Une semaine plus tard, il rentre à la maison d’un air très anxieux ; et il n’est plus en colère, je crois. Juste une semaine loin de moi et je le trouve encore plus craquant et moins bavard. J’étais tranquille dans mon lit quand il vient me voir. Il s’assoit à côté de moi dans le lit et me fixe un bon moment avant de me donner un b****r sur le front. Souvent quand il me fait un bisou sur le front, c’est signe qu’il a soit un souci, soit qu’il n’est pas d’humeur, soit qu’il veut me protéger contre quelque chose.
Al- tu fais une de ces têtes, tu as quoi ?
Ar- il faut que tu quittes cette ville ou ce pays s’il le faut pour un moment
Al- et pourquoi ?
Ar- je vais te l’expliquer de la manière la plus simple possible, alors comprends vite ce que je suis sur le point de te dire. J’ai eu à faire enfermer un homme très dangereux et vraiment fou en prison depuis 5ans, et il est sorti maintenant. Il a promis se venger de moi, alors que la meilleure façon de se venger de moi est de s’en prendre à toi.
Al- tu as quitté la maison, je croyais que tu ne voulais plus rien savoir de moi
Ar- (il roule les yeux avant de me répondre) tu es ma femme et je saurai toujours tout sur toi et de toi, c’est de cette chose dont je ne veux rien savoir
Al- ne parle plus jamais de mon bébé de cette manière, plus jamais. Tu es son père après tout, et tu parles de lui comme s’il n’était rien. Tu as pensé au sentiment qu’il aura quand il apprendra que même son père ne voulait pas de lui et que sa mère a dû lutter contre son père pour l’avoir ?
Ar- Alex, je ne le veux pas. C’est aussi simple que ça
Al- Mais pourquoi ?
Ar- PARCE QUE JE NE VEUX PAS QU’IL TRAVERSE CE QUE J’AI TRAVERSÉ, JE NE VEUX PAS QU’IL SOUFFRE COMME MOI J’AI SOUFFERT.
Il l’a dit sur un ton fort, aigu, et flippant. Il ne m’avait jamais parlé de cette manière. Alors, je lui réponds d’une voix calme et douce.
Al- je ne sais pas de quoi tu parles, mais tu n’es pas ton père et je ne suis pas ta mère, nous ne sommes pas eux, on peut faire mieux qu’eux, on peut rendre la vie de cet enfant meilleure que la nôtre
Ar- je ne sais pas, j’ai peur, et ce n’est pas le moment d’en parler. Pour le moment, tu dois quitter cette ville au plus vite.
Il m’envoie chez moi au Bénin espérant que je sois en sécurité avec le bébé, mais malheureusement, l’homme en question s’est retrouvé aussi au Bénin uniquement pour moi. Il s’appelle Gary. Je ne le connaissais pas, donc je ne pouvais pas savoir que ce même homme faisait partie de mes employés nouvellement engagés tout en changeant de nom pour devenir Fred. Une semaine après mon arrivée au Bénin alors que je me baladais avec Fred qui conduit, et un autre garde du corps, je constate que l’autre ne parlait plus ; les deux étaient devant et moi je suis derrière dans la même voiture en train de travailler sur mon ordinateur. Quand j’appelle l’autre, je constate qu’il ne me répondait pas.
Al- Fred, il a quoi ton second ?
Fred- je l’ai assommé et bientôt serait votre tour. Je vais à une vitesse de dingue, si vous essayez de descendre, soyez sure que vous mourez.
Il finit de le dire en me regardant avec un sourire en coin.
Al- tu veux quoi ?
Fred- tu ne vas pas tarder à le savoir.
Il m’amène dans un endroit désinfecté situé dans le nord du Bénin, il descend et me tire vers la sortie. Il est clair qu’il connait bien mon mari et qu’il a anticipé chacun de ses mouvements, décisions. Il avait déjà planifié mon arrivée au Bénin avant que je n’y vienne moi-même. Si personne ne me sauve ou si je n’arrive pas à me sauver, cet homme me tuera, c’est sûr.
