Chapitre 4

2356 Words
Lorsqu'il se retourna, un long silence s'installa, au coup du quel Charles Winston semblait contempler chaque infirme partie de son visage, comme s'il cherchait une faille, ce qui l'horripila. Elle détestait ce genre de regard, elle détestait le comportement goujat dont il faisait preuve. Elle n'était pas parfaite et ne demandait pas à l'être. Qui l'était de toute façon ? — Monsieur Winston, le salua-t-elle de sa voix la plus professionnelle, c'est à dire parfaitement froide. Que me vaut le plaisir de votre visite ? Tout en parlant elle se dirigeait vers lui pour lui tendre la main. Il la prit et la serra fermement. — Vous ne m'avez pas fait signe durant ce weekend, dit-il en la regardant curieusement. — Je ne savais pas que j'étais sensée vous appelé ce weekend ? répliqua-t-elle en s'asseyant derrière son bureau. — Ne sommes nous pas tenue de discuter de mes désirs concernant l'aménagement de ma maison ? «Ma maison» se retint-elle de le corriger. — Bien sûr, monsieur Winston. Mais je ne travaille pas le weekend. — Ah. — Il est heureux que vous soyez là, dit-elle avec un entrain forcer. Je suis persuadée que cette maison est jolie mais ne pensez-vous pas que la distance pour aller jusqu'à votre bureau est trop long ? Charles ne cacha pas sa surprir face à cette remarque inattendus. — J'ai un bolide, je peux vous assurer que je serai à l'heure avec cette beauté. Je vous remercie de vous inquiéter, mais ce n'est pas la peine. — Il paraît que vous voulez acquérir la mer ? — Effectivement. — Hum. Et puis-je savoir ce qui vous a poussé à jeté votre dévolu sur cette maison en particulier ? Comme il la regardait avec méfiance, elle s'empressa d'ajouter : — Ces questions sont nécessaires pour avoir une idée du genre de décoration qui vous apprécierez. Il la contempla de nouveau, et au bout d'un moment, s'adossa contre son siège et pianota sur le bras du fauteuil avant de prendre la parole, son visage prenant soudainement un air plus sérieux. — Il paraît que vous avez déjà fait des croquis concernant la maison ? — Non ! s'écria-t-elle vivement, en ayant l'impression que cet homme essayait de lui voler également ses croquis. Il la regarda perplexe, avant que ses lèvres ne se déforment en un démis sourire. — J'ai dû me tromper alors. Mais dites-moi mademoiselle Miller. Vendredi dernier je n'ai pu élucider cette question mais ça m'a chiffonné tout le weekend. Pourquoi m'avoir traité de voleur ? Jessica retint sa respiration. — J'espère qu'un sosie ne vous a pas pris quelque chose qui vous appartenait. C'est arrivé une fois vous savez ? L'information est même sortie à la presse. Un type qui me ressemble comme deux gouttes d'eau est entré par effraction chez de riches personnes et a tenté de dérobé un tableau d'une valeur inestimable. Les pistes ont remonté jusqu'à moi mais heureusement le coupable a été arrêté sans que mon honneur en soit tâché. Balivernes ! Il pourrait bien y avoir des milliers de sosie de ce type assis en face d'elle, elle n'en voulait qu'à celui-ci. C'était bien lui, Charles Winston qui lui dérobait quelque chose ! — Je suis contente pour vous monsieur Winston. Mais comme je vous l'ai dis vendredi, tout ça n'était qu'un simple malentendu. — Bon, eh bien tans mieux. Je ne voudrais pas que vous ayez de griefs contre moi. Comme Jessica levait un sourcil incrédule, il ajouta : — En affaire, il faut toujours une bonne entente. Nous ne sommes peut-être pas partis sur de bonnes bases mais je crois qu'on pourrait relever la barre, qu'en pensez-vous ? — Monsieur Winston... — Charles. — Pardon ? — Appellez-moi Charles. Nous sommes amenés à travailler pendant un certain temps ensemble alors... — Cela n'empêche pas que je suis votre employée monsieur Winston, le coupa-t-elle en poussant vers lui un document. — Qu'est-ce que c'est ? s'enquit-il en l'ouvrant. — C'est un engagement qui stipule que nous somme à la charge de tous les travaux, si vous êtes d'accord bien sûr. Vous prendrez les décisions qui s'imposeront, mais seulement en cas de nécessité. En acceptant de signé, vous nous laissez carte blanche. Les ouvriers, les magasins, nous prenons tout à notre disposition. Charles sortit de la poche de sa veste, un stylo et signa au bas des quelques feuilles. — Mais... vous ne lisez pas ? s'étonna-t-elle en se redressant. Il rangea le stylo à sa place et s'adossa. — Si je n'étais pas certain de la capacité qu'a cette entreprise, je n'aurai jamais pu passer devant, signa-t-il d'une traite. — Ah, fit Jessisca, ne trouvant rien d'autre à ajouter. — A moins bien sûr que