Chapitre 5
Point de vue d'Addison
"Ce n'est pas ta classe, Tammy. Sors d'ici maintenant, ou je te dénonce au principal, pas à ton père. Tu ne peux pas te balader en essayant de frapper les gens. Au cas où tu ne le saurais pas, c'est une agression", a dit mon professeur, M. Cooper.
"Je t'attraperai plus tard, Addison. Tu n'auras pas autant de chance la prochaine fois que je t'attraperai", a murmuré Tammy avant de se retourner et de sortir de la salle de classe, suivie de trois membres de l'équipe de cheerleading.
"Tu vas bien, Addison ?" m'a demandé M. Cooper. Nous étions seuls dans la salle de classe, alors il s'est tenu près de son bureau, regardant pour voir si j'avais été blessée. M. Cooper avait déjà surpris le spectacle de Tammy, et il ne se laissait pas berner par son air innocent. M. Cooper était l'un de mes deux professeurs préférés. Il avait la fin de la trentaine et était passionné par l'enseignement des sciences.
"Je vais bien. Elle m'a prise par surprise cette fois. D'habitude, je l'entends arriver", lui ai-je dit. Je me suis levée pour ramasser mon livre là où il avait atterri par terre, à environ un mètre cinquante.
"Je ne comprends pas comment elle a pu tromper autant de monde. Tu dois faire attention. Elle est difficile à gérer. Je sais que son père lui sert de bouclier, mais il ne devrait pas. Il ne lui rend pas service en la laissant faire ce qu'elle veut. Il a créé un monstre. Je vais en parler à M. Carson. Je sais de source sûre qu'elle essaiera de t'attraper à nouveau cette semaine. Je ne pense pas que les élèves de terminale seront là lundi prochain, car la remise des diplômes aura lieu le lendemain", a répondu M. Cooper.
"Merci, M. Cooper", ai-je répondu respectueusement. Je savais que M. Cooper était un bon ami du principal Carson. Quand il a sorti son téléphone portable et a commencé à envoyer un message, j'ai su qu'il relayait l'information à M. Carson, et j'étais contente qu'il le fasse. Elle savait aussi bien que moi qu'elle ne pourrait plus s'en tirer dès qu'on aurait notre diplôme. Le temps n'était pas de son côté. Je pouvais garantir que si elle essayait de venir chez moi, ma mère la remettrait rapidement à sa place.
Ma mère était une personne merveilleuse. Elle était aimante et gentille, mais si quelqu'un m'embêtait, que Dieu lui vienne en aide. Elle était très protectrice envers moi. Elle se fichait que le père de Tammy soit le vice-principal. Elle montrerait rapidement ses griffes. Ma mère ne supporte pas les imbéciles, et Tammy était une imbécile si elle pensait que ma mère la laisserait me harceler chez moi.
Je me suis concentrée sur mes révisions pour l'examen final et j'ai pu le terminer rapidement. J'ai été la première à le rendre, ignorant les regards noirs que j'ai reçus du reste de la classe. M. Cooper a corrigé mon test pendant qu'il attendait que les autres rendent le leur. J'ai commencé à réviser mes notes pour mon prochain test. J'ai suivi tous les cours AP, donc je savais que ces examens ne seraient pas faciles à réussir.
Alors que je passais devant son bureau pour partir après la sonnerie, M. Cooper a dit : "Excellent travail, Mlle Vilario. Ça a été un plaisir de t'avoir dans mes cours. Je te souhaite bonne chance à l'Université du Texas, mais avec ta concentration, je suis sûr que tu réussiras sans ça."
J'ai rougi à ses éloges et j'ai répondu sincèrement : "Tu vas me manquer aussi, M. Cooper. Tu as été l'un de mes professeurs préférés. Je vais essayer de te rendre fier. J'apprécie la recommandation que tu m'as écrite. À demain", j'ai rapidement tiré ma capuche sur mes cheveux et suis sortie de la salle de classe. J'étais un peu émotive à propos de ses mots. M. Cooper ne donne pas beaucoup de compliments. Ses éloges pour moi étaient rares, et j'appréciais ce qu'il avait dit. J'ai retenu mes larmes et me suis dirigée vers ma prochaine salle de classe.
