Laisse-moi le garder

2486 Words
- Qu’est-ce qui se passe ? demande Jeanne qui semble avoir soudain compris quelque chose, cet argent n’a-t-il pas été payé par l’auteur de l’accident ? Elle a été blessée dans cet accident de voiture, et les funérailles de son fils a coûté beaucoup d’argent. Avant de rentrer au pays, sa fille lui a donné une somme d’argent, en disant que c’était le reste de la compensation payée par l’auteur de l’accident. Mia ne sait pas comment le dire. C’est trop dur d’en parler. Son silence est déjà un acquiescement. Comment elle, une fille, a pu trouver tout cet argent ? Jeanne a le cœur brisé. Elle n’arrive toujours pas à y croire. - Toi... Tu t’es vendue ? Elle attrape soudainement le poignet de Mia. - Tu ne peux pas avoir ce bébé. Viens avec moi à l’hôpital maintenant ! - Pourquoi ? Mia essaie de se dégager de cette prise. - Si tu donnes naissance à cet enfant, ta vie sera ruinée ! Mia ne peut pas avoir ce bébé. Elle est déjà mariée. Si quelqu’un le découvre, sa réputation sera ruinée. - Maman, s’il te plaît, laisse-moi garder ce bébé, supplie Mia en pleurant. Malgré toutes ses supplications, Jeanne ne cède pas. Elle est très déterminée. Le même jour, Mia se rend à l’hôpital, traînée par sa mère. Si Mia n’y allait pas, Jeanne aurait menacé de mourir. Mia doit donc y aller. Il faut passer plusieurs tests pour un avortement. Jeanne va chercher les résultats du laboratoire tandis que Mia s’assoit seule sur un banc dans le couloir, les mains sur le ventre. Mia ne peut s’empêcher de verser sans cesse des larmes. Elle se sent si frustrée et impuissante. - Joseph, tout va bien. Ne sois pas si nerveux. C'est juste une petite brûlure. Leila sourit doucement. Elle porte une jupe noire moulante qui souligne ses courbes et son corps parfait. Une veste est mise sur ses épaules. Quant à Joseph, il porte une chemise blanche dont les manches sont relevées montrant ses bras musclés. Il a l'air inquiet. - Si elle est mal soignée, elle peut laisser des cicatrices. Leila se jette dans les bras de Joseph. - Si j'ai des cicatrices, est-ce que tu me détesteras ? - Tu dis des bêtises ! Leila éclate de rire, sachant que Joseph n'est pas un homme superficiel. Cette voix. Mia lève lentement les yeux et voit Leila dans le couloir, appuyée contre Joseph. Ils s'approchent lentement d'elle. Ils sont comme un couple parfait. Au contraire, elle est comme un clown. Elle est une jeune femme qui a déjà perdu son innocence et qui porte dans son ventre un enfant de père inconnu. Perdue dans ses pensées, elle reçoit un regard de surprise. - La prochaine patiente. La porte de la salle d'opération s'ouvre. Une infirmière se tient devant la porte, derrière elle se trouve une jeune femme qui en sort, se couvrant le ventre et marmonnant : - p****n, pourquoi l'avortement fait toujours aussi mal, même avec anesthésie ? En entendant cela, Joseph fronce les sourcils et pose son regard sur le visage de Mia. Elle a fait semblant de se soucier du bébé dans son ventre quand elle était en sa présence ce matin. Mais peu après, elle est venue se faire avorter ? Il ricane dans son cœur. Leila suit le regard de Joseph. Au moment où elle voit Mia, elle la trouve un peu familière. Mais elle ne se souvient pas où elle l'a vue. Elle se tourne vers Joseph et demande : - Tu la connais ? - Non, dit Joseph avec froideur. Joseph a beaucoup d'idées préconçues sur Mia : sa vie privée désordonnée, sa grossesse à un si jeune âge, le fait de lui montrer sa maternité tout en se dépêchant de se faire avorter. Une comploteuse ! - Avez-vous bien réfléchi ? L'infirmière le vérifie encore et encore. Mia ne veut pas être vue dans une situation embarrassante. Malgré la réticence et le cœur brisé, elle hoche la tête, n'ayant pas d'autre choix. - Oui, j'ai bien réfléchi. - Alors venez avec moi. Mia baisse la tête, ne regardant personne. Elle suit l'infirmière dans la salle d'opération. Une fois la porte fermée, elle est isolée de tout ce qui se passe à l'extérieur. Leila, un peu mal à l'aise, ressent la colère de Joseph. Elle s'accroche à son bras et dit doucement : - Joseph. Joseph a un visage impassible. - Allons-y. Leila resserre sa prise sur son bras et jette un coup d’œil sur la salle d'opération, qui est déjà fermée. Elle regarde ensuite la réaction de Joseph. Ce dernier semble la connaître, mais il n'a jamais eu de femme à ses côtés depuis qu'elle est avec lui. Elle est très sûre de cela. Qui est cette femme de tout à l'heure ? Pourquoi était-il si en colère ? ! - Joseph, la fille de tout à l'heure. Joseph la serre dans ses bras et ne