XVIEn sortant du troquet, je suis tombé sur Pascal, l’un des amis de Jonathan. Je l’avais remarqué au cimetière, il se tenait à l’écart, ne voulant sans doute pas mélanger sa peine à celle des autres. Son regard s’était fixé la plupart du temps sur le couvercle du cercueil, comme si, par sa seule force hypnotique, il allait pouvoir le déclouer. Puis il levait les yeux vers le ciel. Il s’apprêtait à rejoindre ses pénates à pied, toujours seul. Je l’abordai. — J’aimerais bien t’emmener faire un tour… lui proposai-je. Je pensais qu’il allait m’envoyer au diable et à ses suppôts, genre de quoi je me mêle, vous êtes trop âgé pour comprendre ce que ressent un jeune homme replié sur sa peine, mais il me demanda d’une voix chaude et douce : — Qui êtes-vous ? — C’est moi qui ai trouvé le corps