vous ne soyez pas aussi compétente que me l'a informé Kelly ? demanda-t-il en fronçant les sourcils. — Je suis fière de dire que je suis l'une des meilleures dans mon domaine, monsieur Winston. Ne vous inquiété surtout pas, ne put-elle s'empêcher de siffler entre ses dents. Il se leva soudain, et elle le regarda mi choquée mi étonner. C'était tout ? — Alors je vous fais confiance pour la suite. Je serai absent ces deux prochaines semaines, mais dès que j'ai le temps je pourrai arranger un rendez-vous pour qu'on se voit. Rendez-vous ? Il sembla remarqué son air ahuris puisqu'il reprit la parole. — Un rendez-vous de travail, mademoiselle Miller, precisa-t-il, semblant agacé. — Mais bien sûr, repondit-elle rapidement en se levant à son tour pour serrer la main qu'il lui tendait. Il baissa les yeux sur leurs mains, et elle remarqua qu'il scrutait ses doigts fin. — Mademoiselle Miller. — Monsieur Winston. Il lâcha sa main et se retourna vers la sortie. Avant qu'il ne passe la porte, celle-ci s'ouvrit à la voler, faisant apparaître une Kelly anxieuse. Elle semblait affoler et Jessica fronça les sourcils en voyant son amie ainsi. — Vous êtes là ! s'exclama-t-elle dans un sourire en serrant la main qu'il lui tendait. Monsion Winston, heureuse de vous revoir. — Tout le plaisir est pour moi. Je m'en allais justement, l'informa-t-il en arborant un sourire charmant. — Je vois ça. Et euh... — Tout c'est très bien passer. Mademoiselle Miller et moi seront en contact, dit-il en se retournant pour regarder la jeune femme qui se tenait toujours débout derrière son bureau. — Vous m'en voyer ravis, répondit Kelly en lui rendant son sourire. — Passer une excellente journée. — Pareil à vous. Dès que la porte se fut fermer derrière lui, Kelly se dirigea presque en courrant vers son amie. — Quand Michelle m'a informé que tu étais avec Winston, j'ai bien cru que ç'en serait finit de cette entreprise, dit-elle en riant nerveusement. — Je ne te ferai jamais un coup pareil, sois tranquille, répondit Jessica en souriant. Je comprends mieux pourquoi tu es rentrée comme une furie dans mon bureau. Charles Winston a bien failli se prendre la porte dans le nez, ce qui aurait été une scène superbe. — Jessica, souffla Kelly sans toutefois s'empêcher de sourire. Alors, c'était comment ? — Il a signé les documents, informa-t-elle en chaussant ses lunettes. Kelly roula des yeux. — Ce n'est pas le plus important, tu le sais. Ce que je demande, c'est comment se fait-il que rien ne soit sens dessus dessous, et surtout, que Winston ait toujours sa veste en place. Jessica ri de bon cœur et secoua négativement la tête. — Plus sérieusement, c'était comment ? Tu lui a dis que tu convoitais la maison ? — Oh non. Il a signé le contrat et entend prendre rendez-vous avec moi dès son retour de voyage dans deux semaines pour qu'on discute des plans. — Si c'est tout alors je me suis inquiétée pour rien. Tu as été plus professionnelle que le vendredi. — J'étais en rogne Kelly. Et je me suis bien retenue de lui craché ma colère au visage aujourd'hui ! — J'ai vraiment cru que travailler sur ce projet te seras bénéfiques. Ç'aurait été injuste que quelqu'un d'autre aménage cette maison. J'ai vue tes croquis et ils sont fabuleux. — Ne crois pas que je vais m'en servir pour lui. Jamais. — Que penses-tu faire alors ? Jessica était tellement excitée à l'idée d'avoir cette maison fabuleuse qu'elle avait fait une grande partie des croquis concernant les nouvelles décorations des pièces. Elle y avait travaillé dès le premier jour de la visite. En quittant la maison, elle en avait des paillettes pleins les yeux et c'était avec passion qu'elle s'était mise au travail. Aujourd'hui tout ça ne correspondait qu'à un temps perdu, un rêve qui ne s'achèverait pas. Tout ça à cause d'un homme riche qui se payait sa tête. Jessica s'adossa dans son fauteuil tout en réfléchissant à ce qu'elle allait faire maintenant. — J'ai encore deux semaines, j'y réfléchirai à tout ça, repondit-elle en se massant sa nuque. — Réfléchis bien alors. Je te laisse, dit Kelly en se levant. Je suis dans mon bureau si tu as besoin de quelque chose. Une fois seule, Jessica essaya de réfléchir. Elle ne savait vraiment pas quoi faire, et cela la chiffonnait. Pourquoi n'avait-elle pas simplement refuser d'écouter ce type ? Elle aurait dû lui dire le fond de sa penser, lui dire clairement qu'elle ne ferait pas ce travail. À présent, revenir sur ses mots lui semblait un autre grand problème à résoudre. Une idée germa soudainement dans son esprit, et elle l'enferma dans un coin de son