Prologue

1870 Words
Ava   Elle n'a jamais su qui était sa vraie mère. Son père ne lui avait jamais dit. Elle savait juste qu'elle avait disparu peu après sa naissance et que depuis, son père ne veut plus en parler. Elle se demandait parfois ce qu'elle était devenue. Si elle allait bien, si elle avait eu d'autres enfants. Et si elle se souvenait encore un peu d'elle…   _ Ava... Descends de cet arbre avant de te rompre le cou !   La voix de stentor de son père raisonné dans toute la clairière. Depuis ce jour, il la gardait à l'abri des regards des autres. Ils vivaient à la sortie d'un petit village ou même les gens qui y habitaient ne les connaissaient que trop peu à leur goût. Ils disaient que son père était un vieux fou.   _ Je viens.   Face à lui, elle descendis prudemment. Même si elle avait envie de bondir au sol pour lui montrer qu'elle n'était plus un bébé...   _ Je dois m'absenter durant quelques jours, le temps de remplir nos réserves pour l'hiver qui approche. Toi, tu... _ Reste à la maison et ne sort sous aucun prétexte. Je sais... _ Le monde est rempli de danger, tu te dois d'être prudente. Et de ne faire confiance à personne... _ Oui, je sais papa...   Quand son père partait comme ça, elle savait qu'elle pourrait faire ce qu'elle voulait. Et elle aimait ses moments-là. Elle adorait son père, mais elle trouvait que parfois, il en faisait trop. Alors quand elle fut sûre qu'il n'est plus à portée de vue. Elle oubliait ses recommandations et filait au village. Prenant garde à ne pas le croiser, elle vagabondait entre les étalages du marché. Mais ce jour-là, elle aurait dû écouter son père et ne pas sortir de la maison. Car elle n'aurait jamais cru entendre ce qu'elle s'apprêtait à entendre... Ou peut-être qu'elle devait l'entendre... Alors qu'elle aperçut son père au loin, elle se cacha entre deux tonneaux et se fit aussi discrète qu'une petite sourit entre deux pains. Elle étouffa un crié de terreur et de surprise quand elle vit les hommes l'attraper et le claquer contre le mur, alors que celui-ci essayer de se sauver. Il reçut plusieurs coups au visage par l'un des hommes. Et là encore, Ava s'empêcha de hurler et d'aller porter secours à son père...   _ Oltave !! Enfin, je te retrouve depuis toutes ces années !! _ Ce plaisir n'est pas partagé !!   Quand elle vit l'homme tirer son épée et la pointer sur son père, elle aurait voulu intervenir. Mais une petite voix lui disait de rester caché...   _ Tu es responsable de 18 années de souffrance !! Tu m'as volé mon bien le plus précieux !! Donne-moi, une seule raison de ne pas te tuer sur-le-champ !! _ Si tu me tues, tu ne sauras jamais où je l'ai caché !! _ ...   Il fit un signe à ses hommes et tous se tournèrent pour former un bouclier de protection, dissimulant aux autres habitants ce qui se passait dans cette petite ruelle. Ava était là, impuissante et assistée à cette scène affreuse...   _ Ou est-elle ?... Où est ma fille ? Est-ce qu'elle est encore en vie ? Parle !!! _ Il y a bien longtemps qu'elle n'est plus ta fille, mais la mienne !! J'aimais, je ne te la rendrais !! Je suis son père !!   L'homme balança son poing dans la figure de son père et celui-ci accusa le coup. Ava était choquée. Elle ressentait des vertiges et ne savait plus où elle était. Elle ne comprenait pas ce qui se passait et ne se rendit compte du cri, elle avait poussé uniquement quand l'homme relâcha son père pour la surplomber. L'un de ses hommes plaça son épée sous le cou d'Oltave... L'homme la fixa et s'approcha d'elle avec prudence et lenteur...   _ Ava !! Que fais-tu ici ? _ Je... Je voulais me promener et... S'il vous plaît ne lui faite pas de mal. _ Ava ne reste pas là, sauve-toi !! _ Non, reste... Ava... Tu as tellement grandi. J'ai remué ciel et terre pour te retrouver. _ Moi ?... Pourquoi ? _ Ne l'écoute pas, cet homme est fou et...   Il ne put en dire plus, car l'homme derrière lui donna un coup et elle le vit s'effondrer.   _ Non !!! Arrêter !! C'est mon père. _ Faux ! Cet homme n'est pas ton père ! _ Ne l'écoute pas !! Il a perdu sa fille autrefois et c'est mis en tête que tu étais la sienne !   Pour toute réponse, son père reçut un nouveau coup de la part de l'homme qui le tenait et la pointe de l'épée de l'autre au niveau de ton torse...   _ Cesse tes jérémiades... _ Nous devrions peut-être poursuivre cette discussion ailleurs. Dit l'un des hommes. _ Tu as raison. Emmenez-le. Il paiera ses crimes une fois sur nos terres... _ Non !! Non, je vous en prie. Mon père n'est en rien cet homme et...   L'homme plaça un doigt sur sa bouche, lui intime le silence. Puis son visage s'adoucit et il la regarda autrement...   _ N'est crainte Ava. Je te ramène auprès de ta mère. _ De ma... Non, elle n'est plus... Elle a disparu, il y a bien longtemps. _ Mensonge. Ta mère n'a en rien disparu. Elle vit sur nos terres, lieu de ta naissance. _ ... C'est faux... _ Tu as entendu la version de cet homme qui prétend être ton père. Acceptes-tu d'entendre la mienne ? Moi, qui suis réellement ton père. _ Je... Non... C'est impossible... Je... _ Viens avec nous, si tu veux connaître la vérité.   