La foi, c'est un cran d'arrêt dans la course à la vérité. Une chose est être avide de foi, une autre être avide de vérité. Je voudrais bien pouvoir croire, disent les uns. Et, s'ils y parviennent, leur crise est terminée. Mais les autres n'en ont jamais fini de chercher et d'attendre dans le tourment.
Attendons-nous à trouver dans le monde peu de bonne foi, peu de probité, peu de désintéressement, peu de vérité, peu de justice. Nous prendrons ainsi, dans les occasions importantes, toutes les précautions que la prudence peut suggérer pour n'être la dupe de personne.
Cette foi là était chose inconnue à khadija qui ne s'occupait que de sa propre personne.
L'égoïsme , la préoccupation exclusive du moi ; l'homme alors, rapportant tout à lui seul, est son parent, son ami, son serviteur, ferme sa main aux besoins des autres, ou leur est utile en vue de son avantage particulier ; c'est l'intérêt personnel servant de règle unique à l'individu dans toutes les circonstances de la vie.
Les biens acquis par l'égoïsme sont comme des fruits qui jonchent la terre et y pourrissent aux yeux des nécessiteux , car il aime mieux les gaspiller ou les laisser perdre que d'en voir jouir les autres.
Khadija était tout ce qu'il y a de plus faux, tout en elle était artificielle.
Une femme sans scrupule, prête à tout pour obtenir ce qu'elle veut.
Elle était dans sa chambre en train de se faire les ongles. Elle n'a jamais participée au travail de la maison, pour une fille de son âge elle ne sait faire aucune tâche ménagère.
Elle fut interrompue par la bonne fatou qui en a vu de toutes les couleurs avec elle.
- mademoiselle votre mère m'a demandé de vous dire de venir pour que je vous apprenne comment cuisiner.
- quoi? Tu crois vraiment que j'ai ce temps là moi, espèce de folle tu n'a pas vu que je me faisais les ongles. Mes pauvres petit ongles tu veux que je m'en casse une où c'est comment.
- mais madame m'a dit...
Elle se leva d'un bond et se mit en face de fatou en la défiant du regard et un sourire au coin.
- écoute moi bien , je m'en fou de ce que ma mère a dit, tu n'es qu'une simple bonne dans cette maison alors reste à ta place. Tu as oublié que c'est mon père qui te paye, sans lui tu n'aurais pas un centime. Fais bien attention à toi car je peux être la pire des peste quand je le veux et ce serai dommage que tu te fasses virer alors que tu as 4 bouches à nourrir plus ton incapable de mari aveugle qui ne sert à rien, maintenant dégage de ma chambre avant que je ne m'en charge moi même .
- mademoiselle je suis peut être une bonne mais je demeure avant tout un être humain. J'ai ma dignité moi contrairement à vous, je ne vais jamais accepter de me faire insulté ou rabaissé de la sorte quitte à perdre mon travail. Ne dit on pas qu'il n'y a point de sous métiers,le métier de ménagère est un travail noble parmi tant d'autre et je gagne mon argent à la sueur de mon front. Je ne dois rien à personne et je suis indépendante. Si vous n'avez aucun respect envers moi soit mais respecter au moins votre mère.
Lorsque ceux qui commandent ont perdu la honte, ceux qui obéissent perdent le respect.
Les pauvres,les fous, les immigrés, les handicapés. Tout le monde se fiche d'eux sauf quand il s'agit de se prouver à quel point sa propre vie est normale. Et qui êtes vous pour juger la vie des autres? Mon mari est peut être aveugle mais telle est la volonté de dieu et je l'accepte néanmoins , ils nous aime et c'est le plus important. Ce sont des choses qu'hélas vous ne comprendrez jamais.
Elle tourna les talons et mit sa main sur le poignet de la porte avant de se retourner de nouveau vers la jeune fille qui était resté de marbre face aux paroles de fatou.
- ah oui j'ai faillit oublié ne croyez pas que je ne suis pas au courant de toutes vos manigances femme indigne , vous n'avez donc aucune dignité aucun respect pour vous. Vous ouvrez vos cuisses au premier venu. Tu n'es qu'une marie couche toi là. Je n'ai qu'un conseil à vous donner fermez vos cuisses avant qu'il ne soit trop tard.
C'est sur ces paroles que fatou quitta la pièce laissant khadija stupéfaite par ses propos.
Elle se demandait comment une simple ménagère pouvait lui tenir tête à ce point. Elle savait qu'elle était maintenant en danger à cause d'elle. C'est tout en sueur qu'elle partie dans son dressing. Elle plier les habits et les déplier sans doute à la recherche de quelque chose dont elle avait du mal à trouver.