Fred- je te jure sur ma vie que je vais te tuer. Mais avant, je vais t’utiliser pour faire souffrir ton mari de manière à le rendre dingue
Al- je ne vous connais même pas, alors pourquoi voulez-vous me tuer ?
Fred- pour commencer, je ne m’appelle pas Fred. Mon vrai nom est Gary MILLER, et je suis le pire cauchemar de ton mari
Al- tu es celui qu’il avait envoyé en prison et qui est sortie récemment
Gary- bingo, mais pour atteindre ton mari, il faut passer par toi et si je ne peux pas le tuer lui, je peux te tuer toi pour me venger et le faire souffrir.
Il m’attache à un gros poteau en fer et va se changer. En se changeant il a mis un couteau à double bout dans sa poche arrière.
Al- tu as fait quoi à Arian pour qu’il t’envoie en prison ?
Gary- il a tué mon petit frère, alors, pour le venger, j’ai pris le risque de vouloir le tuer aussi, c’était équitable selon moi. Si tu tues mon frère, je te tue pour apaiser mon esprit. Mais il m’a fait arrêter. C’est fou non ? On ne peut même plus venger la mort d’un parent ou d’un proche, les riches font ce qu’ils veulent et les pauvres en payent le prix cher. C’est la 3eme fois que j’essaie de le tuer et chaque fois il s’en sort indemne. Mais cette fois, je l’aurai
Al- comment est-ce possible ? Il ne ferait jamais ça. Dis-moi ce qui s’est passé. Mon mari en est incapable.
Gary- je vais te le dire, t’inquiète, mais cela ne fait pas de toi mon ami. J’avais à l’époque 13ans quand ma mère s’est fait tuer par balle, j’avais laissé mon petit frère à la maison pour me faire un peu d’argent en ville pour pouvoir m’occuper ensuite de ma famille et à mon retour, il n’était plus là, il avait disparu. J’ai donc commencé par mener ma petite enquête de jeune garçon pour savoir ce qui lui était arrivé. C’est alors que, dans mes enquêtes, j’apprends que la dernière personne qui l’avait vu en vie était ton mari, ou du moins, il était la dernière personne à être en contact avec lui, et quand j’ai voulu en savoir plus sur cette affaire, ses parents m’ont collé un procès et j’ai été jeté dans une prison juvénile et j’ai pris 5 ans ; 5 bonnes années injustement. Alors qu’avant de commencer mon enquête, j’avais fait 5 ans sans le voir et sans avoir une seule information, même la plus petite. Dès que je suis sortie, j’ai passé ma vie à travailler dur pour avoir les moyens qu’il faut pour enfin me venger et aussi venger mon frère, et détruire aussi ses parents.
Al- tu es sûr de ce que tu es en train de me dire ? Je ne te crois pas, je suis sure qu’il y a une autre explication à tout ce qui s’était passé
Gary- un jour alors que l’ai vu seul sans garde du corps quand il avait 16ans, j’ai encore abordé le sujet quand il m’a dit exactement ceci ‘’je ne sais pas de quoi tu parles, mais peu importe mes bêtises, mes parents seront toujours là pour me faire sortie des ennuis’’. Il a tué mon frère et c’est ce qu’il me dit ; il s’est foutu de moi
Al- je suis sure qu’il y a une autre explication à la mort de ton frère
Gary- aucune autre, je vais enfin me venger de la mort de mon frère, il était tout ce que j’avais de plus cher, il était toute ma vie.
Il m’a laissé et est sortie, mais avant qu’il ne revienne, mes gardes du corps étaient là déjà à cause du traceurs du système sanguin que j’ai. Depuis ce jour, la sécurité a été triplement doublée, mais personne dans ma belle-famille n’a voulu parlé de cette histoire parce que ça revenait à parler de l’enfance d’Arian, ce que personne ne veut revivre dans cette maison. Je retourne aux Etats-Unis quelques jours plus tard. Je comprends alors que son passé soit sombre et horrible et que mon mari en souffre secrètement. Peu importe tout ceci, je n’ai jamais douté une seconde de lui, je ne crois pas qu’il serait capable de tuer le frère de Gary. Les deux hommes sont devenus de pires ennemis. Après cet événement, Gary a encore réussit à me faire enlever et essayer de me tuer 3 fois de suite. Ma vie est un film d’action je vous jure.
