Carthaginois manœuvraient si lourdement que les soldats, par dérision, les engagèrent à s’asseoir. Ils criaient qu’ils allaient tout à l’heure vider leurs gros ventres, épousseter la dorure de leur peau et leur faire boire du fer. Au haut du mât planté devant la tente de Spendius, un lambeau de toile verte apparut : c’était le signal. L’armée carthaginoise y répondit par un grand tapage de trompettes, de cymbales, de flûtes en os d’âne et de tympanons. Déjà les Barbares avaient sauté en dehors des palissades. On était à portée de javelot, face à face. Un frondeur baléare s’avança d’un pas, posa dans sa lanière une de ses balles d’argile, tourna son bras : un bouclier d’ivoire éclata, et les deux armées se mêlèrent. Avec la pointe des lances, les Grecs, en piquant les chevaux aux naseaux

