Ces paroles à présent résonnent comme un testament, la volonté pour lui de graver dans le marbre sa vérité, n'était-ce pas un cadeau magnifique et tragique qu'il me faisait avant de s'en aller ? D'autres faits me reviennent également en mémoire, et là aussi je m'en veux de n'y avoir pas prêté plus attention. Il avait toujours été de santé fragile, et les derniers temps il avait eu de petits malaises qu'il avait tenté en vain de me cacher, des crampes qui le handicapaient en particulier quand il jouait au piano, mais il les avait minimisés sur le ton de la plaisanterie : — Je suis comme le roseau, tu sais, je plie mais ne romps pas. Ce n'est rien, paraît-il un manque de magnésium, ma mère a tenu à me faire faire des examens, rien n'a été signalé. Me mentait-il ? Il savait si bien détourn

