XILéonard n’a pas verrouillé la porte d’entrée. Dès qu’Henri la pousse, il entend le ronflement profond qui ébranle les murs. Il est plus de minuit. La maison est glaciale, baignée par des relents d’âtre mort et de cendres froides. Le feu de bois du rez-de-chaussée s’est éteint depuis longtemps. Henri gagne sa chambre humide, se déshabille en vitesse et se glisse dans les draps. Peu à peu, la chaleur de son corps parvient à réchauffer la couche, mais le sommeil le fuit. La journée a été longue et épuisante. Excitante aussi. Des dizaines de questions taraudent son esprit. L’évocation de l’université de Stanford – où Stokton n’a jamais étudié malgré ce que son CV stipule – le ramène en Californie. Quelle heure est-il à Menlo Park ? Où en sont les recherches de l’équipe ? Ont-ils réussi à

