Depuis toute petite, je m’étais fait pas mal de jobs. Je suis à mon 126 eme travail déjà. Présentement, je suis serveuse dans un restaurant assez chic ‘’let me be with you en Mvog-Ada, j’avoue que jusqu’ici je n’ai jamais compris pourquoi il a choisi ce nom alors qu’on ne fait que servir c’est tout. Cet après-midi, je suis de service et je suis la serveuse principale, c’est surement à cause de mon corps. Comme d’habitude j’étais en train de servir. Mais cette fois on attendait des cadres haut placés, apparemment c’étaient les plus gros clients de mon patron. Aux environs de 16 heures ils firent leur entrée, mon patron était tellement stressé, puis il m’appela et me demanda d’aller servir au deuxième étage, étage réservé à ses clients favoris. Tout semblait bien se passer quand tout à coup, je vis l’un d’eux se diriger vers moi, il pouvait être dans la trentaine. Il avait l’air très soigné, ça c’est sûr, ses poches devaient être pleines.
- Salut poupée, ça te dirait un tour ? toi, moi et mes amis
- Non merci, ça ne me tente pas. Si vous n’avez plus besoin d’autre chose, je pense que je vais descendre.
J’avais à peine finis de dire ma phrase lorsqu’il saisit mon bras. Je tremblais comme une feuille. Il se mit à me caresser, l’horreur putain. Je criai de toute mes forces essayant d’avertir mon patron, mais je fis surprise, celui-ci ne daigna bouger. Il ne trouva rien d’autre à me dire à part qu’il augmenterait mon salaire, la blague suis-je aussi foirée que ca?
Peu de temps après, les trois autres hommes s’avancèrent, tous me touchaient avec leurs horribles mains, l’horreur. Ils ne se génèrent guerre de me retirer mes vêtements, dans quelle horreur j’étais tombée cette fois, pourquoi moi. J’essayai de fuir, mais en vain, ils étaient bien trop nombreux. Ils me touchaient de façon assez sensuelle et horrible, me faisant des suçons sur tout le corps, ma seule chance c’est qu’ils n’avaient guère envisages un seul instant me pénétrer. Ça aurait été une façon bien horrible de perdre ma virginité. Lorsqu’ils eurent fini leur distraction sur mon corps, ils me laissèrent sur le sol. Je pleurai de toutes les forces qu’il me restait, ensuite je me rhabillai et j’allai rejoindre mon patron, car j’étais révoltée.
- J’irai vous porter plainte pour abus de mineur
- Tu peux toujours y aller, tu sais très bien qu’il est formellement interdit aux mineurs de travailler, sois contente que je t’ai laissé travailler ici. De plus, ils ne t’ont rien fait de grave à part te toucher un peu. D’ailleurs, je retire vingt mille de ton salaire.
- Mais… c’est injuste, je travaille toute la journée pour avoir cet argent. Et de plus ça fait deux jours que je n’ai pas mangé.
- Parce que tu sais ce que c’est que la justice toi ? La justice ici, c’est moi qui la définit, donc tu fais ce que je dis et si ça ne te plait pas, tu t’en vas. D’abord que tu es d’abord mineur, tu sais que si tu t’en vas au commissariat on te blâmera car tu travailles à ton âge dans un tel lieu, et moi je n’aurai qu’à donner vingt mille, précisément une partie de ton salaire et l’affaire sera réglée. Toi tu seras à la rue.
- Vous êtes un homme cruel vous verrez.
Ce n’était pas la première fois que ça m’arrivait, jusqu’ici j’avais eu à faire plusieurs jobs, mais à chaque fois mes patrons me volaient toujours mon salaire. Le pire c’est que je ne pouvais pas aller me plaindre au commissariat car dans notre ville, les adolescents n’avaient pas le droit de travailler. Et même si j’avais été maltraitée, mes patrons prenaient toujours pour prétexte l’insolence et c’était moi qui passait pour coupable, car c’était un crime aux yeux de leur justice. Dans le cas contraire, il suffisait juste d’offrir de l’argent à l’agent et les problèmes me tombaient dessus. Je compris que dans ce monde, j’étais vouée à la mort. Il n’y avait pas d’espoir pour moi car la justice, c’était le plus riche qui l’établissait. Elle changeait chaque année selon celui dont le compte bancaire avait des chiffres grimpant et plausibles.
Après mon job au Let me be with you, j’ai décidé de devenir coursière d’une grande dame : Mlle Katrine. Très grande de taille, elle avait de très long cheveux marron et des yeux verts. Elle était vraiment très belle et bien qu’étant dans la quarantaine, elle n’était toujours pas mariée. Elle avait l’art d’effrayer tous ses compagnons au-delà de sa silhouette magnifique. Si on oublie son visage si radieux et angélique, elle était très autoritaire et donnait les chocottes juste par le regard.
Nous étions vendredi quand Mlle Katrine me chargea de rapporter un colis a une certaine madame Dana Dibane.
''Tu dois le lui rapporter au plus tard à 13heures et surtout n’ouvres pas le colis ". Elle l’avait dit avec insistance, au point où j’en avais la chair de poule. J’espérais juste que ce n’était pas un truc illicite.
Peu de temps après, je me mis à transporter le colis sur mon vélo depuis Nkolndongo. Mais arrivée au niveau du quartier Fanta-citron, je fus renversée par une BMW M240I noire. Le colis s’ouvrit et je vis un bras pendre. C’était l’horreur, je voulais vomir. De plus, il était recouvert de sang qui semblait encore frais. Mon DIEU ça aurait pu être moi. Je tremblais me demandant ce que j’avais osée transporter, mais je me relevai très vite et rangeai le colis vu que si quelqu’un s’en apercevait, je serais dans de sérieux problèmes.
- On ne vous a jamais dit que la route c’était pour les véhicules et j’entends par la véhicules, pas les jouets dans ton genre. Les choses comme ça, on les utilise dans la cours. De plus, au 21me siècle on utilise encore ça ? (En se moquant d’elle).
- Vous m’avez fait mal et vous m’insultez ? ce n’est pas tout le monde qui peut se permettre votre luxe.
Je me relevai, montai sur mon vélo et repris la route. Je n’avais même pas vraiment jeté un coup d’œil à mon interlocuteur. Il n’était pas nécessaire de retenir le visage d’une personne aussi méchante, pensaisje. Surtout que j’avais un bras à rapporter.
L’homme essaya de me rattraper, mais en vain. J’avais emprunte un sentier assez étroit, à croire que les voitures de luxe ne passent pas partout. Je ne pouvais m’empêcher de rire en y pensant.
Je rentrai chez ma patronne lui remettre son paquet. C’était mieux, que de prendre part aux pratiques bizarres. Celle-ci me menaça grave, mais bon je m’en foutais pas mal, j’avais vu pire. Si ma destinée c’était la prison, alors j’y serai.