Le soleil filtrait à travers les rideaux de l'appartement, jetant des reflets dorés sur les corps encore emmêlés dans les draps froissés. Contrairement à ce qu'Alexandra aurait pu imaginer, il n'y avait aucune gêne, aucune ombre de regret dans l'air matinal. Au contraire, une complicité nouvelle, presque domestique, s'était installée.
Dans la cabine de douche étroite, la vapeur d'eau chaude enveloppait leurs peaux. Alexandra lavait le corps de Marie avec une tendresse infinie, ses mains s'attardant sur les courbes que la veille elle ne faisait que deviner. Marie, les yeux mi-clos, se laissait faire, un sourire rêveur aux lèvres. Le petit-déjeuner qui suivit fut parsemé de rires et de regards brûlants. Mais le désir, loin d'être éteint par la nuit, s'était mué en une faim dévorante.
Avant même que Marie ne puisse songer à partir, Alexandra la ramena vers le lit. Malgré son manque d'expérience théorique, Alexandra se laissait guider par un instinct sauvage, une intuition sensorielle qui semblait avoir été endormie pendant des années. Elle explorait Marie avec une audace qui faisait frissonner cette dernière.
Sous les caresses expertes et passionnées d'Alexandra, Marie atteignit un o*****e puissant, son corps se cambrant sous l'intensité de la sensation. Marie était insatiable, "chaude" comme Alexandra ne l'avait jamais imaginé, et chaque soupir de plaisir de son amie agissait comme une drogue pour Alexandra.
Cependant, alors que Marie s'accrochait à elle, refusant presque de quitter ce cocon de sensualité, l'esprit d'Alexandra commença à dériver.
Le souvenir de sa promesse à Claudine pesait sur sa conscience comme une chape de plomb. Elles s'étaient juré que leur première fois, leur "test", se ferait ensemble. Alexandra venait de briser ce pacte sacré. Elle se sentait déchirée : une partie d'elle exultait de cette découverte et brûlait d'envie de tout raconter à sa meilleure amie, d'exposer ses exploits et ses sensations. Mais elle connaissait Claudine. Elle connaissait sa possessivité maladive, son besoin de contrôle et sa dureté.
Comment va-t-elle réagir quand elle saura que j'ai goûté au fruit défendu sans elle ? se demandait-elle, un frisson d'angoisse traversant son euphorie.
Si Claudine était la glace et Alexandra le feu, Marie venait de devenir l'étincelle qui risquait de faire exploser leur fragile équilibre. Alexandra savait qu'elle allait devoir faire face au jugement de la future psychologue. Le voyage vers le pays de Claudine n'était plus seulement une quête de découverte, c'était devenu une marche vers un face-à-face périlleux.