taximan, je voudrais seulement m’en assuré si j’ai bien entendu votre réponse. Vous avez l’air un peu préoccupée, je suppose ? Qu'est ce qui vous dérange.
— Ce qui me dérange, dit-elle, c’est ta façon de parler qui me semble un peu grossière et étrange.
— Je pense que je n’ai rien dit de mal qui puisse te mettre dans tous tes états, dit-il.
— Mais, monsieur, vous êtes allé plus vite que la musique, dit Bruno. Le respect de soi et d’autrui passe avant tout et il est gratuit et ça ne s*****d pas. Cette femme, c’est ma patronne et elle n’est pas du genre à accepter les plaisanteries et encore moins quand elles sont de mauvais goût.
— Excusez-moi, monsieur-dame, dit-il. Mon intention n’est pas ce que vous pensez. Mon devoir moral, est non seulement de vous amener là où vous désirez aller, mais aussi de vous éclairer sur certaines choses que, peut-être, vous ignorez.
— Comme quoi ? demanda Bruno.
— Comme l’arnaque et l’escroquerie, dit-il, qui est monnaie courante dans ce genre d’endroit fréquenté par des faux trafiquants et contrebandiers de seconde zone qui ne respectent pas leur engagement.
— Et comment tu fais pour savoir ce qui se passe dans ce genre de lieu ? demanda Layla.
— Moi, avant d’être chauffeur de taxi, dit-il, j’ai travaillé plusieurs années dans ce cabaret et je connais les rouages des affaires illicites conclues dans ce milieu. Si jamais vous avez besoin de quoi que ce soit, prenez mon numéro de téléphone et appelez-moi quand vous aurez besoin de mon aide.
— Ce dont j’ai besoin est une nécessité impérieuse et ça ne peut pas attendre, dit Layla.
— Alors, dites-moi ce que vous voulez, dit-il.
— Je veux m’acheter un pistolet, avoua-t-elle.
— Tu peux compter sur moi, dit-il. J’ai un ami qui fréquente encore ce cabaret. Il peut vous servir d’intermédiaire pour l’achat de l’arme que vous souhaitez avoir. Mais ne vous avisez pas à lui demander des renseignements sur le livreur dont il décline le fait de vous donner le moindre détail sur son identité.
— Je ne lui demanderai rien qui puisse le mettre dans l’embarras ou lui porter préjudice, dit-elle..
— Alors, dès que vous descendez du taxi, dirigez-vous vers cet immeuble et faites semblant de chercher quelqu’un à une adresse qu’il vous a donnée. Moi, j’entrerai dans ce cabaret pour chercher l’ami en question.
Dès qu’ils se sont approchés de l’édifice pour détourner l’attention des regards curieux, un type d’une trentaine d’années les aborda sans la moindre hésitation et dit :
— Monsieur-dame, que puis-je pour vous ?
— Nous cherchons cette adresse, dit Layla en lui tendant un bout de papier où ils ont griffonné des coordonnées erronées.
Après avoir jeté un coup d’œil sur cette adresse, l’homme en question leur dit :
— Votre adresse est fausse et vous devez chercher ailleurs. Mais dites-moi, vous ne l’avez pas montrée au chauffeur de taxi
qui vient de vous déposer dans un endroit où l’on ne vend que des produits de contrebande. Ce cabaret que vous voyez là est le point de rencontre de toutes les catégories de personnes qui s’activent dans le t**************e et la vente illicite d’armes à feu. Si vous êtes intéressés par quoi que ce soit, je peux vous aider à dégoter ce que vous désirez.
— Merci, jeune homme, dit Bruno, je crois que tu te trompes sur notre compte. Nous ne sommes pas les bonnes personnes que tu cherches. Notre venue ici n’a rien à voir avec ce que ces gens font.
— Laisse-le parler, dit Layla, cet homme pourrait nous être utile. Il connait à ce que je pense les rouages de ce genre de milieu où l’on se permet de vendre tout.
— Tu as bien raison, madame, dit le type. Ici, de peur de ne pas sombrer dans le chômage et l’oisiveté, les gens, qui n’avaient pas fait d’école tout comme ceux qui ont arrêté leurs études sur un coup de tête ou par manque de moyens financiers, s’adonnent au trafic pour subvenir à leurs besoins.