cerveau. Plus tard elle y réfléchira, mais pour l'heure elle avait du travail à finir. Dans la soirée, son travail terminé, elle se rendit dans le bureau de Kelly pour l'informer qu'elle s'en allait. — Je rentre, tu as finis ? demanda-t-elle en passant sa tête par la porte. Kelly releva le nez de ses documents pour porter attention à la jeune femme. — Non, j'ai encore quelques fichiers à remplir et c'est tout. D'ici une heure je serai rentrée. — Ne travaille pas trop non plus, lui conseilla-t-elle dans un sourire complice. Tu risques d'être fatiguée. — Si j'arrive à gérer Chelsea et Audrey, ce n'est certainement pas des bouts de papiers qui auront raison de moi ! réplica-t-elle. — Sur ce point tu as raison. On se dit à demain alors ? — Oui, au-revoir ! De retour chez elle, Jessica prit une bonne douche et vint s'assoir à son bureau, en peignoir et un verre de vin rouge en main. Elle prit l'ordinateur et sorti du tiroir son catalogue, où elle y avait rangé tous les croquis concernant les aménagent qu'elle avait fait. Là, reposaient les croquis de la maison de la plage. En les voyant, elle en fut si émut qu'elle dû refoulé une larme. Qu'est-ce qui lui avait pris de faire ça ? Elle avait toujours été impulsive et même si cela lui avait toujours fait défaut, jamais elle n'avait pu abandonner ce mauvais caractère. Après tout elle en était un peu fière, car elle l'avait hérité de son père. Depuis sa plus jeune enfance, Jessica avait toujours foncée tête la première vers ses objectifs. Son père, à l'époque, lui murmurait à l'insu de sa mère, qu'elle devrait foncée sans pensé aux conséquences. Sa mère, nullement de cet avis, lui interdisait de se comporter de la sorte. Une jeune fille se doit d'avoir la tête sur les épaules, afin d'éviter quelque petits malheurs. Chacune des sœurs Miller connaissait cette phrase par cœur, et pourtant, jamais Jessica ne l'avait écouté, ce qui lui avait coûté un cœur brisé. Voyant que ses pensées lui échappaient, Jessica se changea les idées, en saisissant un crayon et se pencha sur les plans d'une maison à New-York. Elle apporta de petites modifications à ses croquis, changea l'emplacement de certains meubles et en représenta de nouveaux. D'ici quelque semaineq elle aura terminé avec ses plans, et elle pourra s'occuper d'autres projets. Pendant qu'elle travaillait activement, l'idée qui avait éveillée ses sens plus tôt dans la journée vint titiller son esprit une seconde fois, et elle se demanda si elle ne devrait pas s'y référer. Après tout cela pouvait marcher. Mais s'il n'était pas d'accord, alors elle passera au plan B. Elle en était peu fière, mais elle était disposée à faire se petit sacrifice. Avec un peu de chance elle aurait peut-être ce qu'elle voulait et ainsi elle prouvera à sa mère qu'elle était bien capable de se débrouiller toute seule. Depuis l'inccident nommé Dave Johanson, sa mère la prenait pour une fille fragile qui avait sans cesse besoin de protection. Mais elle n'était pas de cet avis et elle le lui avait bien prouvé. Néanmoins sa mère persistait à croire que refaire sa vie était la meilleure solution pour soigner ses blessures. À croire qu'il suffisait qu'un homme l'aime pour que tout ailles bien dans sa vie. Elle ne nierait pas qu'elle avait peur de s'engager, et c'était pour cette raison qu'elle sortait avec peu d'hommes. Cependant, pour ne pas donner l'impression d'être une femme renfermée et acariâtre, elle acceptait quelques invitations galantes. Même dans le cas où elle envisagerait de s'engager - ce qui n'était nullement le cas - aucun de ceux avec qui elle avait pu dîné ne l'avait plus. Un jour, se souvient Jessica en souriant, elle était allée jusqu'à mentir, prétextant s'occuper de sa fille pour éviter de passer la nuit dans l'hôtel d'un homme séduisant que lui avait présenté Kelly. Elle voulait d'une relation sérieuse, et non batifoler comme une adolescente en pleine crise. Elle avait bien dépassé cette étape même si elle était encore jeune et pouvait se permettre ce luxe. Une aventure sans lendemain n'avait jamais fait partie de ses plans et n'en fera jamais partie, et si cette fois elle devait s'engager, ce devrait être pour la vie. Or cela n'était pas près d'arrivé, du moins pas sur cette terre. Pas après la leçon qu'elle avait reçu. Jessica balaya de son esprit l'image de ses affreux souvenirs, Dave et cette femme, et continua son travail, en essayant de se vider l'esprit. Elle finit par dormir en priant les saints pour que Charles Winston accepte sa proposition.
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