VIIIIsidore Moal, Zidor, comme l’appelaient familièrement ses amis, mécanicien retraité de l’Armée de l’air, vivait seul depuis la mort de sa femme Augustine, dans une petite maison du port de Carantec, rue Ernest Sibiril, face à la cale du port. Il partageait son temps entre la pêche en mer et l’entretien minutieux de son potager. Parfois aussi, il prenait le temps d’une partie de dominos avec des amis, toujours les mêmes, à “L’Abri du Pêcheur”… Il possédait un petit canot breton d’environ six mètres, le “Confiance en Dieu”, objet de tous ses soins, qu’il bricolait amoureusement et bichonnait à longueur d’année. Il avait acheté ce bateau d’occasion et, n’étant guère porté sur la religion, avait eu beaucoup de mal à accepter et à s’habituer à son nom qui lui rappelait de lointaines leçons