— Et tu trouves, monsieur, que cette raison est suffisamment valable pour qu’ils exercent ce genre d’activités ? demanda le jardinier, qui se tut en voyant revenir le chauffeur de taxi qui lança à l’adresse de son ami :
— Je t’ai cherché dans tout le cabaret, mon pote. Est-ce que tu connais ces gens ?
— Non, non, répondit le type. Ces gens sont à la recherche d’une adresse qui n’existe pas ici.
— Ces gens ont besoin d’un pistolet et ils ne savent pas où donner de la tête. Alors, je les confie à toi, mon pote.
— Ok, je m’en charge. Merci mon ami, dit-il en demandant à Layla de le récompenser.
Elle ouvrit son hand bag, en tira un billet de banque et le lui mis dans le creux de main. Le taximan la remercia du fond du cœur et se dirigea vers son véhicule.
Sans vouloir perdre plus de temps à négocier le prix de l’arme en question, Layla préféra que les choses se passent sans le moindre atermoiement. Le type, qui avait l’air sérieux, s’absenta pendant une demi-heure et revint avec le pistolet qu’il avait pris soin de cacher dans du papier cadeau ficelé avec un ruban rouge.
Après avoir vérifié le contenu de son paquet dans un coin abrité des regards, payé son achat et pris possession de l’arme, Layla et son jardinier rentrèrent à la maison et chacun se dirigea vers sa chambre sans que personne ne se rendît compte de leur retour.
Sans vouloir rouvrir le paquet, Elle le rangea tout de suite dans le tiroir d’une commode fermant à clé. La serveuse qui s’est rendu compte de sa présence vint frapper à sa porte pour lui servir à manger et recevoir, le cas échéant, de nouvelles instructions.
Quand elle s’annonça derrière la porte verrouillée à double tour, la maîtresse de maison, qui était en train de se changer, lui ordonna d’attendre. Elle la laissa poireauter plusieurs minutes avant de lui ouvrir en disant :
— Qu’est ce que tu veux ? Je ne veux pas que tu me racontes des histoires.
— Non, madame, dit-elle. Je suis seulement venue vous voir pour d’autre chose.
— Alors, c’est quoi cette chose ? dit-elle.
— Votre déjeuner, madame, est prêt, voulez-vous que je le sers.
— Ecoute, Nora, moi, je n’ai pas faim pour l’instant, j’ai seulement envie de boire un jus d’orange, mais pas maintenant avant que je douche.
— Entendu, madame, vos désirs sont des ordres. Excusez-moi, dit-elle avant de refermer la porte.
Quand la serveuse rentra dans la cuisine, Bruno était là en train de dévorer tout le repas qui aurait dû être servi à la maîtresse de maison. Pour l’arrêter sur le champ, elle se mit à lui crier dessus, mais comme le disait le proverbe latin: « ventre affamé n’a point d’oreilles. »
— Est-ce que tu n’as pas honte de n’en faire qu’à ta tête ? dit-elle.
— J’ai une faim de loup, Nora, dit-il et je n’ai pas pu résister à tenir le coup toute la journée sans avoir rien mis sous la dent.
— Et qu’est ce que je vais dire à madame Layla si jamais elle me demande de lui servir son repas ?
— Et qu’est ce que j’ai à voir, moi, avec cette folle, qui n’en finit pas de me casser les pieds ? dit-il.
— Tu ne te rends pas compte que tu as mis la main sur ce qui est intouchable ? dit-elle.
— Qu’est ce que tu veux dire ? demanda-t-il.
— Si tu ne veux pas comprendre, dit-elle, je vais lui en toucher un mot à propos de ton insolence et manque de respect vis-à-vis de sa patronne.
— Excuse-moi, Nora, je n’ai pas fait attention parce que cette marmite ne porte aucune étiquette en son nom.
— Mais, bon sang ! dit-elle. Regarde, elle est différente des autres. Mais comme tu ne fais pas preuve de raison, je te considère comme étant un animal vorace qui ne sait pas faire la part des choses.
— Cesse de m’insulter, Nora. J’ai plus d’importance que toi dans cette maison. Il viendra un jour où monsieur Mateo me léguera une petite part de ses biens et je deviendrai, à coup sûr, le jardiner le plus riche de l’île.
— Et, moi, je serai la première serveuse qui te félicitera, dit-elle. Mais il ne faut pas tabler sur des choses qui semblent incertaines à fortiori. Tu n’as aucun lien de sang avec cette famille et tu te mets déjà dans la tête l’idée que le patron te fera un don purement et simplement.
