Partie 10

1677 Words
Une semaine était passée depuis que Siga avait commencé son traitement. Elle suivait les prescriptions de Docteur Danfa à la lettre. Elle prenait en même temps les poudres magiques que son père avait déniché sur un marabout très réputé dans ce domaine. Elle avait remarqué une petite amélioration. Pendant cette première semaine, elle n'avait fait pipi au lit que trois fois. Il lui restait le dispositif qui lui permettait de se lever à temps quand l'envie de pisser lui venait. Les deux jours d'affilée qu'elle a passé sans mouiller son lit étaient bizarres pour elle. C'était une première. Quand elle s'est réveillée et a remarqué son pyjama sec et son matelas, elle n'en croyait pas ses yeux. Elle remerciait Dieu au fond d'elle et pria pour que son stop-pipi arrive très vite Malouine était très contente pour sa sœur qui retrouvait petit à petit sa mine joyeuse. Elle était surprise quand Siga avait passé une nuit au sec même sa mère en était fière. Au courant de cette semaine, Mère Penda avait reçu l'appel d'Idriss, elle discuta beaucoup avec lui avant que ce dernier lui promit une visite dans un de ces week-ends........... Souleymane avait appelé sa mère pour prendre de ses nouvelles et cette dernière en avait profité pour lui parler de l'appel de son ami. Jules était très content de l'importance qu'Idriss accordait à sa mère. Madou était souffrant et devenait de plus en plus faible. Sa femme Ndeye Awa ne s'occupait plus de lui,  passant tout son temps aux appartements de Yacine. Elles se regroupaient là-ba avec Sanou pour commérer et se mêler de la vie des gens. Elles connaissaient tout ce qui se passe dans les couples de ce village. Un jour, Pa Khalil les avaient surpris en train de parler du voisin qui venait de se marier. Elles disaient toutes sortes d'insanités sur la mère de sa femme. Ce jour-là il ne les avait pas ratés et depuis Sanou avait diminué la fréquentation par contre Ndeye Awa non. Idriss avait tenu sa promesse. C'était un après midi d'un samedi, sous un soleil très chaud qu'il prît la route de Tivaoune pour aller dans le village de son ami. Il y arrive aux environs de 16 h. Avec une Jeep noire aux vitres teintée, il roula jusqu'à un arbre où, il y avait des dames les unes prélassaient sur des nattes en train de palabrer, les autres se tressaient entre elles et à côté, un groupe de jeunes en train de faire du thé. Plus il avançait, plus les yeux se braquaient sur lui. Il s'arrêta devant eux et baissa sa vitre, les enfants coururent et encerclé la voiture ; il les sourit et les salua gentiment - As Salam Aleykoum dit-il d'un ton calme et respectueux - Wa aleykoum Salam répondit l'assemblée en chœur - Keur maman Penda Sall mom ladone ladie (je cherche la maison de Maman Penda) C'était mignon son accent anglais mélangé de bambara, et il se débrouillait très bien en wolof, il ne lui manquait que l'accent. Un jeune se leva et lui indiqua la direction à prendre. Il les remercia et redémarra sa voiture sous les regards curieux de ses interlocuteurs Arrivé devant la maison, la même scène se reproduit : des regards curieux, des enfants qui courent par ci, par là...... Il croisa un  petit garçon qui sortit de la maison, il lui demanda si c'était bien chez Mère Penda l'enfant lui répondit par l'affirmatif et courut en arguant "mame ame na koulay sét" Mère Penda sortit de la véranda à la rencontre d'Idriss. Elle le salua chaleureusement - As Salam Aleykoum segne bi na ga Def sante wa ( Bonjour M., comment vous allez ? C'est comment le nom) - Mani fi Maman. Koné la. C'est moi Idrissa me nek ak Souleymane (je vais bien maman. C'est Koné. Je suis Idriss celui qui vit avec Souleymane) - Laay Idrissa naga Def koné, koné eksil si biir (ohh Idriss, Koné comment tu vas) Et c'était partit pour des salutations en a plus finir. Mère Penda était très contente de pouvoir en fin rencontrer quelqu'un qui venait de chez son fils, contente de recevoir Idriss qui ne cessait de l'appeler maman quand son fils l'appelait au téléphone Ils pénètrent ensemble le salon et c'était repartie pour une autre séance de salutation. Idriss ne savait plus ou se donnait la tête, ignorant la signification de tous ces termes de salutations. Penda fit ses éloges en lui témoignant sa gratitude. Elle lui affirmait d'être au courant de tous les bienfaits qu'il faisait pour son fils. Elle sortit et envoya Malou à la boutique ou elle acheta une bouteille de coca bien fraîche. Cette dernière vint lui servir en même temps sa mère lui présenta sa fille. Il la salua chaleureusement avant de demander à Penda son mari - Malou démal hol sa papa baham migui négame (Malou va voir ton père s'il est dans sa chambre) dit Penda. Cette dernière