Steven quitta enfin sa suite luxueuse, ajustant sa veste avec assurance. Il se dirigea vers la salle prévue pour sa prochaine réunion, l’esprit déjà en ébullition.
Pendant ce temps, Alyan, de retour chez elle après une longue journée, poussa un profond soupir. Elle se débarrassa de ses talons et commanda un bon plat japonais.
— Ce soir, je veux du calme et du wasabi, pensa-t-elle en montant à l’étage.
Son bain fut un véritable moment de renaissance : mousse parfumée, lumière tamisée, playlist douce… un cocon où elle laissait enfin tomber son masque de femme de fer.
En sortant de l’eau, encore enveloppée dans son peignoir soyeux, on sonna à la porte.
— Livreur (sourire gêné) : Bonsoir, Madame. Voici votre plat.
— Alyan: Merci. Gardez la monnaie.
— Livreur(surpris) : Vraiment ? Merci beaucoup !
— Alyan (sourire en coin) : Bon appétit à vous aussi… si jamais vous en avez.
Elle referma la porte, s’installa devant son plateau, un verre de vin rouge à la main. Elle lança un film romantique sur Netflix.
— Une vie de célibataire assumée, se murmura-t-elle. Mais au fond… ce n'était qu'un joli mensonge pour apaiser son vide.
Quelques minutes plus tard, elle s'endormit, la télé encore allumée, le cœur serré sans raison apparente.
---
Quelques jours plus tard
À la gare, Alyan portait un tailleur beige cintré et des lunettes de soleil. Son aura faisait tourner les têtes. Elle prit son train pour Paris, en route pour une réunion cruciale avec le mystérieux PDG de Tati Cops Investissement.
À son arrivée, elle se dirigea vers un grand hôtel discret mais luxueux. En franchissant le hall, elle s’adressa à la réceptionniste :
— Alyan: Bonjour. Une suite, s’il vous plaît.
Derrière elle, une silhouette masculine sortit de l’ascenseur. Steven. Lorsqu’il posa les yeux sur elle, son souffle se coupa un instant.
— Elle. Dix ans. Et elle n’a pas changé d’un centimètre. Même regard. Même aura.
Alyan, elle, ne remarqua rien. Agacée par l’attente, elle tapota l’accueil de ses ongles manucurés.
— Réceptionniste (revenant) : Suite 911. Voici votre carte.
— Alyan (froidement) : Enfin. Merci.
Elle suivit le portier jusqu’à l’ascenseur. Mais à l'étage, alors qu’elle entrait dans sa suite, une voix masculine retentit dans son dos :
— Bonjour, chère colocataire.
Elle se retourna brusquement.
— Alyan : C’est une mauvaise blague ou vous êtes juste un pervers ?
— Steven (sourire narquois) : Aucun des deux. Juste un heureux hasard... ou un coup du destin. Je suis Steven. Steven Spielberg.
Il tendit la main avec un air insolent, presque joueur.
Alyan le scruta, méfiante. Il avait cette assurance dérangeante des hommes qui savent qu’ils plaisent.
Elle ne bougea pas.
— Alyan: Si vous me touchez, je vous poursuis pour harcèlement.
— Steven (levant les mains, faussement blessé) : Charmante. Et piquante. J’aime déjà.
— Alyan : Oh non, je ne suis pas enchantée de vous voir, très cher monsieur. Excusez-moi.
— Steven (avec un sourire en coin) : Si j’étais vous, j’éviterais d’aller râler à la réception. C’est la dernière chambre disponible dans tout l’hôtel.
— Alyan (le foudroyant du regard) : Et comment pouvez-vous en être aussi sûr ?
— Steven : Parce que cet hôtel m’appartient. Et cette suite… est la mienne.
Un silence pesant s’installa. Alyan serra les dents.
— Alyan : Parfait. Et donc, comment allons-nous cohabiter, Monsieur le Propriétaire ?
— Steven: La suite est spacieuse. Deux chambres séparées… reliées par une seule et unique salle de bain.
— Alyan : Une seule salle de bain ? Vous vous moquez de moi ?
— Steven : Pas cette fois.
— Alyan : Bon. Montrez-moi où je vais dormir.
