M. de Charlus s’éloigna avec Morel sous prétexte de se faire expliquer ce qu’on allait jouer, trouvant surtout une grande douceur, tandis que Charlie lui montrait sa musique, à étaler ainsi publiquement leur intimité secrète. Pendant ce temps-là j’étais charmé. Car bien que le petit clan comportât peu de jeunes filles, on en invitait pas mal par compensation les jours de grandes soirées. Il y en avait plusieurs et de fort belles que je connaissais. Elles m’envoyaient de loin un sourire de bienvenue. L’air était ainsi décoré de moment en moment d’un beau sourire de jeune fille. C’est l’ornement multiple et épars des soirées, comme des jours. On se souvient d’une atmosphère parce que des jeunes filles y ont souri. On eût été bien étonné si l’on avait noté les propos furtifs que M. de Charlu