Les examens se sont bien passés tout au long de la matinée. Maintenant que c'était l'heure du déjeuner, je savais qu'un problème allait surgir. Tammy et ses amies n'étaient pas dans mes cours. Quelle surprise ! Donc, je n'avais à m'inquiéter de Tammy et de son escouade de salopes que pendant que j'étais à la cafétéria. Malheureusement pour moi, c'était l'heure du déjeuner.
Avant de me juger trop sévèrement pour mon opinion peu flatteuse d'elles, tu dois savoir que chacune d'elles, Tammy, Summer, Whitney et Misty, étaient exactement comme je l'ai dit. Elles ont toutes été surprises en pleine action plusieurs fois. Elles étaient peut-être belles, mais elles voulaient toutes épouser un joueur pro.
Elles étaient prêtes à tout pour que ça arrive. Seuls quelques-uns réussiraient à atteindre le statut de pro, alors elles essayaient de couvrir leurs arrières, en quelque sorte, pour s'assurer d'avoir un bon résultat. Elles étaient prêtes à faire ce qu'il fallait pour s'impliquer dès le début. Beaucoup de joueurs voulaient une femme qui les aimait pour eux-mêmes, pas pour le gros chèque qu'ils pourraient potentiellement gagner.
C'était la voie qu'elles avaient décidé de prendre pour essayer d'y parvenir. Les gars à qui elles s'accrochaient profitaient de ce qu'elles offraient si librement. Aucune d'elles ne réalisait que quand elles allaient coucher avec autant de membres de l'équipe, tout le lycée était au courant. C'était un droit de se vanter pour eux d'avoir réussi à coucher avec les quatre. Leur air innocent ne correspondait pas à ce pour quoi elles étaient connues.
Les filles croyaient toutes qu'elles pourraient avoir de la chance un jour et devenir la femme d'un joueur pro. C'était leur rêve. Je ne sais pas comment elles ont pu se convaincre que ça leur arriverait vraiment. C'était comme être frappé par la foudre. Il n'y avait pas assez de joueurs de football pro pour tout le monde. Trois membres de notre équipe de lycée étaient actuellement observés pour le développement. Garrett en faisait partie. Il était allé dans de nombreux camps, et son père avait fait du réseautage pour lui. Ils savaient comment aider Garrett à atteindre ses objectifs. Garrett avait la capacité de jouer à un niveau professionnel.
C'était le rêve de Garrett depuis qu'il était assez grand pour en avoir un. Il aimait ce sport ; franchement, c'était un excellent quarterback. Ma mère et moi allions à ses matchs depuis qu'il avait intégré l'équipe première en junior. On s'asseyait généralement avec ses parents et son petit frère, Holden, qui avait seize ans. Mesurant un mètre quatre-vingts, Holden avait une carrure légèrement plus petite que celle de Garrett, mais il n'avait aucun intérêt à jouer au football.
Holden jouait toujours à des jeux vidéo. Il les adorait et voulait devenir développeur de jeux. Il allait même jusqu'à apporter une batterie externe avec lui pour s'assurer de ne jamais avoir à regarder le match. Leur fille Valerie faisait partie de l'équipe des pom-pom girls et était sur le terrain. Elle m'aimait bien quand elle était plus jeune, et on était amies. Mais, comme ce qui s'est passé avec Garrett, dès que Tammy est arrivée, Valerie m'a laissée tomber comme une peste indésirable.
J'ai vu Holden assis à notre table de la cafétéria, avec Kate assise en face de lui. On nous considérait tous les trois comme des geeks ou des intellos. Enfin, au moins en ce qui concernait les sportifs. Personne ne voulait s'asseoir avec nous, mais ça nous allait très bien. On ne voulait pas s'asseoir avec eux non plus. Je savais que Holden avait un petit faible pour moi, mais c'était trop tard. J'étais déjà amoureuse de son frère. Holden était le portrait craché de son père, avec son beau visage, ses cheveux bruns et ses doux yeux marron. Il était attirant mais ressemblait plus à un frère pour moi qu'autre chose. Il avait un regard direct, et ça intimidait les autres quand il les fixait.