Quelques mois après mon retour à N-Y, je n’avais pas le droit de sortie, Arian me l’a strictement défendu à cause d’un autre danger, autre que Gary, dont j’ignore la cause, la base ou le danger lui-même, mais je suis sortie quand même. C’est là qu’au coin d’une rue par hasard, vraiment par hasard, je vois mon mari tirer sur un homme à coup de fusil en pleine tête
J’étais choquée, bouleversée, apeurée, pétrifiée. J’avais la peur de ma vie, alors je rentre sans me faire remarquer et je quitte la maison sans lui donner les raisons. Je vais m’installer dans un hôtel avec mes gardes du corps. Lorsqu’il a finalement compris la raison de mon départ, il est venu me voir à l’hôtel, me ramène à la maison pour qu’on en discute.
Ar- tu ne m’as même pas donné le bénéfice du doute
Al- je t’ai vu tirer sur un homme à bout portant et tu veux que je te donne le bénéfice de doute, c’est la meilleure
Ar- il fallait me le demander
Al- tu as tué un homme et tu veux que je te pose de questions ?
Ar- l’homme sur qui j’ai tiré avait tué mon frère. Il n’a eu que ce qu’il méritait. Je ferais n’importe quoi pour venger la mort de mon frère. Il était tout ce que j’avais
Al- quel frère ?
Ar- le seul frère de père et de mère que j’avais
Al- je ne comprends rien de tout ce que tu me dis et j’ai peur. Je ne peux pas vivre avec toi, je ne sais même pas si je te connais vraiment. Tu ne m’as jamais rien dit de tel concernant un quelconque frère. Et tu tues les gens juste comme ça par vengeance
Ar- demande moi ce que tu veux et je te le ferai, pose moi n’importe quelle question et je te répondrai. Sache que c’est la première fois que je me salie les mains
Al- je veux que tu me parles de ta famille, de ton enfance
Ar- Alex……..
Al- il faut que je sache stp
Ar- ok. Mon père venait de quitter la maison alors que ma mère venait de me mettre au monde. Je vivais avec elle et mon frère ainé qui n’était que la seule famille que j’avais, celui pour qui je ferai n’importe quoi. Ma mère était une alcoolique et une droguée. Elle était dans l’incapacité de prendre soin de nous deux, alors mon frère va chercher de quoi manger chaque jour pour nous nourrir. Un jour, il me disait de prendre soin d’elle parce qu’il allait travailler dans une usine pendant deux semaines et que j’allais devoir être l’homme de la maison maintenant. Deux jours après son départ, j’étais allé au cours et à mon retour, j’ai vu ma mère couché sur le lit qui dormait, enfin, c’est ce que je croyais
Al- comment ?