— Steven (la fixant avec intensité) : Avec plaisir. Suivez-moi.
— Alyan (ironique) : J’ai deux semaines à survivre avec vous. Ai-je vraiment le choix ?
— Steven (souriant) : Aucun. Et vous allez adorer chaque minute.
Il s’effaça pour la laisser passer. En la regardant marcher, il ne put s’empêcher de détailler ses mouvements avec un regard appréciateur.
— Elle a toujours ce port de reine… mais en plus dangereux désormais, pensa-t-il.
— Steven : Voici la salle de bain, Mademoiselle... ?
— Alyan (sans se retourner) : Alyan Ketu. Et je préfère que vous me vouvoyiez.
— Steven : Malheureusement pour vous, je ne vouvoie jamais une femme aussi séduisante. Ça briserait la magie.
— Alyan (en le fixant sèchement) : Et moi, je préférerais que vous gardiez votre magie à bonne distance.
— Steven (en reculant avec un sourire provocateur) : Très bien. Mais sachez que je suis parfaitement dompté… sauf si on me cherche.
Une chaleur lui monta aux joues, qu’elle balaya d’un froncement de sourcils.
— Qu’est-ce qui me prend ? pensa-t-elle.
— Steven : Alors, cette salle de bain ?
— Alyan (froide) : Impeccable.
— Steven : Surtout en duo… mais vous le découvrirez peut-être.
Elle s’étouffa légèrement.
— Alyan : Tousse
— Steven : Tout va bien ? Vous avez l’air troublée.
— Alyan (reprenant contenance) : Parfaitement. Continuez la visite.
— Steven : Avec plaisir.
Il lui montra sa chambre avec une politesse faussement sage, puis désigna la sienne.
— Steven: Si jamais l’envie vous prenait de venir discuter… ou autre.
— Alyan (sèche) : Je préfère encore discuter avec le mur.
— Steven : Tant qu’il est dans ma suite, tout me va.
Avant de partir, il lui prit la main et y déposa un b****r sans la quitter des yeux.
— Steven : En tout cas, le plaisir est pour moi, Mademoiselle Ketu.
Elle retira sa main lentement, le regard glacial, mais l’estomac en feu.
— Alyan (le cœur battant, troublée malgré elle) : Moi aussi. (Elle retira sa main comme si elle s'était brûlée.)
— Steven (un sourire enjôleur au coin des lèvres) : Passez une agréable journée… Mademoiselle Ketu.
Il tourna les talons avec assurance et entra dans sa chambre en verrouillant la porte derrière lui. De l’autre côté du mur, Alyan, restée figée, sentit ses joues s’embraser.
— Alyan (à voix basse, en touchant sa poitrine) : Seigneur… Qu’est-ce qui m’arrive ? Cet homme est… Non, non. Ne dis pas ça. Tu le connais à peine.
Elle secoua la tête comme pour chasser une pensée interdite, puis se déshabilla rapidement et entra dans la salle de bain, cherchant refuge dans l’eau chaude.
Mais ce qu’elle ignorait, c’est que derrière l’élégance de Steven se cachait une obsession. Dans sa chambre, il alluma un écran intégré à son mur, révélant en direct la chambre… d’Alyan.
Cette suite, secrètement réservée à ses caprices, était truffée de caméras dissimulées. Il ne l'avait pas choisie au hasard pour elle. Non. Il l’avait désirée depuis dix ans. Et maintenant, elle était à quelques mètres, plus réelle que jamais.
— Steven (se mordant la lèvre) : Mon Dieu… elle est encore plus magnifique que dans mes souvenirs. Ce corps... ce regard...
Une partie de lui hurlait que c’était mal. Que c’était une ligne à ne pas franchir.
— Tu abuses, Steven. Tu vas trop loin.
Mais il n’éteignit pas. Au contraire. Quand il vit Alyan faire glisser sa robe, révélant sa peau nue sous la lumière tamisée, son souffle se coupa.
— Steven (obsédé, haletant) : Tu seras à moi. Je t’ai attendue trop longtemps pour reculer maintenant.
Il coupa finalement le moniteur, tremblant, et se dirigea vers une pièce cachée au fond de sa suite. Une pièce qu’aucun invité ne devait jamais voir.
