— Bonjour mademoiselle.
Un frisson horrifié lui parcouru le dos, et elle fit volte face, tombant nez à nez avec l'homme dont elle avait croisée le regard.
Le silence qui avait suivit ses premiers mots était si pesant, qu'elle se demanda s'il n'y avait plus personne autour d'eux.
— Monsieur Winston, madame Cox va vous recevoir, intervient Michelle.
Cela semblait plus comme une bouée de sauvetage à Jessica.
— Merci.
La voix téméraire de l'homme ne lui échappa pas, encore moins le fait qu'il n'avait pas quitter Jessica des yeux.
Au bout d'un moment, ses lèvres s'élargirent, et il tendis sa mains vers la jeune femme.
— Enchanté, mademoiselle Miller.
— Mais qui êtes-vous et comment me connaissez-vous ?
— Je crois que la charmante femme derrière vous viens de me présenter.
Elle le scruta un moment, avant de lui tendre la main.
— Si vous êtes Charles Winston, alors vous êtes le voleur de maison, lâcha-t-elle de but en blanc.
Charles Winston fronça cette fois-ci les sourcils en enfouissant les mains dans les poches de son pantalon.
— Voleur de maison ? J'ai eu plusieurs surnoms, mais de là à me traiter de "voleur de maison", je trouve que vous avez une imagination débordante, ma chère.
Ses yeux rieurs agacèrent rapidement la jeune femme.
— Je crois que vous avez rendez-vous avec ma collègue ?
— Effectivement.
— Je me ferai une joie d'y assister.
Elle tourna les talons sans attendre, et gravis pour la deuxième fois de la journée les marches de l'escalier.
Ce type était certainement un prétentieux, et elle se ferait un plaisir de le remettre à sa place.
Ce fut sur ces mots qu'elle entra dans le bureau de son amie. Celle-ci fronça les sourcils et dis à haute voix se qu'elle penssait intérieurement.
— Tu l'as rencontré, devina t-elle.
— Pourquoi tu souris Kelly ? Il n'y a rien de drôle à cela. Je ne sais pas d'où il sort !
— Si ce n'est par bas, alors certainement par sesarienne, ironisa Kelly en posant son stylo.
Un toc retentit, et Jessica rouvrit brutalement la porte, pour croiser à nouveau l'homme.
— Fait attention à ma porte, Jessie, souffla Kelly en se levant.
L'homme entra, non sans adresser un regard amusé à Jessica, qui le lorgna en retour.
— Bonjour mesdemoiselles, les salua-t-il.
Jessica se dirrigea vers les fauteuils pour ne pas avoir à tendre la main à ce Charles. Kelly lui décrocha un regard de reproche, avant de saluer son client.
— Ravis de vous rencontrer, monsieur Winston. Prenez place je vous prie.
Il se laissa choir sur le fauteuil à côté de Jessica.
— Je vois que vous avez rencontré Jessica Miller, la meilleure décoratrice d'intérieur que j'ai engagé jusqu'ici.
— Pour une décoratrice d'intérieur, votre employée n'est pas très accueillante, lança Charles Winston en décrochant à la concernée
un regard critique.
Comme leur regard se croisait, un courant électrique caractéristiques de leur mésentente parcouru la pièce. Kelly s'empressa donc d'intervenir.
– Excusez-moi une minute je vous prie.
Elle enjoignit son amie de la suivre à l'extérieur et tâcha de fermer la porte derrière elle.
— Jessica qu'est-ce qui te prends ? Tu oublies que c'est un client important ! Tu es toujours si attentionnée d'habitude.
— Pas quand on touche à ce qui m'appartient, rétorqua Jessica en croisant les bras sur la poitrine. Je ne lui permettrai pas de prendre cette maison. Elle m'appartient !
— La dernière fois qu'on en a parlé tu m'as dit que tu en avais encore pour cinq mois à tout payer. Ce monsieur à l'intérieur à déjà payer tout les frais Jessica. Il n'y est pour rien, tu devrais plutôt t'en prendre à l'agence.
— Soit sûr que je le ferai.
— Pour l'heure, nous devons travailler. Ce serait une aubaine de décorer la maison de Charles Winston, surtout si c'est toi qui le fait. Cela t'ouvriras plusieurs portes.
— La seule que je veux ouvrir pour le moment est celle de ma maison. Cette maison là.