Ava ne savait plus où elle en était. Mais ce qu'elle savait, c'est qu'elle ne devait pas s'éloigner de son père. Qu'elle devait rester auprès d'elle pour le sauver. Quitte à faire semblent de croire les divagations de cet homme qui lui fait face...   _ Très bien, je vous suis... Mais ne lui faite aucun mal. _ ... Je ne peux te le promettre, mais il ne lui saura rien fait, tant que tu ne sauras pas toute la vérité. _ Alors d'accord, je vous suis.   L'homme lui sourit tendrement et ne put s'empêcher de la prendre dans ses bras. Depuis toutes ces années où il avait rêvé de prendre sa fille dans ses bras. Ce jour était enfin là. Elle était devant lui. Même si elle ne le croyait pas, qu'à ses yeux, il n'était pas son père. Elle était là et c'est tout ce qui importait pour le moment. Tous se dirigèrent vers la page où était amarré leur Drakkar. Quelques hommes étaient restés à bort et quand ils la virent, firent une drôle de tête... Tous semblaient surpris par son visage.   _ Pourquoi me regarde-t-il tous de cette manière ? _ C'est que tu es le portrait craché de ta mère. Je t'aurais reconnu n'importe où. _ ...   Elle le regarda de ses yeux étrangement semblables aux siens. Cette même nuance. Son père lui avait pourtant dit qu'elle avait les yeux de sa mère. Celui-ci ayant les yeux de couleur marron...   _ Puis-je connaître votre nom. _ Ludwig Njàll, je suis fils aîné du Jarl de mon clan et ton père. _ ... Je ne suis pas une Viking. _ Tu es bien plus qu'une Viking. Tu es ma fille et surtout, tu es l'une dès nôtre. Toute ta vraie famille t'attend chez nous. _ Rien ne me prouve que ce que vous me dites soit vrai ! _ Vraiment ? Pourtant, nous avons les mêmes yeux. Tu as également hérité du sourire de ta mère. _ Ça ne prouve rien ! _ Très bien... Tu as accepté d'écouter mon histoire. L'acceptes-tu toujours ? _ ... Ça passera le temps. Dit-elle alors que le bateau s'enfonçait dans les eaux profondes de l'océan. _ Cela, c'est passé, il y a plus de vingt ans. Notre clan et assez... Assez spécial et beaucoup nous envie. Mais personne ne connaît la vérité, à part mon clan. Mais ça, c'est une autre histoire que tu connaîtras bien assez tôt. Pour le moment, restons sur le bon sujet. À l'époque, Oltave et moi étions amis... Des amis proches... Jusqu'à ce que nous croisions le regard d'Ingrid... Nous en sommes tombés tous les deux très amoureux. Étant ami, Oltave m'a proposé de la laisser choisir. J'ai accepté. Et nous avons commencé à la courtiser. À sa plus grande tristesse, Ingrid m'a préféré à lui. _ Qu'est-ce que j'ai avoir dans toute cette histoire ? _ J'y viens... Oltave semblait avoir accepté le choix d'Ingrid et nous nous sommes unis quelques mois plus tard. Et l'année suivante, tu as vu le jour. C'est ta grand-mère qui t'a mis au monde. _ Ma grand-mère ? _ Oui, ma mère Loucinda Njàll... Mais j'ignorais durant tout ce temps qu'Oltave n'avait jamais accepté mon union avec Ingrid et un soir, il t'a enlevé. _ Non... Non, il n'aurait jamais fait ça ! _ Et pourtant, cela fait maintenant 17 ans que je te cherche. Moi et tous les miens. Mais dès que nous nous approchions un peu trop près de toi. Oltave disparaissait. Ce matin, nous l'avons surpris. Nous avions entendu parler d'un homme qui vivait reculé du reste d'un village avec une jeune fille. Je devais en avoir le cœur net et... nous avons pensé qu'il serait plus judicieux de le surprendre. _ Nous voyageons beaucoup, c'est vrai... Mais pas parce qu'il fuyait. Avez-vous la moindre preuve que je suis bien celle que vous pensez ? _ ... Ton poignet gauche. Il porte une marque. _ !!! Je... _ Elle ressemble à une morsure, comme si un loup t'avait mordu. _ Je...   Elle posa sa main droite sur cette fameuse marque alors que Ludwig tendit son bras et lui montra sa propre marque.   _ J'ai la même... Tout comme ma sœur et mon père... Ainsi que mes oncles et bien plus encore. _ ... _ Pour mon père, mes oncles et quelques autres personnes. Il l'on reçut d'une autre manière. En ce qui me concerne, moi, ma sœur et mes cousins. Nous l'avons depuis notre naissance. Tout comme toi. _ ... Qu'est-ce que c'est que cette marque ? _ Je ne t'en dirais rien pour le moment. Car cela est le devoir de ma mère. N'as-tu jamais eu l'impression que quelqu'un te parler dans ta tête ? Comme, une petite voix. _ ... Non... Non, je n'ai jamais rien entendu de tel. _ Tu mens très mal ma fille... _ Je ne suis pas votre fille. Je ne crois en rien toutes vos jérémiades et j'aimerais retourner auprès de mon père !! _ Non... Tu ne lui parleras pas et tu n'iras pas le voir. Il va rentrer avec nous et il sera jugé pour trahisons et e********t. Tu devrais te reposer, le voyage va être long.   Il s'approcha d'elle et déposa un b****r sur son front. Il était fou de joie d'avoir retrouvé sa fille. Mais extrêmement triste que celle-ci ne le voit que comme un étranger. Il espéra qu'elle finirait par l'accepter et peut-être qu'avec l'aide de sa famille, elle finirait par comprendre qui elle est et d'où elle vient...
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