ce soir. Pas “Monsieur Spielberg”. Alyan, le fixant droit dans les yeux : D’accord… merci, Steven. Il lui prit la main et y déposa un b****r, lent, chaud, presque insolent. Puis, se penchant doucement vers elle, il demanda d'une voix basse, caressante : Puis-je vous raccompagner jusqu’à votre suite ? Alyan : Si vous y tenez tant que ça… avec plaisir. Ils marchèrent dans le couloir, main dans la main. Un silence complice, ponctué de regards brûlants. Arrivés à la porte, elle se tourna vers lui. Alyan, frôlant son poignet : Merci pour la soirée, Steven. C’était… troublant. Il s'approcha lentement, posa un b****r à la commissure de ses lèvres — presque sur sa bouche — puis glissa à son oreille, d’un ton rauque : Passe une excellente nuit… ma tentation. Le souffle d’Alyan se coupa. Une vague de frissons lui remonta l’échine. Elle entrouvrit la porte, se retourna, les joues rouges, et murmura : Alyan : Bonne nuit, Steven… et merci pour le dîner. Elle referma lentement la porte, le cœur battant, tandis que Steven restait planté là, un sourire victorieux aux lèvres, les yeux brillants d’un désir à peine contenu.
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