— Puisque tu doutes déjà que ce ne sera jamais le cas, faute de lien de sang, dit-il, je te donnerai raison le jour où le patron aura distribué une part de sa fortune uniquement sur ces trois enfants.
— Mise à part madame Layla, dit la servante, nous deux autres, nous ne sommes que des employés qui ne peuvent gagner leur pain que sur la sueur de leur front. Débarrasse-toi donc de tes illusions et va te coucher. Moi, je vais voir si cette folle veut manger quelque chose.
Quand Nora frappa à la porte, Layla ne lui répondit pas à la seconde. Elle était occupée à vérifier encore une fois son arme, à apprendre à la manipuler, la soupeser et à l’examiner. Et ce n’était qu’après lui avoir fait attendre un bon laps de temps qu’elle dit :
— Qu’est ce que c’est ?
— C’est, Nora, madame, dit-elle.
— Qu’y a-t-il, bon sang ? cria-t-elle.
— Votre repas, madame, dit-elle.
— Tu peux le donner à Bruno ou au chien, dit-elle.
— Entendu, madame, dit-elle.
— Alors, va t’en ! dit-elle. N’y reviens plus me déranger. Je n’ai pas la tête à tes âneries.
XI
Deux semaines plus tard, Layla téléphona au détective privé pour s’enquérir des résultats de ses investigations. Celui-ci lui répondit que cette enquête n’est pas des plus faciles à mener. Il lui demanda de lui de patienter et de le laisser faire son travail comme il se doit sinon il ne pourra pas, dit-il, y arriver.
Afin de reléguer cette affaire de sa sœur et l’homme de caverne qui la dérangeait tant, elle se concentra sur les dernières nouvelles qui circulaient à propos du projet de mariage de Mateo qui se prépara à demander la main de Sophie à ses parents et l’épouser le plus tôt possible.
En vue de lever le doute et s’assurer du bien fondé de ce qu’elle considérait comme étant une chose probable, elle se mit à se renseigner auprès de certains employés qui travaillaient aux côtés de la secrétaire.
Ceux-là, qui faisaient partie de ses contacts préférés, lui ont confirmé qu’il n’y a pas de fumée sans feu et qu’ils étaient au courant d’une certaine idylle entre le patron et sa secrétaire, mais que ces derniers temps les choses avaient tellement pris une autre dimension que leur relation amoureuse était devenue de plus en plus sérieuse et solide.
Pour en être encore plus sûre, Layla alla dans la chambre de Laura. Sans prendre le temps de frapper à la porte, elle la poussa et entra pour s’informer et lever toute équivoque auprès de sa nièce qui dit en la voyant arriver :
— Quel plaisir de te voir, ma tante. Tu étais trop occupée ces derniers jours pour rester éloignée de nous. Que t’arrive-t-il pour que tu te comportes en étrangère dans cette maison ? Est-ce que tu te languis de l’absence de notre mère qui reste toujours énigmatique ? Veux-tu être sincère avec moi et me dire tout ce qui te pèse sur le cœur ?
— Celle qui doit être sincère à présent, c’est toi, ma fille, dit-elle. Moi, je suis venue te voir non seulement pour m’enquérir de ton bien-être, mais aussi d’une chose si ardue qui va peut-être chambouler notre vie dans cette maison si l’on ne prend pas nos précautions au moment propice.
— Veux-tu être explicite, ma tante ? demanda-t-elle. Moi, je n’ai rien compris où est ce que tu voulais en venir.
— Les nouvelles qui circulent à propos de ton père, dit-elle, sèment le doute dans mon esprit et me mettent la puce à l’oreille. Tu ne te rends pas compte des conséquences de telle folie.
— Attends, ma tante ! De quoi tu parles ?
— Est-ce que tu fais l’ignorante ? dit-elle tout en ayant la gorge sèche et l’estomac noué. Tu ne savais pas que ton père va se marier avec cette secrétaire qui fait la sainte nitouche.
— Et si c’est le cas, pourquoi tu t’inquiètes tant à son sujet ? Mon père est majeur et vacciné et il sait ce qu’il fait. Sa vie ne t’appartient pas pour que tu l’empêches de la refaire avec une autre femme. Ne sois pas si dupe et stupide, ma tante. Est-ce que tu ne crois pas pour une fois à la liberté de conscience ?