Enfin elle mit la mains dessus, elle sortit un tas de liasses de billet qu'elle avait obtenue suite à ses ébats. Elle sortie de la chambre, une fois dans les couloirs elle n'arrêtait pas de tourner sa tête de gauche à droite pour voir si quelqu'un la voyait. Elle entra dans la chambre de fatou en s'assurant de bien fermer la porte derrière elle. Elle trouva fatou assise sur sa natte de prière egrenant son chapelet.
Elle jetta les billets qu'elle tenait à la main prêt du tapis qui avec le temps à perdu de sa beauté.
- prend ca pour ton silence, je ne veux pas que cette histoire aille aux oreilles de mes parents si ca ne suffit pas je t'en redonnerai.
Choqué oui fatou l'était. Comment khadija a put croire qu'elle était ce genre de personne qui font de l'argent leur maître.
- khadija je crois que tu ne m'a pas bien comprise tu peux remballer je ne toucherai pas à cet argent. Je crois en dieu pas en l'argent. Tu ne crois pas que si vraiment j'avais voulu te dénoncer je serais encore là à parler. Tu as perdu le peu d'estime que j'avais pour toi. Tu me fais pitié. Que dieu te pardonne tes péchés et t'aide à te repentir avant qu'il ne soit trop tard. Sors de ma chambre avant que je ne change d'avis.
Elle ne s'est pas faite prié elle ramassa son argent et sortit de la pièce, elle se heurta à quelqu'un ou plutôt quelqu'une. Elle lève les yeux et tombe des nus en voyant sa mère....
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Fatima venait de terminer une rude journée de travail.
Elle entra dans la maison en saluant le gardien qui lui rendit son sourire et les autres employés de la maison qui comme à l'accoutumée la regardait avec dédain et ne prenait même pas la peine de la saluer.
Elle se demandait pourquoi elles la haissaient
Serait ce parsqu'elle est orpheline ou fait elle autant de pitié aux gens?
Où peut être c'était son accoutrement? Ce n'es pourtant pas de sa faute vu qu'elle n'avait que deux pagnes et un t-shirt qu'elle portait à tour de rôle.
Elle ne s'attarda pas sur ses détails et entrepit de faire le dîner lorsque astou lui dit de la laisser faire et que madame la demandait.
Un tas de questions se bousculaient dans sa tête, pourquoi voulais t-elle la voir? Elle avala difficilement sa salive et toqua 3 fois à la porte avant d'entendre la voix de nabou lui dire d'entrer.
- oui Mme vous m'avez demandé.
Elle la regarda avec haine avant de lui répondre.
- oui prépare toi on sort chez un ami et tu as intérêt à faire bonne figure et à ne pas me faire honte comme tu en as l'habitude.
- oui madame que dois je porter?
- c'est à moi que tu demandes ca ou est ce que tu as perdu la tête?
Elle voulut riposter mais craignant qu'elle ne la frappe elle se tut et sortit.
Elle se demandait ce qu'elle pouvait bien porter elle n'avait pas beaucoup de vêtements et ceux qu'elle avait n'était point présentable. Et ce serait creuser sa tombe que de se présenter devant nabou avec cette tenue. Que faire?
Elle était assise en train de réfléchir à ce qu'elle allait bien pouvoir faire.
Soudain elle vit une silhouette qui lui était familière devant elle. Sa respiration devient saccadée . Son coeur battait à un rythme endiablé. Elle avait très bien reconnu la dite femme qui se tenait devant elle mais au fond d'elle elle esperait que cela ne soit qu'un pressentiment, une erreur.
Hélas tout ses doutes furent dissipés lorsqu'elle reçue un coup de bâton en pleine figure. Elle se retrouva par terre avec le nez qui saignait. Elle était bien consciente que ce n'était rien comparé à ce qui l'attendait.
- SUIS JE TON ÉGALE PETITE PESTE? NE T'AI JE PAS DIS DE T'HABILLER? HEIN CA FAIT DES MINUTES QUE JE T'ATTEND SALLE PETITE DEVERGONDEE ET TU ES LA ASSISE CONFORTABLEMENT.
Ses mots étaient accompagnés par des gifles et des coups sur tout son corps.
Le méchant, bavard, n'a qu'une corde à son arc ; le méchant qui sait se taire en a deux, la plus perfide des méchancetés est celle du silence.
Ceux qui contractent entre frères et sœurs des habitudes de méchanceté et d'indélicatesse, sont indélicats et méchants avec tout le monde. Que le cercle de famille soit toute beauté, tout amour, toute sainteté ; et quand on sortira de son intérieur, on portera dans ses relations avec le reste de la société cette tendance à l'estime et aux affections douces et cette foi à la vertu, qui sont le fruit d'un exercice continuel de sentiments élevés
Les animaux carnassiers, obéissant à leurs instincts, se jettent sur tous les êtres dont ils espèrent faire leur proie, et l'on dit d'eux qu'ils sont méchants ! le tigre, l'hyène, le chacal, le loup, ne sont que féroces. L'homme seul est méchant, la méchanceté est facultative.
