XXVII Causeries en ballonTout ce que j’avais rêvé n’était point un rêve. Le plus horrible tumulte régnait bien dans la ville de Trévig, qui paraissait livrée au désordre le plus effréné. Les soldats étaient là, rangés autour d’un échafaud dressé sur la plus grande place de la ville. Deux gibets se dressaient sur cet échafaud. Avaient-ils déjà dévoré leurs victimes ? Je n’en savais rien. Le cœur me palpitait violemment, j’étais oppressé à ne pouvoir plus respirer, tant j’étais ému et inquiet : pourquoi ? Ah ! pourquoi ?… Oui, je ne connaissais point ce peuple, je n’avais rien à lui reprocher ; il ne m’en voulait évidemment pas ; mais j’avais là un ami, deux peut-être, et qui sait ? Ne m’étais-je pas frappé de l’idée que tout ce désordre était contre eux ? Que ces gibets étaient pour eux ?

