Alyan venait d’arriver dans l’entreprise qu’elle avait bâtie de ses propres mains grâce à l’héritage de son défunt père. Ce n’était pas juste une société : c’était son empire. Une entreprise florissante spécialisée dans la fabrication de tissus haut de gamme. À peine avait-elle franchi la porte que tous les employés s’étaient figés. Le silence se fit, et les regards se tournèrent vers elle, empreints de respect… et d’un brin de crainte.
Ils m’appellent “Madame Ketu” maintenant, pensa-t-elle en esquissant un sourire discret. Je déteste ce silence, mais j’aime ce respect. C’est le prix de ma réussite.
À peine avait-elle posé son sac qu’une silhouette familière frappa à la porte.
— Justine : Bonjour, Madame. Les représentants de Global Investissement sont arrivés.
— Alyan : Déjà ? Ils sont en avance ou j’ai pris du retard ?
— Justine : Ils sont là depuis quinze minutes. Le représentant principal est déjà dans la salle.
— Alyan (soupirant) : Je n’ai même pas eu le temps de respirer ce matin. Bon… allons-y.
Justine hésita un instant, puis ajouta :
— Justine : Autre chose, Madame… Votre voyage à Paris a été avancé. Le PDG de Tati Cops a modifié le planning.
— Alyan (fronçant les sourcils) : Quoi ? Ils pensent que tout tourne autour de leur emploi du temps maintenant ?
— Justine : Je suis désolée, ils ont confirmé ça ce matin même.
— Alyan : D’accord… je gère.
Elle réajusta sa veste noire et son rouge à lèvres rouge vif, puis se dirigea vers la salle de réunion.
— Alyan (entrant avec assurance) : Messieurs, désolée pour l’attente.
— Un actionnaire (souriant) : Pas de souci, Madame Ketu. C’est plutôt nous qui sommes impatients.
— Alyan : Tant mieux. Allons droit au but.
La réunion fut brève, précise, redoutablement efficace. L’un des hommes se leva et déclara :
— Actionnaire : Le PDG s’excuse de son absence, mais nous avons tout pouvoir pour conclure.
— Alyan : Alors, transmettez-lui ceci : nous sommes désormais associés. Et ce n’est que le début.
Ils échangèrent des poignées de main, puis elle ajouta :
— Alyan : Justine va vous raccompagner. Bonne journée, messieurs.
Une fois la porte refermée, elle souffla longuement et se massa les tempes. La pression, les responsabilités, les trahisons… tout pesait, mais elle tenait bon. Comme toujours.
Quelques heures plus tard, vers 17 h, elle finit ses dossiers. En rangeant son sac pour préparer son voyage, Justine refit surface, visiblement nerveuse.
— Justine : Madame… il y a un appel pour vous.
— Alyan (sans lever les yeux) : Qui ?
— Justine : Monsieur Conor. Il insiste.
Elle releva lentement la tête. Son regard s’assombrit.
— Alyan : Passe-le-moi. Et ferme la porte.
Conversation téléphonique
— Alyan : Qu’est-ce que tu veux, Conor ? Je suis crevée, j’ai eu une journée de requin.
— Conor : Alors laisse-moi être ton baume, Alyan. J’peux encore apaiser tes douleurs.
— Alyan : Si c’est encore un de tes jeux de charme à deux balles, tu peux raccrocher toi-même.
— Conor (rire moqueur) : Avec cette carapace, tu finiras seule avec ton argent pour te tenir chaud.
— Alyan (froidement) : Mieux vaut être seule que mal accompagnée. Bye, Conor.
Elle raccrocha sans attendre la suite, agacée. Elle poussa un soupir, rassembla ses documents, puis sortit de l’entreprise. Direction le garage. Sa journée aurait dû s’arrêter là, mais non…
À peine installée dans sa voiture, une autre mauvaise surprise s’afficha sur l’écran : Kim. Elle hésita. Puis décrocha.
Conversation téléphonique
— Alyan : Qu’est-ce que tu veux, Kim ?
— Kim(offusquée) : Donc maintenant je ne suis plus “maman”, juste Kim ?
— Alyan : Non. Juste un rappel de mes blessures. Dis ce que t’as à dire.
— Kim (sèchement) : Tu ne viendras pas au mariage d’Ashley. Ce n’est pas ta place.
— Alyan (rire sarcastique) : Tu m’appelles juste pour me prévenir de ça ? Tu crois vraiment que j’envisageais d’y mettre les pieds ?
— Kim : Tu continues à faire ton intéressante, hein ?
— Alyan : Je t’en prie, Kim. Garde ta morale pour ton église du dimanche. Bye.
Elle raccrocha brutalement, un soupir de colère sur les lèvres.
— Alyan (murmurant) : b***e de toxiques.
De l’autre côté du téléphone, Kim serra les dents.
— Kim : Petite arrogante. Ce n’est pas fini entre nous.
---
Paris — Ville de l’amour… ou de la tentation.
Dans une suite d’hôtel luxueuse, un jeune homme torse nu, musclé et charismatique, se détachait lentement d’une étreinte brûlante. Une jeune femme haletante le fixait, déçue.
— Steven : Habille-toi. La magie est finie.
— Kylie : Tu me jettes encore comme une moins que rien ?
— Steven (impassible) : J’te l’ai dit : je suis pas ton petit ami.
— Kylie : s****d.
— Steven (souriant) : Tu dis ça à chaque fois. Et tu reviens toujours.
Il la chassa d’un geste nonchalant. Une fois seul, il attrapa une photo posée sur la table de nuit. Son regard s’adoucit. Il effleura l’image du bout des doigts, comme on caresse une blessure ancienne.
— Steven (chuchotant) : Un jour… tu ne pourras plus m’ignorer.
Il entra dans sa douche, l’eau coulant sur son dos tendu, pendant qu’il plongeait dans ses souvenirs.
---
Flashback
Il était adolescent. À l’arrière d’une voiture, son père lui faisait la morale sur ses responsabilités. Steven, lui, fixait le trottoir. Une silhouette attira son regard. Une jeune fille, à peine 15 ans, lisait tranquillement en mangeant une glace.
Ce jour-là, quelque chose se brisa en lui… ou se réveilla. Il tomba amoureux sans un mot, sans même la connaître. Il la photographia en secret, jour après jour, obsédé.
Dans son appartement, il possédait un mur entier recouvert de ses clichés. Plus de 5000 images d’elle. Une obsession. Une promesse silencieuse.
— Steven : Je te retrouverai . Et tu seras à moi… quoi qu’il en coûte.
---
Il rangea la photo, boucla sa valise et sortit. Direction une réunion d'affaires… avec la mystérieuse PDG d’une entreprise de textile. Ce qu’il ignorait, c’est que le destin avait un goût pour les retournements.