Chapitre LIVDès qu’ils furent partis, Élisabeth chercha, par une promenade, à remettre ses esprits ; ou, pour mieux dire, voulut sans contrainte se livrer à des réflexions, qui ne pouvaient que les troubler davantage : la conduite de M. Darcy l’avait surprise et contrariée. « Pourquoi venir ici, se disait-elle, s’il voulait être grave, silencieux et indifférent comme autrefois ? » Elle ne put le définir d’aucune manière satisfaisante pour elle. « Il pouvait encore être aimable, amical avec mon oncle et ma tante, lors de son dernier voyage à Londres, et pourquoi ne pas l’être avec moi ?…… S’il me craint, pourquoi me venir voir ? S’il n’a plus aucun sentiment pour moi, à quoi peut-on attribuer son silence ?…… Oh ! quel homme ! il m’impatiente, vraiment… ; je ne veux plus penser à lui. »