veut pas en parler. - Elle n'est pas importante. Pas besoin de te soucier d'elle. Leila doit donc se taire, même si elle est très curieuse. Dans la salle d'opération, en voyant les instruments médicaux froids, Mia le regrette. Non, elle ne peut pas abandonner le bébé. Elle ne peut pas ! - Allongez-vous, dit le médecin. - Je ne vais pas le faire. Mia secoue la tête, se retourne et court. Elle court trop vite. Paniquée, elle ne fait pas attention à ce qui passe devant elle et heurte un homme qui arrive en sens inverse. Elle se couvre le front et s'excuse sans cesse : - Je suis désolée... Je suis désolée... - Mia ? Serge Touchard la reconnaît. Mais comme il n'est pas sûr, il essaie de le vérifier. Mia lève lentement la tête pour voir le visage de l’homme. Ensuite, elle dit avec étonnement : - Dr. Touchard. Derrière lui se tient un groupe de personnes. Mia est encore plus étonnée. - Qu’est-ce que tu fais ici ? Son frère était autiste et a été traité par Serge. Ils ont donc appris à se connaître au fil du temps. Serge sourit doucement. Avant qu’il ne puisse répondre, le directeur de cet hôpital prend la parole. - Dr. Touchard est ici pour donner une conférence dans notre hôpital. Serge est un psychologue renommé, notamment dans le domaine de l’autisme. - Et toi, pourquoi es-tu là ? Tu es malade ? demande Serge. Mia sent un frisson lui parcourir le dos en pensant à l’attitude déterminée de sa mère. - Mia ! Jeanne, des résultats du laboratoire à la main, se précipite de l’autre côté du couloir. De son retour, elle était choquée d’entendre l’infirmière dire que sa fille s’est enfuie. Elle pousse un cri exalté en la trouvant. Mia pince les lèvres. Tout cela lui donne une grande envie de pleurer. - Maman... Serge dit au directeur, qui se tient à côté de lui : - Retournez-y d’abord. J’ai quelque chose à faire. - Dr. Touchard, comme vous êtes occupé, nous allons vous laisser. D’ailleurs, je vous invite sincèrement à travailler dans notre hôpital. Si vous avez des besoins particuliers, n’hésitez pas à me les dire, je ferai de mon mieux pour y répondre. Serge dit gentiment : - Je vais y réfléchir. - Madame Jeanne, si tu veux, parlons dehors. Ce n’est pas un bon endroit. L’hôpital est plein de gens et ce n’est pas une bonne idée de discuter ici. Jeanne connaît aussi Serge. Parfois, Dr. Touchard a payé le traitement médical de son fils quand elle n’en avait pas les moyens. Jeanne a beaucoup de respect pour lui. Elle serre donc très fort le poignet de Mia, craignant qu’elle ne s’enfuie à nouveau. Une fois sortie de l’hôpital, Mia s'incline devant Jeanne. - Maman, s’il te plaît. On a déjà perdu Théo, laisse-moi le garder, s’il te plaît ! Serge fronce les sourcils. Qu’est-ce qu’elle veut dire ? Il le comprend rapidement et pose son regard sur le ventre de Mia. En voyant les résultats des examens dans la main de Jeanne, il est presque sûr que Mia est enceinte. Il est choqué et a du mal à y croire. Il veut savoir ce qui s'est passé, mais ce n'est pas le moment de le demander. Mia pleurait rarement devant Jeanne. Même à la mort de son frère, elle a pleuré en secret, jamais devant Jeanne. Jeanne ne veut pas la forcer. Mais si Mia donne naissance à cet enfant, aura-t-elle un avenir ? Devenir mère rend une femme forte. En regardant sa mine, Jeanne trouve difficile de la faire renoncer et laisse échapper un long soupir. - Comme tu veux. Ensuite, elle se tourne et part. Triste, elle ne sait pas comment faire face à sa fille. Mia s'accroupit lentement. Elle veut faire semblant d'être forte, mais ses larmes tombent. Elle ne veut pas pleurer, mais elle ne peut s'en empêcher. La douleur accumulée en elle lui brise le cœur. Serge les a cherchées avant de rentrer au pays. Il a appris ensuite qu'elles étaient rentrées au pays et que son frère était mort dans un accident de voiture. Il ne sait pas ce qui s'est passé durant cette période. Serge s'accroupit et lui touche le dos. Elle n'était qu'une adolescente quand il l'a rencontrée, mais elle était déjà très mature et pouvait s'occuper de son frère et de sa mère. Une fois, il a vu de ses propres yeux qu'elle n'avait assez d'argent que pour acheter deux repas, et elle les a donnés à sa mère et à son frère. Elle n'a clairement pas mangé, mais a dit à Jeanne qu'elle l'avait déjà fait. Elle était si gentille, ce qui a excité la pitié de Serge. Serge veut toucher sa tête pour la réconforter. Mais avant qu'il puisse le faire, Mia lève soudainement les yeux vers lui. - Merci pour ton aide auparavant. Je te rembourserai dès que j'aurai de l'argent. La main de serge s'arrête