À l’entracte, abandonnant nos vêtements sur nos sièges, nous suivîmes les autres spectateurs qui gagnaient le foyer, mais sans un mot, restant dans notre coin, bien loin des bavardages et des commentaires qui fusaient çà et là. La réception mondaine reprenait le dessus et le buffet était assiégé par des maris soucieux de rapporter à leur femme une coupe de champagne. Nous nous contentions de regards furtifs, et feignions d’observer avec intérêt les va-et-vient de la foule pour nous donner une contenance. À la fin de l’entracte, lorsque nous nous rassîmes, j’avais le cœur battant. Allait-il abandonner à nouveau sa jambe contre la mienne ? En tout cas ce n’est pas moi qui en aurais pris l’initiative. J’en arrivais même à m’interroger sur l’interprétation à donner à ce geste : n’était-ce qu’

