IIILe lieutenant-gouverneur d’alors s’appelait Moïse Corbet. Il logeait dans la rue de Derrière, à quelques pas du corps de garde. La surprise s’était faite si lestement que les deux factionnaires ne s’étaient doutés de rien. Moïse Corbet était plongé dans les tièdes douceurs d’un franc sommeil ; il fut réveillé par quelqu’un qui frappait vivement à la porte de sa chambre. – Son Excellence dort, criait un valet. Elle a défendu de la réveiller avant neuf heures. Mais on frappait toujours. – Qui est là ? balbutia le gouverneur. – Vite, vite ! répondit une voix. Il faut que Votre Excellence se lève tout de suite ! Les Français sont dans l’île ! – Les Français ! répéta Corbet encore hébété de sommeil. Qui êtes-vous ? – Clément Hémery. – Entrez, dit le gouverneur. – Eh bien ! reprit-il

