– Assez ! assez ! crièrent quelques voix. Des coups de sifflet retentirent. Robin, par bravade, recommença tout le monologue ; il voulait combattre et vaincre son public ; les injures, les colères de la foule l’exaltaient. Sans ménager ses forces, exaspéré, en délire, il courait comme une bête fauve sur le devant de la scène, le poil hérissé, les yeux hagards, sanglants, l’écume aux lèvres ; ses cris, ses rugissements dominaient les sifflets, les huées, les ricanements, les applaudissements ironiques. Tout à coup, il fut pris d’une défaillance subite ; il sentit sa mémoire s’obscurcir et sa voix s’étrangler. Épuisé, haletant, il fit un dernier effort, désespéré, inutile, et, sans achever son monologue, il prit la fuite, poursuivi par des risées furieuses. Au plus fort de ce tumulte survi