Sur les murs, des centaines de clichés. Alyan à 15 ans. Alyan lisant dans un parc. Alyan en tailleur en sortant de son entreprise. Chaque image prise à son insu. Chaque image nourrissant une obsession malade… et pourtant maîtrisée jusqu’à présent.
— Steven (les yeux brillants de désir) : Alyan… Ma lumière, mon poison. Je vais t’apprivoiser, lentement… tendrement… Tu ne pourras plus te passer de moi.
Il se mit à caresser une photo encadrée d’elle comme si elle pouvait le sentir.
— Steven : Je ne veux pas seulement ton corps. Je veux ton âme. Ton cœur. Tu comprendras bientôt... je suis le seul à pouvoir t’aimer comme tu le mérites.
Pendant ce temps, dans la chambre voisine, Alyan sortait de la douche, enroulée dans une serviette. Elle enfila une nuisette rouge en soie, simple mais sensuelle, préférant dormir légère.
Juste au moment où elle s’installait, un coup résonna à la porte. Elle sursauta.
— Steven (de l’autre côté, d’une voix suave) : Puis-je entrer ?
— Alyan(en serrant le tissu de sa nuisette contre elle, méfiante) : Attendez un instant…
Elle jeta un regard vers le miroir. Une alerte, un frisson, un trouble. Était-elle prête à lui ouvrir… ou à lui résister ?
Mais il était déjà entré, sans prévenir, les yeux grands ouverts.
— Steven (siffla doucement) : Oh… pardon ! Quel spectacle ravageur.
Alyan sursauta, attrapa son peignoir et le referma précipitamment autour d’elle, furieuse.
— Alyan (en colère, se couvrant) : Mais vous êtes malade ou quoi ? Vous ne pouvez pas frapper et attendre comme tout le monde ?!
— Steven (levant les mains) : Je suis désolé, vraiment. Je ne sais pas ce qui m’a pris. C’est sorti tout seul.
Elle se tenait droite, rouge de colère… et pourtant un frisson la parcourut. Il l’avait vue. Et ce regard…
— Alyan (d’un ton sec) : Sortez maintenant !
— Steven (la tête basse, reculant) : Vous avez raison. Excusez-moi.
(Il tourna les talons… puis s’arrêta à la porte.)
— Steven : En fait… j’étais venu vous inviter à dîner.
Elle le fixa, abasourdie.
— Alyan : Quoi ? Non mais vous vous fichez de moi ? Après ce que vous venez de faire ?!
— Steven : Je me suis excusé. Ne me condamnez pas si vite. Ce dîner… c’était sincère.
— Alyan : Sans façon.
— Steven : Pourquoi pas ? Vous avez peur de passer un bon moment ?
— Alyan (fronçant les sourcils) : Que faites-vous en vous retournant ? Je ne vous ai pas autorisé à me regarder encore !
— Steven (pivotant légèrement, un sourire au coin des lèvres) : Désolé. Vraiment. Mais… dites-moi pourquoi vous refusez ? Vous sentez bien cette tension entre nous.
Elle inspira profondément pour se maîtriser.
— Alyan: Parce que je suis exténuée, là, tout de suite. Et même si j’étais en pleine forme… je ne suis pas sûre que dîner avec un voyeur me tente.
Steven se retint de répliquer, puis tenta une diversion : — Demain, alors ?
— Alyan: J’ai un dîner d’affaires.
— Steven (sans lâcher) : Avec qui ?
— Alyan (les yeux plissés, froide) : Pardon ? En quoi ça vous regarde ?
Il recula enfin, légèrement confus, mais toujours charmeur.
— Steven : Vous avez raison. Je suis désolé pour mon imprudence… Et le surlendemain ?
— Alyan (lassée, mais troublée malgré elle) : Je verrai. Je vous tiendrai au courant.
— Steven (en sortant, un sourire mystérieux aux lèvres) : Merci… c’est tout ce que je voulais.
(Il ferma la porte doucement derrière lui.)
Restée seule, Alyan se laissa tomber sur son lit, le cœur en vrac.
— Alyan(à elle-même) : Mais cet homme… il va me rendre folle.