Le pacte avec Claudine avait agi comme une déflagration silencieuse dans l'esprit d'Alexandra. Libérée, non pas de ses peurs, mais de sa culpabilité, elle se sentait soudainement investie d'une audace nouvelle. Elle, l'éternelle rageuse dépendante, découvrait les prémices d'un pouvoir qu'elle ne soupçonnait pas : celui de la séduction calculée.
Malgré son éducation stricte qui lui imposait une certaine simplicité, Alexandra était dotée d'une beauté frappante. Ses traits fins, ses yeux expressifs et sa silhouette élancée, affinée par des vêtements choisis avec goût (un luxe que sa famille aisée lui permettait, tout en l'incitant à ne pas "frimer"), attiraient les regards. Mais ce soir-là, elle ne cherchait pas n'importe quel regard. Elle visait celui de Marie.
Marie était la nouvelle étoile de son cours de stylisme à l'université, une créature diablement sexy qui dégageait une assurance naturelle. Ses rires clairs et sa façon de bouger, à la fois décontractée et provocante, faisaient monter la chaleur dans la pièce. Alexandra, d'ordinaire si prompte à la jalousie, ressentait avec Marie une attirance différente, un besoin de tester ses propres limites.
La petite soirée dans l'appartement étudiant d'Alexandra était l'occasion parfaite. Un repaire intime, loin des regards indiscrets. Alexandra avait minutieusement préparé son plan. Elle avait choisi une robe fluide, en soie, dont la couleur flattait son teint et dont le décolleté subtil suggérait sans jamais tout révéler. Ses talons affinaient ses jambes, lui donnant une démarche assurée. Elle n'était pas seulement habillée ; elle était armée.
Les cocktails, des Margaritas bien frappées, aidèrent à détendre l'atmosphère. Les rires fusaient, la musique entraînait des hochements de tête. Puis, au bon moment, Alexandra proposa, la voix légèrement enrouée par l'alcool et l'excitation :
— Action ou Vérité, Marie ? Juste entre nous.
Marie accepta, son regard brillant d'une curiosité amusée. Les questions s'enchaînèrent, de plus en plus intimes, créant une bulle d'électricité entre elles. Leurs genoux se touchaient sous la table basse, leurs doigts s'effleuraient en passant les verres. La tension montait, palpable. Alexandra sentait la confiance gonfler en elle, alimentée par chaque rire de Marie, chaque clin d'œil.
Lorsqu'une vérité particulièrement osée fut révélée, Alexandra sut que c'était le moment. Sans hésitation, elle se pencha, son regard ancré dans celui de Marie. Son cœur battait la chamade, mais elle ne laissa rien transparaître, son visage une incarnation parfaite de l'assurance. Ses lèvres trouvèrent celles de Marie.
Ce fut un choc, une décharge douce et brûlante. Marie, d'abord surprise, répondit avec une ferveur inattendue. Ce n'était pas un simple b****r d'exploration ; c'était une embrassade passionnée, un jaillissement de désir mutuel. Les mains d'Alexandra glissèrent dans les cheveux de Marie, tirant doucement, tandis que Marie répondait avec la même intensité, ses doigts agrippant le tissu soyeux de la robe d'Alexandra.
La Margarita avait sans doute brisé les dernières inhibitions. Ce b****r ouvrit les vannes d'une nuit endiablée. Les paroles devinrent superflues, remplacées par des soupirs et des murmures inarticulés. Les caresses s'intensifièrent, explorant chaque courbe, chaque frisson. Alexandra découvrait un monde de sensations exotiques, une douceur et une sensualité qu'elle n'avait jamais imaginées. Marie était un miroir parfait de son propre désir, une complice inattendue dans cette danse de l'interdit.
À l'aube, alors que Marie dormait paisiblement à ses côtés, Alexandra ressentit un mélange étrange d'euphorie et de culpabilité. Elle avait franchi une ligne, s'était abandonnée à un plaisir qu'elle n'aurait jamais cru possible. Le visage de Claudine apparut dans son esprit, et avec lui, une pointe de honte… et une excitation coupable à l'idée de ce qu'elle venait de faire.