executa Idriss était en train de siroter son coca tout en discutant avec la mère de son ami qui ne cessait de lui demander l'état de santé de son fils. Tout d'un coup, Siga toqua et fit son entré. Elle lance un timide salam et se tourna vers sa mère - Siga nouyole ak Idrissa si Souley la diogué xaritam la (Siga va saluer Idriss, c'est un ami de Souley) D'une démarche timide, Siga s'approcha et tendit la main à Idriss. Quand Il la saisit, une décharge électrique lui passa tout le corps. Idriss souleva bien sa tête pour regarder cet être qui lui faisait ressentir ce truc inconnu. Quand leurs yeux se rencontrèrent, pause, impossible de détourner le regard. Il ne voyait qu'elle. Son cœur s'emballait et les battements s'accéléraient à une vitesse maximale, des papillons dans le ventre apparaissent, tout son corps était en ébullition, il devint chaud et transpirait en goutte, un  sourire franc se dessinait sur son visage et ses yeux petillaient....Siga semblait ressentir exactement la même chose, car elle ne réussit pas à soutenir son regard très longtemps. Il a fallu que Penda les interpelle pour qu'ils reviennent à la raison - Rakou Souley la mo tope si mom (c'est la petite sœur de Souley, elle vient juste après lui) - Ah d'accord comment naga Def Siga (comment tu vas Siga) - Magui fi, lui répondit-elle, avant de s'asseoir à côté de sa mère Idriss était dans tous ses états. Il avait carrément perdu ses moyens face à cette jeune fille. Mère Penda parlait avec lui mais il l'écoutait d'une oreille distraite tout son esprit et son cœur était tourné vers Siga. Il la regardait à chaque fois qu'il parlait ; Siga sentait son regard fixé sur elle et était trop gênée n'empêche, elle lui lançait des regards furtifs de temps en temps. Idriss se demandait bien si c'était un coup de foudre parce que c'était la première fois que cela lui arrivait. La flèche de Cupidon avait atteint une cible. Il avait un peu honte de sa réaction en vers Siga. Mère Penda n'avait rien raté de cette scène digne d'un film d'amour. Malou revient pour dire à sa mère que son père était bien là, lui sauvant ainsi de ce climat gênant auquel il se trouvait. Il suivit celle- ci pour aller saluer Pa Khalil et durant toute la discussion l'image de Siga lui brouillait la vue, il était comme déconnecté. Dehors, Ndeye Awa voulut connaître l'identité de ce jeune homme, mais puisqu'elle n'était pas en bon terme avec sa belle mére, elle ravala sa curiosité. Badiéne Sanou la trouva dans la cour de la maison - Awa gane gou riche bi mome kane la (Awa, c'est qui cet riche hôte) - mak yaw gnoussi yame ni lako guissé (on est au même niveau d'information) - An tay sa goro ganam ame na mana auto bi rek kouko guiss hamni douko ndaw - Migui si negou Pa bi demal holnakh ga hame si dara ( Il est dans la chambre du vieux. Va voir) Si la curiosité pouvait tuer, Ndeye Awa serait à quatre pattes sous terre. Elle mourrait d'envie de savoir ce qui se passe dans cette chambre, mais son statut de belle fille indigne ne lui permettait pas d'assister à cette.  Elle attendait Sanou pour en savoir plus. Vers 17 h, Idriss partit pour la mosquée avec tonton Khalil qui n'arrêtait pas de faire son éloge sur le fait qu'il aille à la mosquée. Il disait que les jeunes d'aujourd'hui ne respectent plus la prière et ne vont à ce lieu de culte que pour effectuer la prière de vendredi. La mosquée n'était pas loin de chez lui, ils ont marché que 5 à 6 minutes pour arriver à destination. La prière finie, Idriss décide de reprendre la route. Il les donna beaucoup d'argent et leur promit une autre visite. Après l'avoir raccompagné, Penda cherchait Siga qui était introuvable. Elle l'avait trouvé dans sa chambre couchée sur le dos, les yeux braqués sur le plafond. Elle regardait ce point où était accroché la moustiquaire comme si elle cherchait quelque chose. Sa rencontre avec Idriss l'avait beaucoup secoué. Tantôt elle pensait à lui, tantôt elle luttait pour chasser ces images de son esprit en disant qu'elle n'avait pas le droit - Siga tu penses à quoi depuis tout à l'heure je t'appelle - À rien maman excuse-moi. Tu disais quoi - Laisses tombé. Dis-moi Idriss, il te plaît - Hi maman d'où tu sors ça ? Et c'est qui lui-même Sa mère se mit à rire - Ok tu m'en parleras. Bref je disais d'aller remplir le canari - Hi maman, où est Malou ? C'est toujours moi qui le fais - Ne me fait pas répétée, c'est ton tour lève-toi au lieu de rester là à penser à ce Idriss - yaye bayima. Et même devrais-je penser à lui ? - Ne me fait pas parlé waay je ne suis pas folle. Je vous ai bien observé Siga quitta la pièce en courant pour échapper aux moqueries de sa mère.
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