V À Meyrenc comme à Lardeyron, on racontait déjà que les prisonniers laissés à Lamanosc avaient été assassinés et mutilés horriblement par les femmes. Personne n’en doutait. Les nouvelles les plus absurdes circulaient et trouvaient crédit, comme il arrive dans ces moments de grande crédulité publique. Les plus ardents sonnèrent le tocsin ; ils prirent leurs fusils, parlant de retourner à la bataille à l’instant même. On les retint à grand-peine. Des messagers furent envoyés dans les villages voisins pour raviver les vieilles haines ; on alluma des feux sur les collines, on campa en armes sur la place. Il fut décidé qu’à l’aube on marcherait sur Lamanosc, à l’arrivée des renforts. L’alarme fut donnée à Lamanosc par des bergers qui revenaient de la foire. Robin s’était pendu à la cloche, T