"Comment se sont passés tes examens ?" m'a demandé Kate alors que je m'approchais et posais mon plateau.
"Bien. Je suis contente que mes examens finaux soient presque terminés", lui ai-je dit en m'asseyant à côté de Holden.
"Joyeux anniversaire, Addie", a dit Holden en sortant un cupcake emballé de son sac à dos. J'ai eu les larmes aux yeux en voyant qu'il m'avait acheté un cupcake à la vanille avec un glaçage au chocolat. C'était mon deuxième préféré, juste après le gâteau à la fraise que ma mère me préparait.
"Merci, Holden", ai-je dit avant de lui faire un câlin. Ça signifiait beaucoup qu'il se soit souvenu de mon anniversaire. J'ai essayé de ne pas être trop émotive en pensant à la façon dont Garrett faisait toujours quelque chose de gentil pour moi à chaque anniversaire. C'était la deuxième année de Holden, et c'était la deuxième fois qu'il m'offrait un cupcake.
Ça m'a fait monter les larmes aux yeux quand je me suis souvenue que sa famille venait chez moi pour fêter mon anniversaire au fil des ans. On mangeait du gâteau et de la glace et on regardait un film avant qu'ils ne rentrent tous chez eux. Au cours des trois dernières années, j'ai appris qu'on ne retournerait plus jamais à ce genre de célébration.
J'ai ouvert la boîte et j'étais sur le point de prendre une bouchée quand j'ai entendu : "Tu penses vraiment que tu devrais manger ce cupcake, Addison ?" La voix agaçante de Tammy est venue de juste derrière moi. J'ai entendu les rires de ses amies alors que je me forçais à me calmer avant de me retourner.
"Tammy, pourquoi tu es là ? Je pense que je peux parler au nom de la table en disant que personne ici ne veut de toi", ai-je répondu en posant mon cupcake sur mon plateau.
"Je me suis dit que tes petits amis ici avaient besoin d'un peu de répit. Je sais que je ne peux pas supporter de t'entendre parler, alors je suis venue les sauver. Je voulais leur dire qu'ils pouvaient s'asseoir à la table à côté de la nôtre pour s'éloigner de toi. Pas toi, par contre. Te voir rendrait juste Garrett et Valerie malades. Trop malades pour pouvoir manger encore. Hé, c'est une idée. Peut-être que tu devrais essayer de mettre un miroir devant ton visage pendant que tu manges. Ça pourrait t'aider à manger moins aussi", a dit Tammy en riant, ce qui a fait rire les autres autour de notre table aussi.
Je n'étais pas surprise qu'elle dise quelque chose comme ça. Elle attaquait toujours mon poids. C'était la seule chose qu'elle savait qui me ferait réagir. Je savais qu'elle était méchante, mais elle devait être vraiment en colère à cause de ce que je lui ai dit plus tôt. Alors je lui ai rendu la pareille.
"Tammy, je sais que tu es en colère contre moi pour t'avoir surprise en train de coucher avec Garrett hier soir. Mais ce n'est pas ma faute, c'est de la tienne et de celle de Garrett. Je ne vois pas d'inconvénient à faire un petit tutoriel rapide sur l'ouverture et la fermeture des stores pour toi. Ce sera une vidéo rapide car c'est assez simple. Enfin, assez simple pour la plupart d'entre nous", ai-je ri avant de continuer, "Le fond du problème, Tammy, c'est que si tu ne veux pas que les gens te voient en action, essaie de fermer les stores." Je lui ai lancé ça. Les rires qui venaient de s'arrêter ont repris, encore plus forts après mon commentaire.
J'ai entendu le choc collectif derrière elle, comme si je m'étais levée et que je l'avais giflée. Aucun de nous ne parlait doucement. Les gens nous ont entendus dans toute la cafétéria. Ce n'est pas parce qu'ils avaient peur de parler contre elle que moi aussi. Je savais que je l'avais embarrassée. Je ne savais pas que c'était même possible, car ses exploits sexuels étaient légendaires dans le lycée. C'était seulement son père qui était maintenu dans l'ignorance de ce dont sa fille était capable. Il aurait un choc quand il le découvrirait.