Le lendemain, j’osai me lever toute seule. A croire qu’une nuit sans torture avait vraiment un peu d’effet. J’allai près de la fenêtre regarder les oiseaux. Ce serait peut-être la dernière journée ou j’aurai l’occasion de me lever de mes propres pieds.
Je pris comme j’avais pour habitude de le faire mon livre préféré, et cette fois j’étais décidée à le terminer. Alors je me mis à le lire, au point où je n’entendis même pas la femme de ménage entrer. Elle fut surprise de me voir debout, à croire qu’elle appréciait me voir couchée.
- Vous êtes debout Mlle ?
- Quoi tu aimais me voir coucher ?
- Non ce n’est pas ce que je voulais dire
- Je m’en doute bien. Fais ce que tu as à faire et sors.
Désormais fallait traiter les gens selon ce qu’ils étaient. Alors tous ceux qui se montreraient un peu bizarres, je les traiterai. Certes, j’étais là pour souffrir, mais ils avaient le devoir de m’entretenir, de gré ou de force. Si je dois subir les horreurs, autant mieux profiter de mes avantages.
Juste après, j’allai prendre mon bain. Faut dire que je m’étais habituée au fait que ce soit elle qui me le donne, surtout que je voyais plus trop une inconnue en sa personne.
Je passai la journée à lire. Je me sentais un peu bien, bien que craignant le moment où il ouvrirait ma porte.
Aux environs de 20heures, ma porte s’ouvrit, je fermai les yeux, mince l’heure de l’horreur avait sonné. J’étais tellement terrifiée jusqu’à ce que j’entende : « Mlle, Monsieur a dit qu’il pourrait venir un peu tard, il a eu un empêchement ». Ces paroles me réchauffèrent le cœur d’autant plus que c’est Rosine qui était là.
Je soufflai, ensuite me mis à rire. C’était amusant de me dire que devant lui, je jouais la super forte, pourtant s’il savait comment il me donne les chocottes il rirait. Je venais de terminer mon livre. Trop belle la fin, mais il me fallait la suite pensais-je. Juste après, je me suis assoupis quelques instants avant d’entendre la porte s’ouvrir. Là c’est sûr c’était lui. Surtout qu’il éteignit la lumière.
- Tu fais encore semblant de dormir ?
- Non, ce n’est pas d’abord possible avec toi dans les parages
- Ce n’est pas très gentil. J’en ai des larmes aux yeux (en se moquant de moi). Juste après, il s’assit dans le sofa, près du lit.
- J’ai appris que tu n’as pas mangé depuis plus d’une semaine. Tu comptes continuer jusqu’à quand ?
- Qu’est-ce que ça peut te faire ?
- Beaucoup, je ne couche pas avec les squelettes.
- Mince ! t’avais une urgence, j’avais espoir que tu ne viendrais plus
- Dommage pour toi. J’avais une urgence c’est vrai, je devais t’apporter à manger.
- Quoi ?? (En me redressant car j’avais l’impression d’avoir mal entendu)
- Mince, je suis aussi diable que ça ? Lèves toi et viens manger.
- Ça me n’intéresse pas.
- Je savais que tu serais aussi têtue, donc lèves toi, c’est un ordre.
- C’est toi le chef.
Il n’y avait rien à faire, donc je me levai pour manger. C’est bien comme il a pensé à moi, j’avais vraiment faim déjà, Dieu seul sait jusqu’à quand j’aurai supportée. Il avait allumé la veilleuse, a la place de la grande ampoule. J’avais très faim, mais mince les manières, de plus il m’observait manger la poisse. Qui me met dans mon confort maintenant je mangerai sans manière pensais-je.
- Tu pourrais arrêter de m’observer ?
- Pour faire quoi a la place ?
- Je ne sais pas trop, sortir.
- Je pourrai faire mieux.
Directement, il se leva et vint s’asseoir près de moi et prit ma cuillère. Il commença à me donner à manger. Mince, c’était incroyable, je n’en revenais pas. Je voulais parler, mais je me retins, pourquoi gâcher ce moment ? Alors je le laissai faire, c’était magique, un peu comme dans les films. Il avait vraiment un côté gentil. Ensuite, sur un coup de tête je repris la cuillère de sa main et lui donnai à manger à mon tour. J’avais d’abord peur qu’il refuserait vu que les gens riches n’aiment pas trop partager leur cuillère, mais je me souvins que l’on s’était déjà embrassés plusieurs fois donc ça ne serait pas très diffèrent. De plus, j’avais désormais compris qu’il aimait que je sois têtue et aussi les choses tordues. Comme prévu, il accepta volontiers.
- Tu connais mon nom ? demanda-t-il
- Non, j’ai le droit de demander ?
- Non. Mais tu as le droit de le connaitre (en souriant). Mickael Dikongue et toi ?
- Zahra Lambe. Prénom de gentil, pourtant tu ne l’es pas. Je vais t’appeler mon petit diable.
- Pourquoi petit ?
- Parce que tu es un peu gentil (en gloussant). Merci pour le diner.
- Je t’en prie.
- Je n’ai pas droit à ma torture ce soir ?
-Non, je ne t'offrirai pas ce plaisir
-Ah bon ? pourtant j’en raffolais
- Menteuse.
On se mit tous les deux à rire. Y avait au moins un truc qui était vrai, on aimait bien se taquiner tous les deux. Donc on passa la soirée à bavarder et ensuite on s’endormit et cette fois, pour une première, il passa la nuit avec moi.