— Il peut être libre en d’autres choses qui ne touchent pas à la dignité de la famille, dit-elle. Là, j’en suis tout à fait d’accord. Mais, s’agissant d’un cas exceptionnel qui mérite d’être diabolisé, condamné et repoussé, nous ne devons pas nous réjouir et accepter ses folies.
— Excuse-moi, ma tante, je ne suis pas de ton avis. En ce qui concerne ce projet de remariage de mon père, j’étais la première à l’encenser et d’ailleurs, c’est à mon instigation que cette union va avoir lieu.
— Tu ne diffères en rien de ton père, dit Layla, vous êtes du même acabit comme deux apostats qui méritent un certain ostracisme.
— Cesse de jouer sur les mots, ma tante, dit Laura. Je pense que tu as perdu la tête et que tu as besoin en l’occurrence d’un psychiatre qui t’aidera à reprendre la notion de la réalité.
— Tu n’es, toi aussi, qu’une g***e, cria sa tante.
Laura, qui était une fille calme et sereine, sortit de ses gonds et se mit à crier de toutes ses forces en traitant sa tante de sale hypocrite.
— Va t’en ! dit-elle. Sort de ma chambre. Je n’ai plus envie de te voir.
Mateo qui venait de rentrer à la maison en compagnie de sa future fiancée alla voir ce qui se passe dans la chambre de sa fille.
Dès qu’il mit le pied sur le pas de la porte, il croisa Layla et dit :
— Qu’est ce qui se passe chez moi ? Pourquoi tu t’en es prise à ma fille ? Tu es devenue folle ?
— Ta fille n’est plus celle que j’ai éduquée. Elle est devenue grossière et insolente.
— Et tu penses que je vais te croire ? dit-il. L’insolente, c’est toi. Mets-le dans la tête une fois pour toutes. Depuis que j’ai commis l’erreur monumentale de t’avoir accordé mon aval de prendre soin de mes enfants et de gérer la situation à la maison, notre vie s’est transformée en un cauchemar infernal. Je regrette amèrement le jour où je t’ai laissée vivre avec moi sous le même toit. Demande-moi tout ce que tu veux et je ne le te refuserai pas, mais à condition que tu prennes tes bagages et que tu t’en ailles de chez moi.
— C’est mon chez moi aussi et je ne partirai nulle part quoi que tu fasses, dit-elle. Celle qui doit partir, c’est cette sainte nitouche que tu n’as pas honte d’emmener à la maison.
— C’est la maison de mon futur époux, dit Sophie, et j’ai le plein droit d’être là matin et soir et à chaque fois que ça me chante. Et vu ton statut social au sein de cette famille, tu loin d’être la personne la plus indiquée à m’interdire l’accès dans cette maison. Alors comprends-le une fois pour toutes et écarte-toi de mon chemin parce que tu ne peux pas m’empêcher de me marier avec l’homme que j’aime.
— Je pense que tu as tout compris, dit Mateo. Sophie était ma secrétaire depuis longtemps, mais maintenant elle va devenir mon épouse que tu le veuille ou non. De toute manière, ton avis sur ce sujet ne m’importe pas qu’il soit positif ou négatif.
— Je comprends maintenant pourquoi ma sœur a disparu et partant, je n’exclus pas le fait que tu sois probablement le commanditaire principal de son e********t.
— Puisque tu détiens toutes les preuves irréfutables à l’appui, qui te donnent le droit de me présumer coupable, va tout de suite me dénoncer à la police et tu obtiendras si vite gain de cause. Mais avant de faire quoi que ce soit, sache bien qu’en m’impliquant dans une affaire dont je ne suis nullement responsable, tu vas commettre la pire des choses dans ta vie. Alors, c’est à toi de décider.
— Ma sœur, dit-elle, est encore vivante et d’ici peu j’aurai toutes les preuves suffisantes qui permettront de mettre la main sur le vrai coupable.
— D’ici peu, tu n’auras plus ta place dans cette maison, dit-il. C’est mon épouse qui va s’occuper de tout.
— Cette g***e que tu as choisie comme épouse ne fera pas long feu. Elle te quittera dès les premiers mois de ton mariage quand elle se sera rendu compte que tu n’es pas l’homme qu’il lui faut pour faire sa vie. Va consulter un spécialiste qui découvrira en toi des lacunes physiologiques dont tu ignores l’existence.