Ar- elle était morte
Al- oh mon Dieu
Ar- je n’en savais rien, elle dormait à mon avis d’enfant innocent et chaque jour, pendant 2 jours, je la nettoyais couchée parce que je me disais qu’elle était fatigué et faible, et qu’elle avait besoin de soin. Je ne lui ai pas donné à manger parce que je me suis dit que du moment où c’est elle-même qui mange uniquement quand elle a faim, elle le fera quand elle aura faim, et peut-être quand je ne serai pas à la maison, elle mange. C’est comme ça que deux jours plus tard, mon père vient me chercher où une fois chez lui, je vois mon frère aussi là qui pleurait. C’est lui qui me disait que maman était morte, moi je lui disais qu’elle dormait et qu’on devrait rentrer pour voir si elle avait mangé ou si elle s’était réveillée enfin, mais on ne pouvait pas sortie parce que notre père nous enfermait à la maison. C’était une si grande maison que je ne pouvais pas savoir où était la porte de sortie ou n’importe quelle autre porte pouvant nous permettre de sortir de cette maison et être auprès de notre mère. Chaque jour quand il finissait de fumer sa cigarette, il l’éteignait dans mon abdomen les matins et dans l’abdomen de mon frère les soirs, c’était douloureux et horrible, je pleurais tout le temps. Avec les brulures de la cigarette, il m’a écrit un A comme Arian, et à mon frère, il a écrit un R comme Romari. Mon frère a réussi à s’en fuir et m’a promis revenir me chercher dès qu’il aura de l’argent parce qu’il ne veut pas que je souffre dans les rues avec lui. Mais il n’est jamais revenu, il m’a oublié, il me l’avait promis pourtant
Mon mari pleurait et moi aussi. Quelle histoire triste et horrible ! Je le serre très fort contre moi, pour lui faire comprendre que je suis là.
Ar- j’ai alors réussi à m’en fuir aussi après deux ans de torture, mais je ne retrouvais pas mon chemin pour rentrer chez moi, chez ma mère, je pleurais et j’ai voulu me jeter dans la mer, et c’est là que les gardes des eaux de Grâce m’ont sauvé.
Al- je suis vraiment désolée mon amour
Ar- ma mère était très belle, douce, aimante, tout ce qu’un homme pouvait vouloir ; elle s’appelait Ana et mon père Sébastian. C’est là que Grâce m’a adopté. Je lui dois tout, ce que je suis aujourd’hui, même ma vie.
Il finit de me raconter l’histoire et m’amène sur la tombe de sa défunte mère. Une fois revenu à la maison, il va s’enfermer dans une chambre tout seul, soit pour pleurer soit pour se calmer ou se contrôler ou se consoler. Deux jours plus tard alors que j’étais sur mon lit, je me suis rappelé que pendant l’un de mes enlèvements par Gary, j’ai vu un R écrit de la même manière que le A de mon mari, dans son abdomen. Je me lève en sursaut et je vais chercher les habits que je portais les jours où il m’a fait enlever. Je ne les ai plus jamais portés ou même lavés parce que je voulais ranger cette histoire de côté. Heureusement, j’ai trouvé sur l’une de mes chemises, une chevelure de Gary, et j’ai pris une chevelure de mon mari aussi que j’ai fait faire un test d’ADN qui, par la suite, prouve que les deux ont les mêmes gênes, un même ADN. Il n’y a plus de doute, Gary et Arian sont frères. Je n’arrive pas à y croire. Comment est-ce possible que deux hommes qui se détestent autant soient maintenant des frères ? Comment vais-je leur expliquer cela ? Comment le dire à mon mari, comment lui dire que l’homme qu’il a fait enfermer et qu’il déteste comme la peste n’est rien d’autre que son frère qu’il aime tant ? Viens-moi en aide Seigneur
Je ne dis rien à mon mari parce que je veux retrouver leur père et lui demander une bonne explication d’abord avant d’aborder le sujet avec lui. Dès mon accouchement d’un garçon qui est à l’image de mon mari, je commence de plus belle mes recherches concernant le père de mon mari. Ce que je découvre après plusieurs mois de recherche, vous n’allez pas me croire, mais la mère de Arian est toujours vivante avec un autre visage et mariée légalement avec le père biologique de Arian, lui aussi avec un autre visage. Oui je sais que c’est dingue, et c’est fou. Savez-vous qui sont les vrais parents de mon mari ? Eh bien, c’est le couple Grâce et Lucas WANE. Je n’arrive pas à y croire, comment ils ont pu oser faire une chose aussi ignoble à Arian qui passe tout son temps à chercher son père, et la vérité sur sa mère. Je suis vraiment déçu de ce que je viens de découvrir. Les deux ne savent pas que je sais qu’ils sont les parents biologiques de mon mari, mais eux le savent depuis toujours et ne l’ont jamais dit.