- désolé. ...madame...mais je n'ai pas d'habits propre.....
- Imbécile tu crois peut être que c'est moi qui vais t'en acheter avec MON ARGENT peut être.
Après s'être bien défoule sur elle nabou se calma.
- lève toi et vas prendre la robe qui est dans ma chambre si tu n'es pas prête d'ici 5 minutes tu peux déjà faire tes prières.
Ne voulant pas recevoir d'autres coups elle se leva en traînant les pieds avec son nez qui coulait et son oeil droite qui avait enflé sans parler des marques de blessures qu'elle avait sur tout le corps.
Avec peine elle se rinca le visage mit sa robe bleu ciel evase qui moulait parfaitement son corps et mettait en valeur ses jolies formes.
Elle sortit de la maison et s'engouffra dans la voiture ou nabou l'attendait déjà.
Le trajet se fit en silence même le bruit sourd du moteur ne pouvais masquer ce silence pesant.
La fumée des voitures ainsi que des usines et les klaxons assourdissant qui se faisait entendre montrer qu'ils étaient en ville, l'odeur nauséabonde , la déforestation et le modernisme.
La pollution est l'ombre du progrès. La végétation ne connaît pas de contradiction. Il vient des nuages pour contredire le soleil du solstice. Aucune tempête n'empêche l'arbre à son heure de devenir vert.
La jeunesse n'a pas assez d'imagination pour comprendre l'enthousiasme que peut inspirer la contemplation journalière de la nature ; elle n'a pas assez de raison pour savourer toutes les jouissances d'une vie calme, paisible, repliée sur elle-même, et où l'on pense beaucoup plus que l'on n'agit.
Il faut s'accoutumer à respecter la nature jusque dans ses moindres productions : Une mouche, un hanneton, un chien, un arbre, une fleur, tout cela est son ouvrage. Si vous arrachez une aile ou une patte à une mouche, il n'est pas en votre pouvoir de réparer le mal que vous lui avez fait. Si vous arrachez l'écorce d'un arbre, il n'est pas en votre pouvoir de l'empêcher de périr, c'est comme si l'on vous arrachait la peau.
La nature est un beau livre ouvert aux regards de tout le monde;malheureusement il en ai peu qui le lisent et encore moins qui le comprennent.
La nature a bien des choses à nous apprendre, ouvrez les yeux et elle vous instruira.
La voiture s'arrêta devant une maison magnifique qui devait faire le triple de la maison de nabou. Ils furent accueilli par le gardien qui les amena au salon où elle trouva un jeune homme très beau au passage, une femme belle, assez âgé et homme qui devait avoir vers la cinquantaine, sûrement son époux.
Fatima salua respectueusement avant de s'assoir.
Nabou, elle faisait des sourires exagérés qui ne trompaient personne. Tant d'hypocrisie réunit en elle.
- dites moi fatima qu'est il arrivé à votre oeil? Demanda la jeune femme.
Cette question mit nabou dans l'embarras qui l'a regardait comme pour lui dire" parle, je te tue"
-ohh ca ce n'est rien je me suis cogné contre le mur, trop maladroite! Dit Elle avec un sourire gêné de mentir de la sorte.
-et toute ces cicatrices sur ton corps.
- euh c'est un chat qui m'a fait ca.
La réponse n'avait visiblement pas convaincu la jeune femme.
- et....
- maman c'est bon. Lui interrompit son fils sauvant fatima de justesse.
Nabou menait la discussion et parlait de tout et de rien pour un peu détendre l'atmosphère.
Le jeune homme quant à lui était plus concentré sur fatima que sur nabou. Il la devorait du regard au point ou cela en devenait même gênant. Fatima ayant remarqué son regard insistant s'excusa pour aller aux toilettes.
Elle se mit devant le miroir à se mirer , elle essuya son visage qui était tout en sueur avant de prendre le long des couloirs qui n'en finissait pas de s'étirer.
Enfin elle aperçu le salon.
- vous êtes sur qu'elle est d'accord enfin je veux dire ce n'est pas trop précipité.
- puisque je vous le dis ,mettez vous mes paroles en doute monsieur.
- non je n'oserai pas dans ce cas le mariage se fera dans une semaine je ne veux pas retarder les choses.
- d'accord alors on se retrouve dans une semaine.
Mariage? De qui? Comment ? Pourquoi?
Non je dois sûrement me tromper cela ne peut pas être mon mariage non elle n'oserait pas se répétait elle comme pour se convaincre en vin. Sans y faire attention , ses larmes submergeait son visage.
Et là trou noir.......