— Cesse de déblatérer, espèce de psychopathe, dit Sophie, mon futur époux est en bonne et due forme et celle qui devra se rendre au cabinet d’un psychiatre, c’est bien toi. Qu’est ce que tu veux de lui ? Dis-le franchement !
— Je ne veux pas que tu entres dans cette maison, dit-elle, pour semer la zizanie et encore moins prendre la place d’une autre, qui ne te revient pas.
— Je te rappelle, à titre indicatif, qu’entre Mateo et moi, il existe une profonde complicité amoureuse enracinée que ni toi ni personne d’autre ne peut extirper. Alors, ne perds pas ton temps à essayer de te mettre entre un homme et une femme qui s’aiment pour les séparer.
— Devant cet échange de mots accablants, Laura, qui resta silencieuse, sortit de sa coquille et dit :
— J’ai cru entendre que ma mère est encore en vie. Est-ce que c’est vrai, papa ?
— N’écoute pas, ma fille, les présomptions de ta tante. Elle n’a aucune preuve ni évidences de ce qu’elle avance.
— Ecoute ton père, ma puce, dit Sophie. S’il est une personne qui s’inquiète du sort de ta mère en ce bas-monde, ce sera bien ton père. Ta tante, ne fait que raconter des ragots, qui ne tiennent pas debout, histoire de polluer l’ambiance familiale et encore moins de semer le doute dans vos esprits et s’interposer à notre bonheur.
— Tu n’es pas habilitée à juger mes actes, sale g***e, dit Layla. Je te rappelle que mes yeux ne peuvent pas mentir quand je vois un objectif qui se profile devant moi à une courte distance.
— Ce que tu as vu n’a rien à voir avec Emma, dit Mateo. Il se peut que ce que soit à fortiori un sosie.
— Et que pensez-vous de cet homme de caverne qui me passe le plus souvent des appels intermittents au beau milieu de la nuit ? dit-elle.
— Qu’est ce qu’il te dit ? demanda Mateo.
— Rien qui t’intéresse, dit-elle en s’alarmant.
— Alors, va porter plainte au poste de poste de police, dit Mateo.
— Je ne le ferai que quand ça sera nécessaire, dit-elle.
— Si tu ne veux pas le faire, dit-il, moi, en tant qu’époux légitime, je vais me charger en personne de demander à ce que l’on ouvre une nouvelle enquête pour que cette situation soit éclaircie une fois pour toute. Bien que ma femme ne donne aucun signe de vie depuis belle lurette, je ferai des mains et des pieds pour que justice soit rendue.
Layla, qui ne croyait pas aux promesses mensongères de Mateo, s’accrochait à l’idée que sa sœur, qui l’a dépouillée, avant de disparaître, de sa part d’héritage, dilapidée dans des dépenses inutiles, était bel et bien vivante et qu’elle allait revenir un jour à la maison.
Et puisque le retour d’Emma ne valait aucun intérêt particulier, elle a décidé de mettre en place un plan d’action qui lui permettrait de prendre sa revanche sur elle. Elle faisait une fixette sur Mateo en croyant qu’au cas où elle réussirait à le séparer de sa secrétaire qu’il adorait tant, elle pourrait gagner son estime en travaillant dur à la maison et le séduire in fine pour devenir la maîtresse de maison.
Laura, qui assistait à ce genre de dispute qui ne mènerait nulle part, invita les antagonistes à se réconcilier pour le mieux tout en laissant derrière eux tous leurs différends inutiles.
En respectant la médiation judicieuse de sa fille, Mateo lança à l’adresse de Layla :
— Ecoute-moi, belle sœur, cela fait plusieurs années que tu vis avec nous sous le même toit et je ne t’ai jamais manqué de respect. Comme tu le savais, ma relation avec ta sœur, qui connaissait des hauts et des bas, était souvent au creux de la vague et si elle a disparu de la surface de la terre, je n’en suis pas responsable. Moi, aussi, tout comme vous tous, je n’ai pas cessé de me languir d’elle parce que c’est mon épouse et encore moins la mère de mes enfants.
— Et puisque tu penses à tes enfants, pourquoi tu décides de te marier avec ta secrétaire plutôt que d’ouvrir les yeux davantage et de voir plus loin que le bout de ton nez. Cette femme que tu nous présentes comme ta future épouse ne se mariera avec toi que par intérêt. Son premier objectif, c’est d’exercer de l’ascendant sur toi et de s’emparer de tous les biens de notre famille.