Kelly souffla en passant la main sur le front.
— L'agence aurait dû te prévenir, vraiment. Mais ce qui est fait est fait et ne crois pas que je ne compatis pas mais tu sais aussi bien que moi que quand le travail m'appelle...
— Tu réponds, termina Jessica à sa place.
— Exactement.
— Très bien mais je ne m'occuperai pas de cette maison Kelly. Il est hors de question que je lui rende mes croquis ou que je travail pour lui.
— Je te prie d'assister à cette réunion et ensuite tu pourras prendre une décision.
Au moment où elle allait répondre, la porte s'ouvrit sur Charles Winston.
— Désolé de vous interrompre mais je ne peux me permettre de perdre du temps.
Pendant que Jessica le fusillait du regard, Kelly l'entraînait à l'intérieur du bureau.
— Monsieur Winston, avant tout je voudrais vous féliciter pour votre acquisition. Cette maison est une véritable beauté et nous nous ferons un plaisir de l'aménager à votre goût.
— Je vous remercie. Je n'ai entendue que du bien de votre entreprise et ai une totale confiance en vos capacités.
Ce compliment fit plaisir à Kelly.
— Tans mieux, répondit-elle en souriant. Jessica sera chargée de la décoration d'intérieur de votre maison. Vous pouvez être sûr qu'elle fait un travail remarquable.
Charles décocha à la jeune femme un regard en biais.
— J'ai cru remarqué une animosité en elle, si je puis me permettre. Si j'ai confiance en vos compétences, mademoiselle Cox, je peux vous assurer que votre employée ne m'a fait aucune bonne impression.
— Monsieur Winston...
— C'est la première fois qu'on me traite de Voleur de maison. J'aurais pu accepter cette insulte si j'avais réellement voler quelque chose mais je ne vois vraiment pas quoi.
— Je suis sûr que Jessica est désolée de cette bévue, n'est-ce pas ?
Jessica fit les gros yeux à son amie. Il était hors de question qu'elle s'excuse ! Ce type était un voleur, un point c'est tout !
— Jessica, n'est-ce pas que tu es désolée ? insista Kelly en lui faisant signe des yeux d'aquierçer.
— Oui, je le suis, répondit-elle en regardant Charles Winston droit dans les yeux.
Il émit un sourire en coin qui fit aussitôt regretter à la jeune femme de s'être abaissée en excuse.
— Vos excuses sont acceptées. Je suppose qu'il ne s'agissait que de simple mal entendu.
Jessica se contenta de grogné en réponse, et Kelly s'empressa de continuer.
— Maintenant que les présentations et les excuses sont faites, je peux vous laisser entre les mains de ma meilleure employée.
— Je suis désolée de ne pouvoir attendre plus longtemps, comme je vous l'ai annoncé lors de notre appel téléphonique, je ne dispose pas de beaucoup de temps. Mademoiselle Miller, voici ma carte, dit-il en sortant de la poche de sa veste un carré de papier blanc. Appelez-moi et nous fixerons un rendez-vous pour discuter.
Jessica prit le papier qu'elle enfuit dans la poche de sa chemise sans y jeter un seul regard. Il se leva en souriant et tendit sa large main à Kelly puis à Jessica.
— J'ai été ravis de vous rencontrer.
— De même, répondit Kelly en le racompagnant.
— Non mais pour qui se prend-t-il !? s'exclama Jessica dès qu'il fut partie.
— Tu t'es montrée très impolie avec lui, Jessie, souffla Kelly. C'est un miracle qu'il ne nous ai pas renvoyé tu t'en rends compte ?
— On a travaillé avec bien des hommes riche. Ce Winston n'est certainement pas le dernier qui nous embauchera.
— Nous sommes une entreprise sérieuse. Nous ne pouvons pas mélanger les sentiments et le travail.
Jessica comprenait bien son amie, mais c'était plus fort qu'elle. Avant même de le rencontrer, elle détestait ce Charles Winston. Et maintenant qu'elle avait croisé ses yeux bleus, sa bouche charnue qui s'était moquée d'elle, elle ne l'en détestait pas moins.
— Retourne donc au travail ma belle. Le week-end s'annonce, tu pourras te reposer.
Jessica souffla en se levant. Elle avait certes hâte d'être à demain pour profiter de son weekend, mais pour aujourd'hui, sa journée était bien gâchée.