V– Et qui as-tu vu au village, mon fils ? – interrogeait-elle, le lendemain matin, pendant ce mieux qui revenait chaque fois, aux premières heures du jour, après la fièvre tombée. « Et qui as-tu vu au village, mon fils ?… » En causant, elle s’efforçait de garder un air un peu enjoué, de dire des choses quelconques, dans la frayeur d’aborder les sujets graves et de provoquer d’inquiétantes réponses. – J’ai vu Arrochkoa, ma mère, répondit-il d’un ton qui ramenait subitement aux questions brûlantes. – Arrochkoa !… Et comment s’est-il comporté avec toi ? – Oh ! il m’a parlé comme si j’avais été son frère… – Oui, je sais, je sais… Oh ! ce n’est pas lui, va, qui l’y a poussée… – Même, il m’a dit… Il n’osait plus continuer, à présent, et il baissait la tête. – Il t’a dit quoi donc, mon fi