— Si tu penses vraiment que je vois avec un œil de convoitise ce qui appartient à autrui, dit Sophie, tu te mets le doigt dans l’œil. Je suis une femme et j’ai le droit de me marier avec celui que je veux, quel soit riche ou pauvre, ça n’a pas plus d’importance que et amour fort que je ressens pour lui.
— Ce n’est pas vrai, sale hypocrite, dit Layla. Ce que tu veux, c’est son argent. A première vue, il me semble vraisemblable qu’il y a duplicité d’action dans ta stratégie de femme, manipulatrice, malicieuse et douée dans le jeu des tours d’escamoteuse. En étant comme telle, tu veux le beurre et l’argent du beurre et le sourire de la crémière. Autrement dit, tu veux avoir le lard et le cochon. Le jour où tu poseras le pied dans cette maison, tu signeras ton arrêt de mort.
— Alors, ça suffit, j’en ai assez de tes menaces, tu te comportes comme si tu possèdes tous les droits sur ma famille. Tu n’as que quelques minutes pour plier bagages et t’en aller de chez moi. Tu m’entends ?
— Tes menaces ne me font pas peur, cria-t-elle. Moi, contrairement à l’avis des autres, je sais ce que tu es et je te rappelle que sous tes dehors débonnaires ne sommeille qu’un véritable monstre lascif.
Ne supportant plus les insultes de sa belle sœur, Mateo demanda à sa fille d’aller chercher le jardinier et la servante. Quand ceux-là arrivèrent, il se tourna vers eux et dit :
— Ecoutez-moi, vous deux. Cette femme, qui s’appelle Layla et que vous prenez pour la maîtresse de maison, est déclarée dès cet instant persona non grata et elle ne réjouit plus du droit de cité dans cette maison. Je vous ai appelés pour que vous l’aidiez à ramasser toutes ses affaires et à quitter ces lieux immédiatement.
Bruno, qui avait toujours du respect de la part du patron de la maison, jugea que cette décision de chasser Layla n’était pas le fruit d’une mûre réflexion.
Ainsi, afin d’obtenir gain de cause auprès de Mateo, il se prosterna à ses pieds pour le supplier de se faire un point d’honneur de reconsidérer cette excessive rigueur et de ne pas faire tout un pataquès pour que Layla soit renvoyée à cause de ce petit incident.
Mateo, qui avait soit disant un cœur d’enfant, n’a pas pu décliner les supplications de son jardinier et encore moins de sa fille. Mais il se ravisa à contre cœur en considérant sa décision comme étant nulle et non avenue.
Janis et Luka, qui entrèrent dans la chambre de leur tante, constatèrent qu’elle avait l’air dépité et que silencieusement, elle versait des larmes qui dégoulinaient sur son visage.
Ayant remarqué qu’elle était en train de faire ses valises, les deux garçons se regardèrent l’un l’autre sans se dire quoi que ce soit. Avant qu’ils ne s’avisassent de lui poser la question de savoir pourquoi elle était dans de tels états, Layla se tourna vers eux et dit :
— C’est peut-être la dernière fois que je vous vois, mes petits garçons. Ma place n’est plus ici. Je suis de trop dans cette maison.
— Qu’est ce qui t’arrive de mal pour que tu t’en ailles de la maison ? demanda Janis.
— C’est à cause de votre père et de sa sainte-nitouche, expliqua-t-elle. Il a décidé de me chasser de la maison pour faire plaisir à sa secrétaire.
— Non, non, tu ne vas nulle part, dit Luka en lui arrachant des mains les vêtements qu’elle était en train de fourrer nerveusement dans ses valises.
— Laissez-moi partir, mes garçons, avant que les choses ne s’empirent. Entre votre père et moi, il n’existe plus aucune entente ni respect. Le mieux pour moi, c’est de m’éloigner le plutôt possible de cet endroit pour vous laisser entre les mains de cette secrétaire qu’il a choisi pour épouse.
— Qu’est ce que tu dis ? demanda Luka.
— Si vous ne le saviez pas, je vous le dis à cor et à cri. Votre père a déjà pris la malheureuse initiative de se remarier sans prendre l’avis de personne, hormis Laura qui était bel et bien à l’origine de ce projet.
Bien que les deux garçons aimassent leur père, l’amour inconditionnel qui n’avait pas d’égal et qu’ils portaient à leur tante était des plus forts.
Contrairement à Laura, qui était très attachée à son père depuis toute petite, Janis et
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