Une famille qui dort unieJe venais à peine de m’endormir. Quelques minutes plus tôt j’étais encore dans le couloir de Mary Carmen avec la sono à fond. Comme ça la vieille pouvait apprécier Brian Johnson se déchirant la voix avec une fureur incoercible. Je m’installais là chaque nuit et, de minuit à quatre heures du matin, je lui déversais des tonnes deheavy même si, pour certaines occasions spéciales, je lui offrais aussi un peu de Cage ou de Schönberg. Parfois Mary Carmen se montrait et me lançait des seaux d’urine mais, avec le temps, je me montrai assez agile pour esquiver ces bains sulfureux. D’habitude on n’entendait que ses cris désespérés et ses prières censées mettre un terme à mon harcèlement. — Démon, fils de p**e, s****d de latino – rugissait la dame. Ce matin-là sans doute s