au-dessus de ses cheveux. Il serre lentement sa main et la retire. Il dit en souriant : - Ne dis pas de bêtise. Je l'ai fait volontairement. Il n'y a pas besoin de rembourser. Mia secoue sa tête. - Tu es gentil. Mais je dois le faire. Elle lui remboursera certainement quand elle pourra. Serge l'aide à se relever. - Tu habites où ? Je te dépose. Inquiète pour Jeanne, Mia hoche la tête et donne son adresse. Quand elle arrive, Mia pousse la portière et sort de la voiture. Serge lui demande : - Tu vas retourner au pays à plus tard ? Mia se retourne pour le regarder et secoue la tête, disant : - Non. Elle est enfin rentrée dans son pays. Une fois chez elle, Mia voit Jeanne assise sur une chaise, essuyant ses larmes. Elle a le cœur serré. Jeanne essuie ses larmes et ne la regarde pas. - Je vais bien. Rentre chez toi. - Maman. - C'est moi qui n'ai pas bien pris soin de toi. Jeanne essuie ses larmes, qui ne cessent de tomber. Mia jette ses bras autour d'elle. Elles se serrent l'une contre l'autre et pleurent, laissant échapper leur douleur. Il leur faut un long moment pour se calmer. Mia explique à Jeanne son accord avec Joseph et lui demande de ne pas s'inquiéter pour elle. Jeanne est choquée. Comment ont-ils pu traiter le mariage comme un deal ? Bien qu'elle n'ait pas approuvé ce mariage blanc, sa fille est tombée enceinte et a perdu sa virginité. Elle suppose que M. Cosey ne pourrait pas l'accepter. En fait, c'est une bonne chose. Elle prendra soin de sa fille à l'avenir. Le soir, Mia retourne à la villa. Joseph n'y est pas. Après le dîner, elle se promène dans la cour de la villa, pour digérer son repas et pour apprécier en même temps le paysage de cet endroit. Plus tard, elle rentre dans sa chambre. Mais ayant soif, elle se rend à la cuisine et se verse un verre d'eau. Après avoir bu un demi-verre d'eau, Mia est sur le point d'aller dormir dans sa chambre. Soudain, elle entend un bruit de la poignée qui tourne. La porte de la villa est ouverte immédiatement après. Ensuite, une grande silhouette entre, suivie d'une belle femme, qui sort de derrière lui. Mia se fige un instant. Elle ne s'attend pas que Joseph ramène sa copine chez lui si tard la nuit. Leila est également stupéfaite de voir Mia. Ce n'est pas la femme qui était à l'hôpital aujourd'hui ? Elle lève les yeux vers Joseph, dont le visage est bien dessiné, mais aux traits durs. Pourquoi était-il en colère à ce moment-là ? Cela avait-il un rapport avec cette femme ? Les femmes sont toujours sensibles. La réaction inhabituelle de Joseph rend Leila vigilante face à Mia. - Alors, je vais aller dans ma chambre. Mia ne veut pas être la cinquième roue du carrosse. - Attends. Joseph la regarde avec des yeux sombres. Elle porte une robe de nuit très conservatrice qui arrive aux chevilles, révélant ses deux bras pâles et fins. Effectivement, elle a l'air innocente et pure. Mais en pensant à ce qu'elle a fait, Joseph la trouve encore plus dégoûtante. - Leila est la maîtresse de cette maison, tu le comprends ? Ce n'est pas nécessaire de le dire. Mia ne s'est jamais considérée comme la maîtresse de cette maison. Alors pourquoi le rappeler ? - Oui, je comprends. Je vais aller me coucher alors. Mia se tourne et se dirige vers sa chambre. - Mlle Lambert, dit Leila en la regardant, désolée. Mia est confuse et la regarde avec surprise. Leila semble sincèrement désolée. - Même si Joseph et toi étiez fiancés, je connais Joseph depuis plus longtemps que toi. Si tu n'étais pas là, c'est moi qui serais sa femme aujourd'hui. Nous sommes amoureux, donc... - Et alors ? Mia trouve cette femme étrange. Elle comprend exactement qui elle est et ne se met pas en travers de leur chemin. Pourquoi a-t-elle dit cela ? - Tu as épousé Joseph, mais Joseph ne t'aime pas. Je pense que c'est à cause de moi. Je me sens donc coupable. - Ce n'est pas nécessaire. Normalement, dans une relation bizarre comme celle-là, Leila devrait la laisser tranquille. Mais au contraire, elle a dit cela. Elle l'a fait exprès probablement pour montrer sa gentillesse devant Joseph. Pour une raison inconnue, Mia ne l'aime pas beaucoup. Joseph regarde le visage de Mia, les yeux plissés et dit : - C'est quoi cette attitude ? Mia pince les lèvres. C'est quoi cette attitude ? Elle veut juste passer ce mois tranquillement, obtenir ce qui lui appartient et partir. C'est cette femme qui est bizarre. Elle a dit tout cela à la première rencontre. Comment répondre ? - Comment veux-tu que je réponde ? Elle a peine à trouver les mots pour répondre à Leila.
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