VIIIHuit jours après. À la tombée du soir, tandis qu’une mauvaise rafale de montagne tordait les branches des arbres, Raymond rentrait dans sa maison déserte où le gris de la mort semblait épandu partout. Un peu d’hiver avait passé sur le pays basque, une petite gelée, brûlant les fleurs annuelles, mettant fin à l’illusoire été de décembre. Devant la porte de Franchita, les géraniums, les dahlias venaient de mourir, et le sentier d’arrivée, qu’on ne soignait plus, disparaissait sous l’entassement des feuilles jaunies. Pour Ramuntcho, cette première semaine de deuil avait été occupée par les mille soins qui bercent la douleur. Orgueilleux lui aussi, il avait voulu que tout fût fait d’une façon luxueuse, suivant les vieux usages de la paroisse. Sa mère avait été emportée dans un cercueil g

